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l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.

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L'ego et la maladie du monde moderne

Ce texte est extrait d'un long mais excellent article de Jean Sarkissoff paru dans 3ème millénaire, initulé: "Psychanalyse et spiritualité". Il met en relief le lien a priori contre nature entre ces deux domaines, comme le fait dans une certaine mesure "un Cours en miracle",  avec d'autres mots.

 

Essayons de faire une étude psychanalytique de l'ego. Tout d'abord, trois définitions :

Le moi : c'est une instance psychique inconsciente qui à la tâche d'harmoniser nos désirs, de choisir l'acte que nous accomplissons, d'en être conscient et responsable, et d'en conserver le souvenir.

Le vrai moi [4] : (ou le je) c'est la conscience que j'ai d'exister mais tout en étant une partie du tout (adualisme).

L’ego : c'est la conscience que j'ai d'exister mais en me croyant séparé de toutes les autres parties du tout (dualisme).

 

L'ego est donc une illusion. La conscience de l'ego est un sentiment basé sur la distinction sujet-objet (le dualisme), qui est une illusion fâcheuse. En effet, cette illusion produit immanquablement son fruit empoisonné : l’envie [5]. L'envieux désire s'approprier ce que l'autre possède parce qu'il s'en sent dépossédé. Je crois bien que le seul moyen de guérir l'envie est d'attaquer le mal à la racine, c'est-à-dire de se rendre compte que la conscience dualiste est une illusion. Alors peut naître l'amour vrai où la conscience de l'ego disparaît dans l'oubli de soi.

 

Ce que je fais, et qui me fait plaisir, est alors vécu dans une communion avec autrui, le plaisir est partagé avec tous et plus ma force est grande plus j'en suis heureux, non pour moi (dans le dualisme) mais pour tous (dans l'unité). Il n'y a plus conflit entre mon ego et les autres, il n'y a plus de meurtrissures de mon ego qui déclenchent une réaction agressive. Au contraire, lorsque mon ego est meurtri, si je prends conscience grâce à cela de l'erreur dualiste où j'étais, je peux recevoir cette meurtrissure de mon ego comme un bienfait, puisqu'elle me fait évoluer.

 

Le vrai moi n'est pas séparé des autres, il se sait identique à chacun, il est dépourvu d'ambition égotiste qui est à base d'envie (et celle-ci est toujours destructrice). Son ambition est à base de générosité, c'est pour donner plus aux autres qu'il veut croître. Mais comme les autres, c'est lui, il s'enrichit toujours plus en donnant. En devenant plus fort il devient plus humble. Au point de vue de la dualité, il semble disparaître (c'est ce que veut dire mourir à soi-même), sa joie et sa force viennent de ce qu'il s'enrichit sans cesse en ne cessant de donner.

 

La psychanalyse est si récente qu'il est beaucoup trop tôt pour pouvoir discerner clairement ce qu'elle apporte de nouveau et en reconnaître toute la valeur. Il est possible que dans l'avenir son nom restera lié aux deux grandes découvertes de Mélanie Klein : la position persécutoire et la position de réparation qui sont comme deux immenses axes qui découpent tout ce qui spécifie l'humain, qu'il soit social, moral, religieux, spirituel, mystique, intellectuel ou esthétique, et permettent de toujours retrouver son chemin dans le labyrinthe du psychisme humain, notamment les problèmes posés par l'ego.

 

La position de réparation constitue le moteur de l'évolution personnelle. Pour évoluer, pour devenir autre, il faut ressentir le point acquis jusque là comme insuffisant. Cette insatisfaction de soi, humble, est une souffrance qui constitue le moteur du progrès. Ainsi se gravissent les marches successives de l'individu évoluant, jamais satisfait de lui-même ou alors, n'évoluant plus. La position de réparation accompagne l'être humain dès sa naissance. Il ne s'agit donc pas d'un stade. La spiritualité, elle aussi caractérise l'humain dès la plus petite enfance.

 

Dans la position persécutoire, le bébé croit posséder en lui-même la source de la vie, du bien-être et de la valeur qui est le " sein " maternel auquel il s'identifie. Il éprouve alors un sentiment euphorique (qui est à l'origine de l'orgueil ou de la mégalomanie de l'adulte). Lorsqu'il comprend que ce " sein " lui est retiré et qu'il appartient à sa mère, le bébé se sent dépossédé de tout son avoir le plus précieux, il se sent persécuté injustement. Il éprouve alors une rage revendicatrice et destructrice.

 

Lorsque son développement s'effectue normalement, le petit enfant apprend alors peu à peu à reconnaître sa mère telle qu'elle est et il cesse de la voir uniquement comme un " sein " qu'il s'approprie : il réalise avec dépression que ce " sein " ne lui appartient pas, il fait alors le deuil de son illusion possessive et intensifie son amour vrai pour sa mère [6]. Cet amour lui fait alors éprouver la douleur dépressive, non seulement de perdre sa toute puissance imaginaire mais aussi d'avoir attaqué sa mère et même de l'avoir ressentie comme persécutrice. Il découvre ainsi l'amour vrai dans la douleur dépressive et la culpabilité.

 

Cette position de réparation est le point central de l'évolution psychique. Toutes les tendances à la réparation et à la créativité se fondent sur la position de réparation ; celle-ci, qui existe déjà à la naissance, atteint son plein épanouissement vers le troisième mois de la vie déjà, et conditionne ensuite toute notre évolution intérieure jusqu'à la fin de notre vie. Elle est le moteur de toute évolution humaine, dans tous les domaines. Le moi vrai se constitue d'abord par une identification et une assimilation de l'image de la mère intériorisée dans l'inconscient par un acte d'amour vrai, qui fait partie de la position de réparation.

 

Après la mère, le père, puis d'innombrable personnes ou événements viennent renforcer le moi vrai qui évolue tout au long de la vie. L'ego se constitue par une identification non suivie d'assimilation de l'image de la mère intériorisée dans l'inconscient ; c'est un acte d'amour possessif avide qui fait partie de la position de persécution. Après la mère idéalisée, le père idéalisé, de nombreux autres personnages ou événements peuvent venir renforcer l'ego tout au long de la vie. L'ego est conscient [7], le vrai moi l'est à peine. C'est pour cette raison qu'on s'oublie consciemment quand on est dans son vrai moi.

 

La perte de l'ego est le corollaire du plein développement de la position de réparation. Elle accompagne la maturité vraie, et l'indépendance de la personnalité qui, se sachant reliée au cosmos, ose se libérer des attachements extérieurs et intérieurs. L'attachement à la mère et la dépendance envers les parents est remplacée par la religion qui est la conscience de la dépendance, totale, au tout. L'ego implique la possession, au niveau inconscient, d'un " objet " concret introjecté. C'est avoir. Dans la position de réparation il n'y a plus de possession égocentrique de la mère (ou de son " sein ") par l'enfant, il n'y a donc plus d'ego. Il y a un moi vrai, et celui-ci seulement est capable d'aimer vraiment. C'est être et non avoir.

 

Quand le premier développement n'a pas pu se faire d'une façon tout à fait harmonieuse dans une excellente relation entre mère et enfant, ce dernier ne se sentant suffisamment aimé ni en sécurité, compense l'amour qu'il ne reçoit pas ou ne sait pas recevoir, en s'accrochant au fantasme qu'il possède un " sein " maternel tout-puissant qui lui fournit tout ce qui est nécessaire à sa survie. Ainsi échappe-t-il à l'angoisse d'abandon, qui est une angoisse mortelle.

 

Dans le développement normal, l'amour partagé de la mère et de l'enfant dans une communication parfaite était destiné à protéger l'enfant de l'angoisse de mort. L'enfant qui n'a pas pu vivre normalement cette relation de dépendance maternelle dans la confiance et l'amour, évite l'angoisse de mort lui aussi, mais au prix d'un arrêt de développement qui est l'ego.

 

On comprend pourquoi l'ego est ensuite, la vie durant, un obstacle considérable au changement et au progrès personnel. Il a peur de mourir et son conservatisme est responsable du dogmatisme et du fanatisme.

En réalité, un tel sujet est toujours insatisfait, car l'inconscient, qui ne se laisse jamais duper, perçoit fort bien le mensonge ; il envoie au conscient l'information nécessaire mais le malheureux, victime de son ego, ne sait pas interpréter le message de l'inconscient et il continue à renforcer son ego, en recherchant des satisfactions narcissiques dont il est avide et indépendant.

 

Lorsqu'il est critiqué, ou qu'il échoue, le sujet narcissique éprouve de l'angoisse et ressent que perdre son ego avec lequel il est identifié, c'est tout perdre, c'est n'être plus rien. Constatant qu'il n'est pas conforme à l'image qu'il a de lui-même, il éprouve un sentiment de catastrophe intime, de destruction de l'image de soi. Le moment est venu pour lui de se poser la question, qui suis-je donc ? Mais l'angoisse est souvent bien trop forte pour qu'il puisse penser ; il est assailli par le sentiment : je ne suis rien. Et pour apaiser son angoisse, il va concentrer ses efforts pour renforcer son ego.

 

Se sentant anéanti intérieurement (on voit là à l'œuvre l'instinct de mort) le sujet peut attribuer sa destruction intime à une attaque maléfique exercée par quelqu'un d'autre que lui. Il réagit alors par de le rage. Ainsi l'ego bafoué est cause de violence. Il est dit que Jésus a été " haï sans cause " [8]. En réalité, s'il n'y avait pas de cause objective, il y avait une cause inconsciente. Ceux qui l'ont haï et l'ont tué ont cherché à se débarrasser de lui parce qu'il menaçait leur ego sur lequel ils avaient construit toute leur personnalité. Jésus représentait pour eux une menace ressentie inconsciemment comme mortelle.

 

Le dilemme inconscient des assassins de Jésus était : il faut le tuer pour ne pas être " tués " par lui, mourir à leur ego étant mis en équation inconsciente avec être " tués ". C'est pourquoi il est si dangereux de vivre dans son ego, qui est mensonge, illusion de sécurité et de satisfaction, et ne peut que trahir.

Au contraire, lorsque ce contact avec l'être vivant tout au fond de soi, est maintenu grâce au vrai moi, toute la personne s'en trouve vivifiée ; le mental est apaisé, serein, et exempt de dépression ; le physique exempt de maladies psychosomatiques ; le sujet aime et communique avec autrui, avec tous les êtres vivants et le cosmos tout entier dans la liberté, la vie et la croissance.

 

" L'ego est l'ennemi invincible de l'homme et se manifeste sous l'aspect de quatre grandes passions humaines : la colère, l'orgueil, la tromperie, l'envie ". Sans ego, sans dualisme, pas d'envie, pas de possessivité, donc pas de jalousie, pas de frustration, donc pas de colère, pas d'avidité, donc pas de tromperie. La perte de l'ego ferme la porte à toute possibilité de névrose. La perte de l'ego rend fort et comblé, au-delà de tout désir.

 

Lire ici  l'ensemble de l'article de Jean Sarkissoff.

 

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