Voilà un sujet qui fait couler beaucoup d’encre dans les milieux dits « spirituels », mais qui fait aussi couler des êtres « à pic ». Cela n’est pas surprenant car le concept de F.J est au new-âge ce que le concept de « relation particulière » est au Cours en miracles. Pour le dire autrement, c’est le plus « beau » cadeau (empoisonné) de l’ego, le « trip » le plus irrésistible qu’il puisse offrir. Mais il y a un prix à payer. Il faut dire que préalablement aux lendemains qui déchantent, sa promesse est alléchante : Qui refuserait de rencontrer le ou la partenaire de ses rêves, celui ou celle qui nous comble entièrement, sur tous les plans, et jusqu’à la fin des temps ?
Nous pourrions penser qu’une telle union se mérite puisqu’en tout domaine la rareté fait la valeur et il semblerait logique que nous soyons invités par les jumellistes à entrer dans une longue préparation. Qui pourrait gravir le mont blanc du jour au lendemain ? Or, il s’avère que les préambules « purificateurs » consistent surtout en un conditionnent subtil pour nous persuader que notre tour est enfin venu sans qu’il n’y ait rien à guérir en nous. Nous méritons simplement de retrouver notre « moitié perdue depuis la nuit des temps ». Cette réunification est source de bonheur et de sagesse absolue car elle réalise l’entièreté. Finalement, cette « préparation » consiste surtout à accepter certains postulats métaphysiques puis à les renforcer en notre esprit par l’indémodable et efficace méthode Coué (sites dédiés, forums, livres, vidéos, stages…).
La notion d’âme sœur a toujours existé, mais il fallait renouveler le genre, histoire de justifier l’avènement d’une nouvelle ère faite « de liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent ». Alors le new âge a inventé une forme aigüe et exclusive d’âme sœur, ultra-romantique, qui ringardise l’âme sœur : « la flamme jumelle » (F.J). Chacun de nous serait donc issu d’un « œuf cosmique » qui contenait en son sein les polarités féminines et masculines de notre essence. Et allez savoir pourquoi, ces deux aspect hyper-complémentaires, car formant un tout complet, ont été disséminées dans tout l’univers intergalactique. Il paraitrait même que c’est Dieu qui aurait eu l’idée de ce plan idiot. A quoi bon en effet séparer ce que l’on va mettre des milliards d’années à réunifier ?
Toujours selon les « spécialistes », nous avons par contre plusieurs âmes sœurs. Je suppose que la divine poule cosmique produisait plusieurs œufs à chaque ponte, formant ainsi des « familles d’âmes ». Mais nous aurions donc une seule flamme jumelle, une seule entité dans tout l’univers qui en compte des milliards de milliard de milliard. Imaginez donc le coté sacré, initiatique, magique et suprême d’une telle quête : trouver sa moitié et reconstituer l’œuf cosmique originel et divin. Autant chercher une aiguille dans un million de meule de foin. Mais pas de problème, la fameuse « loi d’attraction » et les maitres, guides et divers archanges viennent à notre rescousse et tout est bien qui finira bien. Entre parenthèses, s’il demeure ensuite plusieurs « œufs cosmiques », ou est la véritable unité promise ?
Bon, je l’admet, je caricature un peu la théorie, j’ai la flemme jumelle en cette période estivale. Mais à quoi bon s’étendre davantage puisque tous ceux qui s’intéressent à ce sujet le connaissent bien. Regardons de plus près les faits, à ce que nous pouvons constater dans la pratique, entre des êtres de chairs et de sang, et non pas des avatars de forum. Je me suis intéressé de près à ces histoires de F.J. pendant des années, jusqu’à y croire et me laisser prendre au jeu l’espace d’un moment de naïveté. Et j’ai regardé aussi autour de moi, de nombreux « aspirant(e)s » déclarant vivre le phénomène, avant, pendant… et après. Le constat est plutôt « rabat-joie ». Ironiquement, une relation qui se veut ostensiblement « jumelle » par excellence se trouve encore trop souvent surtout activée par des instincts plutôt basiques mais niés, car « spirituellement incorrects », d’où leur caractère « éphémère », suivis d’une litanie conflictuelle bien ordinaire.
Finalement, le concept de la FJ est un archétype parmi d’autres (cf. Jung) qui prend l’importance que l’on veut bien lui accorder, selon la manière dont on le nourrit énergétiquement, par nos pensées et croyances, puis que l’on projette ensuite sur une personne « qui peut, et veut bien faire l’affaire ». Il n’est ni bien ni mauvais en soi, comme toute idée. Il faut seulement se poser la question « A quoi ça sert en fonction de notre but ? ». Du point vue du nouvel âge, cela à recouvrer notre divine unité par la fusion à notre moitié. (Mais visiblement, ça ne fonctionne pas très bien), ou alors, d’un point de vue non dualiste, cette idée sert à nous garder plus profondément endormis dans le rêve de l’ego, à travers une « super relation particulière ». (Voir articles suivants pour rappel)
Ce tableau peut paraitre sombre mais concerne surtout les relations qualifiée de jumelles pour dissimuler à quelle point elles sont identiques à la plupart de celles de Mr tout le monde : Attirance, passion éphémère, dépendance, frustration manque, et séparation dans la rancoeur. Cela ne signifie en aucun cas qu’une « belle » relation, durable, sincère et paisible soit impossible. Nous avons tous accès à la « paix relationnelle », mais pour cela, il faut admettre l’idée qu’on ne rencontre que soi-même, et donc que personne n’est plus digne de notre amour qu’une autre. Avant de rechercher des idéaux au-dessus de ses moyens (mission cosmique messianique pour sauver le monde), Il semble plus sage de danser avec les âmes qui nous sont envoyées par le plan.
Alors, dans ce domaine en tout cas, il est certainement plus sûr de miser sa relation romantique sur des critères plus « classiques » : respect, pardon, tolérance, communication, confiance, simplicité. Rien de neuf finalement, c’est pour cela que tant de chercheurs en mal de sensations trouvent cela « ringard » au regard des promesses du nouvel âge. Mais qui a vraiment essayé durablement et sincèrement ? Ce dont je suis également convaincu, c’est qu’on ne peut pas « réussir » une relation à deux tant que l’on a pas réussi à être en paix dans la relation avec soi-même, au prix d’années de « solitude » si nécessaire. Ce que je crois aussi, c’est que l’on ne choisit rien dans la forme, en matière de relation comme en toutes choses. Comme le dit le Cours, les personnes qui doivent se rencontrer se rencontrent, il n’y a « personne » à aller chercher.
Enfin, et par-dessus tout, ne pas croire au concept de flammes jumelles ne signifie pas que l’on ne croit pas à l’amour. Mais pas celui, uniquement sensuel, qui consume, dévore, tel un feu de paille, et ne laisse derrière lui qu’un tas de cendre triste et froid. Or, un train peut en cacher un autre et l’amour le plus pur se tient prêt derrière tout élan du cœur spontané, il EST déjà ici et maintenant, nous n’avons pas à l’acquérir. Ce n’est pas lui que l’on apprend, mais comme le souligne le Cours, la manière d’enlever tous les obstacles qui l’empêche de couler véritablement dans nos vies. Au concept de F.J. on peut alors substituer le concept de relation « privilégiée » entre deux partenaires qui étendent la non-exclusivité de leur amour autour d’eux à travers l’exemple de la paix et de la joie qui émanent de leur sainte union.
Dans les articles suivant, vous trouverez un aperçu de la manière dont la relation « FJ » est traité par la non-dualité du Cours en miracle. Vision que je partage non par adhésion aveugle, mais par expérience sans cesse confortée au fil des années.
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Christalain – Août 2012
Quelques repères et rappels à ce sujet :
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Les effets de la relation particulière, et à fortiori, ceux de la relation sauce F.J :
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Même si le concept de F.J n’est pas explicitement nommé dans le Cours :
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Heureusement, il y a un espoir !
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Et pour ceux qui préfèrent aborder les relations d’une façon plus « classique » :