l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
Il y a quelques années, j'ai assisté à une conférence où j'ai revu beaucoup des personnes associées au Cours que Gayle et moi avions fréquentées dans les années 70. Comme je l'ai dit plus haut, je n'ai pas connaissance d'un enseignement qui accentue plus directement l'innocence et l'unité qu'Un Cours en Miracles. Je ne connais pas un enseignement qui se définit lui-même plus clairement comme étant simplement un parmi beaucoup d'autres, comme une aide temporaire seulement, et comme utile à certains mais pas à tous. Simplement, Un Cours en Miracles ne se présente pas lui-même comme un enseignement supérieur ni même permanent, et, à mon avis, le coeur de l'enseignement est que nous devons passer de notre croyance que nous sommes individuellement "spéciaux" à la reconnaissance que nous ne sommes pas seulement égaux, mais un avec l'autre et un avec Dieu.
Quel effet a l'étude à long terme d'un tel enseignement sur ses étudiants ? J'ai été surpris de voir qu'après vingt ans, c'était le contraire de ce que j'attendais. Sauf deux ou trois exceptions, tous ceux que j'ai vus à la conférence étaient bien plus séparés et égocentriques qu'ils ne l'étaient lorsque Gayle et moi les avons rencontrés. En fait, leurs egos étaient si gros que beaucoup d'entre eux avaient perdu la capacité d'entretenir une simple conversation. Ils faisaient des déclarations et n'écoutaient personne profondément. J'étais consterné et lorsque je suis rentré à la maison, j'ai dit à Gayle : "Si cela est arrivé à la plupart de nos amis du Cours, y a t-il une quelconque chance que cela ne nous soit pas arrivé ?"
La réponse était en effet que cela nous était arrivé. Même si nous avions remarqué depuis longtemps les effets inutiles de la plupart des religions et enseignements spirituels sur leurs étudiants, nous avions pensé qu'en tant qu'étudiants du Cours, nous étions immunisés (parce que le Cours accentue l'inversement de cette dynamique). Si la dynamique n'est pas la faute de l'enseignement ou de la religion eux-mêmes (et dans la plupart des cas, ça ne l'est clairement pas), quelles erreurs font les étudiants pour causer cela ?
Lorsque Gayle et moi nous sommes finalement regardés honnêtement, nous avons découvert que bien que nous ayons été des ministres et des enseignants spirituels pendant plusieurs années et ayons écrit plus d'une douzaine de livres à thèmes spirituels, nous n'étions personnellement pas devenus plus gentils ni même plus sains à travers notre dévotion. Nous, comme la plupart des individus, avions commencé un chemin spirituel avec l'intention de devenir de meilleures personnes et de trouver des moyens d'être vraiment utiles, uniquement pour aller vers la direction opposée. Plus nous investissions de temps et de pensées dans l'enseignement et les écrits au sujet de notre chemin, plus nous devenions absorbés par nous-mêmes. Nous étions devenus moins flexibles, moins indulgents et moins généreux que nous ne l'étions lorsque nous avons conmmencé notre chemin !
Ce que nous avions appris en réalité était comment masquer nos egos, comment faire semblant d'agir spirituellement et comment rendre nos propres pensées moins conscientes. De plus, nous avions accumulé des centaines de nouveaux concepts spirituels, ce qui, malheureusement, est le premier critère sur lequel sont jugés les enseignants spirituels (tout comme, bien sûr, les experts de la télévision, les journalistes, les politiciens, les écrivains non romanciers, les intellectuels, et semblables).
Comme ce fut le cas pour nous, la plupart des dévots semblent inconscients de ces changements. Ils pensent qu'ils font de bons progrès, jusqu'à ce qu'un jour (s'ils ont de la chance), ils tombent nez à nez avec le fait que leurs pires impulsions ont grandi en puissance et en influence sur eux. Au lieu d'un vrai réveil, ils fabriquent une résolution inconsciente qu'ils sont arrivés, ou qu'ils sont assez près de la fin du voyage, et que la distance restant à parcourir n'a pas de conséquences et requiert très peu d'attention de leur part.
Il y a clairement beaucoup d'exceptions individuelles à ces généralisations, mais pas autant que nous pensions qu'il y en aurait lorsque nous avons commencé à étudier le phénomène. Cette découverte nous a conduits à mettre un bien plus grand accent sur l'exposition des façons dont l'ego prend contrôle des efforts spirituels. Parce que le fait est que, le jour où vous avez commencé votre chemin spirituel, votre ego l'a commencé aussi, et pour chaque motif spirituel que vous avez, il y a un motif egotique également. Ce n'est pas une raison d'avoir peur, mais c'est une raison d'être plus attentifs.
Ces individus que nous connaissons intimement et que nous croyons être près de l'éveil, semblent n'avoir aucun intérêt à se comparer aux autres. D'une manière générale, ils vivent des vies simples et ordinaires. C'est agréable, sinon reposant, d'être en leur compagnie. Leur temps est habituellement dévoué à des choses importantes et leurs coeurs à des personnes "non importantes". Ils n'ont pas de concepts inflexibles ou de modèles rigides et il n'y a rien de particulièrement inhabituel dans les sujets dont ils choisissent de parler, ni rien de marquant dans les particularités personnelles qu'ils montrent. Ils sont facilement satisfaits et souvent ils sont heureux pour aucune raison apparente. Parce que leurs egos ne sont plus destructeurs, ils trouvent les egos des autres amusants et attendrissants. Surtout, ils sont égaux et familiers. Ils ne seraient pas de bons sujets pour un article dans un magazine. Et pourtant, dans les circonstances du monde et du quotidien de leurs vies, ils répandent tranquillement leur bien-être et leur paix.
Bill Thetford était de ceux-là. Il "ne parlait pas" le Cours (en anglais : "didn't talk"). Il n'a pas écrit de livres sur le Cours. Il a très rarement fait des déclarations publiques au sujet du Cours, et lorsqu'il l'a fait, c'était uniquement parce que quelqu'un l'en avait supplié. Ce que Bill a fait était de vivre le Cours avec quiétude et bonheur. Et même s'il a vu que ceci était la meilleure approche, il n'a jamais dit à ses amis du Cours : "Vous pouvez soit enseigner le Cours soit le vivre, mais vous ne réussirez probablement pas à faire les deux." En ce sens, il était vraiment un "enseignant de Dieu" parce qu'il a enseigné de la manière dont le Manuel définit l'enseignement.
Est-ce-que cela signifie que ceux qui lisent ou écrivent au sujet du Cours ont pris un chemin de traverse sombre ? Certainement pas. Est-ce-que cela signifie que quiconque aimant discuter d'idées métaphysiques a perdu son chemin ? Certainement pas. Mais cela veut dire que ceux qui se couvrent de concepts spirituels courent le risque de penser qu'ils sont les concepts. Il n'est pas difficile de remarquer que, dans notre culture, les personnes qui sont ostensiblement dévots et parlent de Dieu commencent généralement à adopter une attitude de "je sais tout, j'ai tout vu". En d'autres termes, dans leurs propres esprits, ils sont devenus le Dieu qu'ils professent.
"Tout le monde est sur un chemin" disent ouvertement beaucoup de dévots. Mais ce qu'ils semblent penser est : "Mais moi je suis sur un chemin spirituel." Autrement dit : "Maintenant que je crois à l'unité, je vois que toi et moi ne sommes pas un." Pour être tombés dans ce piège nous-mêmes, nous réalisons que rien n'est plus égoïste ou séparateur que de penser que vous, personnellement, avez une approche de la vie plus haute que la plupart des autres. Comment le chemin d'une personne peut-il être supérieur à celui d'une autre personne, si Dieu nous guide tous ?
C'est ironique que les individus aux croyances spirituelles fortes aient souvent de plus gros egos, sont plus rigides, sont plus inconsciemment dans le jugement, et qu'être en leur compagnie est moins agréable qu'être en la compagnie de ceux qui sont peu intéressés par des enseignements mystiques, religieux ou métaphysiques. Ceux qui chérissent le concept d'unité manquent souvent du désir de ressentir l'unité et l'égalité avec n'importe qui.
Notre partie egotique n'agit pas indépendamment de nos souhaits, parce qu'elle est nous (du moins c'est notre conviction ressentie avec évidence et profondeur). Si nous continuons de juger notre adolescent, c'est que nous voulons encore juger notre adolescent. Si nous sommes encore confus quant à ce que veut notre partenaire de nous, c'est que nous voulons encore être confus. Evidemment, croire en l'unité ne diminue pas automatiquement le désir pour l'unité, et beaucoup croient en elle et la pratiquent. Mais c'est intéressant de voir comment, souvent, nous disons aux autres de faire ce que nous n'arrivons pas nous-mêmes à faire et critiquons chez les autres ce que nous-mêmes nous faisons régulièrement.
Ironiquement, ceux qui pensent avoir les plus petits egos ont généralement les plus gros. Ceux qui se proclament eux-mêmes les "chercheurs de vérité" ont souvent la supériorité personnelle comme objectif inconscient et finissent par se persuader qu'ils l'ont atteinte. Ceux qui pensent être normaux et égaux et qui sont relativement conscients de leurs nombreuses limites ne sont simplement pas tentés de croire qu'ils peuvent personnellement découvrir une vérité spirituelle dont les autres sont inconcients. Et pourtant, par définition, c'est ce qu'un "chercheur de vérité" croit.
Un Cours en Miracles peut survivre au 21ème siècle, en fait il peut transformer le 21ème siècle, si ceux qui voient la Réalité vers laquelle il pointe choisissent de s'étendre eux-mêmes au-delà des limites de leur ego et de faire les intérêts de l'autre les leurs. S'Eveiller n'est pas se joindre à un quelconque concept rayonnant dans le ciel. C'est se joindre les uns aux autres. C'est vécu et exprimé dans les centaines de petites rencontres, courses ou tâches qui remplissent chaque jour. C'est seulement d'instant en instant que nous choisissons de voir notre pareilleté, notre égalité et notre unité avec les autres. C'est seulement en aimant que nous nous éveillons à l'Amour. Seulement en étendant la paix que nous nous éveillons à la Paix.
Chaque jour nous faisons des centaines de petites rencontres dans nos activités ou nos esprits. En chacun de ces contacts nous laissons quelque chose derrière et ce quelque chose détermine si le Cours continue à exister. C'est seulement en donnant les minuscules miracles de la compréhension, du soutien, de la patience et du bonheur que nous pouvons assurer que ce précieux enseignement ne tombe pas dans des oreilles mortes et des coeurs morts. Eloignons-nous du sanglant champ de bataille où les egos se battent pour des droits sur des mots egoiques. Le Cours n'a jamais été là à l'origine. Dieu est maintenant. Dieu est ici. Nous n'avons jamais quitté la maison. Alors soyons heureux que les bras de Dieu soient encore autour de nous. Son coeur est encore notre coeur. Ses yeux sont encore nos yeux. Il est tout ce qui est."
Par Hugh Prather (1999) relayé par David Hoffmeister.
Traduit par Fabienne Lison.
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