l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
La suite du résumé de Mickael Dawson sur le Cours en miracle :
Le titre de cet article vient d’un livre de J. Krisnamurti.
Il n’y a pas de chemin vers la vérité, elle doit venir de vous. La vérité peut venir vers vous seulement lorsque votre esprit et votre cœur sont simples, clairs, et qu’il y a de l’amour dans votre cœur ; non pas si votre cœur est rempli des choses de l’esprit… ceci signifie que vous devez vous dépouiller de toutes ces choses et permette à la vérité de naître ; et elle peut seulement venir quand l’esprit est vide, quand l’esprit cesse de créer. Elle arrivera alors sans votre invitation. Elle arrivera alors à votre insu et aussi rapidement que le vent. Elle vient obscurément et non lorsque vous surveillez, en la voulant. Elle est là aussi soudainement que la lumière solaire, aussi pure que la nuit ; mais pour la recevoir, le cœur doit être plein et l’esprit vide. Vous avez maintenant l’esprit plein et le cœur vide.
Tiré du livre The Book of Life: Daily Meditations with J. Krisnamurti
(Traduction libre de Stella Pilon)
Cette citation contient une aide importante sur notre sentier d’éveil spirituel et je l’explorerai dans cet article. Une analogie qu’on trouve dans d’autres chemins spirituels a rapport avec le vol d’un oiseau. Il ne peut voler sans deux ailes. De même nous devons cultiver nos qualités de cœur tout en calmant nos esprits. Si un oiseau n’avait qu’une aile, peut-être qu’il volerait en rond – voilà quelque chose pour nous faire réfléchir!
Il y a une histoire qui illustre bien le besoin pour la gentillesse autant que pour la perspicacité. Un jour, la gentillesse et la perspicacité marchent ensemble le long du bord d’une rivière quand soudainement un bébé qui flottait vient à passer près d’elles. La gentillesse sauta immédiatement dans l’eau et sauva l’enfant. Elles continuèrent à marcher jusqu’à ce qu’un second bébé passe à côté d’elles. Encore, la gentillesse sauta encore et sauva l’enfant. Aussitôt que la gentillesse et la perspicacité avaient commencé à discuter de ces événements étranges, un troisième enfant se présenta. A cet instant, la perspicacité courut le long de la rivière. «Où vas-tu ?» demanda la gentillesse. «Je vais voir qui passe son temps à les lancer dans la rivière» répliqua la perspicacité.
Une histoire racontée par Ramana Maharshi illustre aussi le besoin pour l’équilibre. Un gourou célèbre était particulièrement doué pour calmer son esprit durant de longues périodes. Il possédait l’habileté de demeurer sans pensées durant plusieurs jours à la fois. Un jour il annonça à ses disciples qu’il s’en allait en transe pour assez longtemps et il ordonna que de l’eau lui soit apportée. Cependant, avant qu’un de ses disciples puisse revenir de la rivière il était déjà en méditation profonde. Pendant que les jours passèrent, ses disciples devinrent ennuyés et commencèrent à le quitter. Eventuellement, ils le quittèrent tous. Un jour, quelques semaines plus tard le gourou revint de son état sans pensée et s’exclama avec indignation : «Où est mon eau»
Il est possible de réaliser des états de pensée agréables en méditation, mais jusqu’à ce que les jugements et doléances sous-jacents que nous emportons ne sont pas révélés et pardonnés, l’esprit bruyant reviendra aussitôt que nos méditations ont cessé. Il y a donc une valeur à commencer la journée avec Dieu. Le Cours le recommande dans la section du Manuel pour Enseignants «Comment l’enseignant de Dieu devrait-il passer sa journée ?» (M-16). Débuter la journée de cette façon nous aide à rencontrer notre premier défi de pardon, lequel se produit habituellement assez vite après que la méditation est terminée.
Quand j’avais 16 ans, ma perception personnelle et celle du monde changèrent de façon spectaculaire. C’est comme si j’avais enlevé mes lunettes teintées de rose et que je voyais clairement ma nature et celle du monde. J’étais choqué de voir combien peu d’amour se trouvait en moi ainsi que dans mon monde. Chacun semblait être enfermé dans ses propres intérêts personnels. Les gens disaient tomber en amour mais je voyais clairement qu’ils tombaient dans les besoins. Aussi longtemps que ces besoins étaient rencontrés ils demeuraient «en amour», autrement ils se séparaient. Plusieurs années plus tard je me mis à lire au sujet de ces dynamiques dans «Un Cours en Miracles». Pendant que Jésus les décrivaient dans des détails horrifiants il était assez clair qu’il n’avait aucun jugement envers l'ego et sa dynamique. Cependant ma conscience d’adolescent et mon discernement n’étaient pas trempés de gentillesse et de compassion et je grandis amer et cynique avec le monde. C’est un exemple de ce que le Cours appelle «donner de la réalité à l’erreur». J’essayais de voler sur une seule aile à travers la vie et cela me rendait malheureux et isolé.
Chacun ici cherche le bonheur, habituellement dans la mauvaise direction, et j’avais alors perdu l’occasion d’étendre la gentillesse, la douceur et la compassion aux autres aussi bien qu’à moi-même. J’avais peut-être eu raison dans mes observations mais je n’étais certainement pas heureux comme souligne le Cours. (T-29.VII.1:9)
Ma religion est très simple
Ma religion est gentillesse
Le Dalaï Lama
Un esprit vide
Vide ton esprit de tout ce qu’il pense être vrai ou faux, ou bien ou mal, de toute pensée que le passé t’a enseignée, ni aucune croyance que tu as jamais apprise de quoi que ce soit. Oublie ce monde, oublie ce Cours, et viens les mains entièrement vides à ton Dieu.
(Leçon 189) p.372
Apprendre ce Cours requiert le désir de remettre en question chaque valeur que tu as. Pas une ne peut être gardée cachée et obscure, sinon elle compromet ton apprentissage. Aucune croyance n’est neutre. (T-24.in.2:1-3) page 535 –
Le souvenir de Dieu vient à l‘esprit quiet. Il ne peut venir là où il y a conflit, car un esprit en guerre contre lui-même ne se souvient pas de l’éternelle douceur. (T-23.I.1)
L’identification avec nos pensées est très forte. Sans conscience et vigilance nous ne pourrons pas avoir la clairvoyance nécessaire pour briser la domination de la pensée. Une vigilance consciente mène au discernement. Quand un enfant est attiré en premier par la beauté de la flamme d’une chandelle il est ignorant des dangers. Il s’avance pour toucher la flamme et est surpris et affolé par la douleur qu’il ressent. Le discernement est immédiat. Il fait la connexion entre le feu et la douleur et ne répète pas le geste. Il ne se tourne pas vers sa mère en lui demandant de lire un livre sur la façon de ne pas toucher les flammes des chandelles. Il ne s’inscrit pas à un atelier sur les dangers des chandelles. Il sait comment ne plus le répéter. C’est le pouvoir de la sagesse. Personne ne demande comment faire après avoir été éclairé. Voilà pourquoi tout sentier spirituel authentique souligne le besoin d’être conscient – se regarder sans jugement, ce que le Cours appellerait le pardon.
Le pardon….est calme, et tranquillement ne fait rien….il regarde simplement, attend et ne juge pas. (Livre d’Exercices p. 418)
Les personnes prises dans les questions de «Comment» peuvent aussi tomber dans le piège du jeu de «Oui mais» de l’esprit. Peu importe combien de «comment» leur sont donnés pour aider leurs problèmes elles sont peu disposées au changement et continuent à demander pour plus de «comment». Mais si elles éprouvent de la perspicacité suite à une vigilance consciente de leurs activités, les «comment» ne seront plus nécessaires. Elles ne répèteront simplement plus ce qui est douloureux.
Quand le discernement se développe, l’esprit devient naturellement plus calme et plus vide. Si vous voyez immédiatement le coût exorbitant à payer en paix pour tenir des jugements et des doléances, vous commencerez à les laisser tomber. Quand un espace commence à être créé dans l’esprit, la vérité trouve une place pour entrer et guider votre vie.
Tu n’as aucune idée de l’immense délivrance et de la paix profonde qui viennent d’une rencontre totalement dépourvue de jugement avec toi-même et avec tes frères. (T-3.VI.3:1)
Si seulement tu connaissais le but glorieux qui est au-delà du pardon, tu ne te cramponnerais pas à quelque pensée, aussi légère que paraisse sur elle la touche de mal. Car tu comprendrais comme il coûte cher de tenir quoi que ce soit que Dieu n’a pas donné dans les esprits qui peuvent diriger la main qui bénit, et conduire le Fils de Dieu à la maison de son Père. (T-29.V.6:1-2)
Réaliser combien peu de choses importantes nous connaissons mène la voie vers l’humilité. Oui, nous pouvons en connaître beaucoup au sujet du monde de séparation de l'ego ainsi que des façons de réussir ici mais que savons-nous au sujet d’une paix et d’une joie durables qui ne dépendent aucunement de ce monde? Lorsque nous débutons l’expérience de l’humilité, nous permettons à la présence du Saint-Esprit de nous guider hors de notre rêve de séparation et de retourner à la conscience de notre réalité spirituelle.
Tu ne connais pas la signification de quoi que ce soit que tu perçois. Il n’est pas une de tes pensées qui soit entièrement vraie. Reconnaître cela, c’est pour toi un solide début. Tu n’as pas été mal guidé; tu n’as pas accepté de guide du tout. Ton grand besoin est d’être instruit en perception, car tu ne comprends rien. Reconnais cela mais ne l’accepte pas, car comprendre est ton héritage. Les perceptions sont apprises, et tu n’es pas sans Enseignant. Or ton désir d’apprendre de Lui dépend de ton désir de remettre en question tout ce que tu as appris de toi-même, car toi qui as mal appris ne devrais pas être ton propre enseignant.
(T-11.VIII.3)
Si tu es désireux de renoncer au rôle de gardien de ton système de pensée et de m’en ouvrir l’accès, je le corrigerai avec beaucoup de douceur et te ramènerai à Dieu. (T4.I.4:7)
L’amour commence où la pensée se termine.
Maître Eckhart
Un cœur plein
Quand tu t’approches d’un frère, tu t’approches de moi; et quand tu t’éloignes de lui, tu m’éloignes de toi. Le salut est une entreprise qui repose sur la collaboration. Il ne peut pas être entrepris avec succès par ceux qui se désengagent de la Filialité, parce qu’ils se désengagent de moi. Dieu ne viendra à toi que lorsque tu Le donneras à tes frères.
(T-4.VI.8:1-4)
Ne me laisse pas penser que je peux trouver la voie vers Dieu, si j’ai la haine dans le cœur. Ne me laisse pas tenter de blesser le Fils de Dieu, et penser que je peux connaître son Père ou mon Soi. (Lesson 246) p.433
Les deux citations ci-dessus soulignent la vérité que vous ne pouvez retourner à la paix en vous isolant des autres. Il se peut que vous puissiez réaliser un esprit vide en méditation mais si votre cœur n’est pas ouvert aux autres, si vous n’avez pas appris vos leçons de pardon, vous êtes qu’un oiseau possédant une seule aile.
Étendre la simple gentillesse, la douceur, la compassion et le pardon à vous-même et aux autres mène à un cœur plein. Leur pratique devient un mouvement dans la direction opposée de l'ego et défait ainsi la séparation en permettant à la mémoire de Dieu et de notre propre réalité de revenir.
L’essentiel, c’est que la gentillesse et la douceur envers tout le monde, sans regard à leur situation, devrait être notre principe directeur. Kenneth Wapnick (www.facim.org)
Le Cours ne nous demande pas d’aimer inconditionnellement. Essayer d’atteindre cet état ne ferait qu’augmenter notre niveau de culpabilité car il en résulterait un échec. L’amour vrai nous attend en haut de l’échelle spirituelle, lors de notre retour à la maison. Nous sommes soit capable ou non d’amour inconditionnel spontané comme Jésus. Il n’y a aucun effort impliqué car l’amour sera présent lorsque la fausse idée de séparation aura disparu. En attendant que ce merveilleux jour apparaisse, nous pouvons faire l’effort d’offrir de la gentillesse et de la douceur au lieu de la colère et du jugement et nous avons le Saint-Esprit pour nous enseigner comment le faire. L’effort est requis jusqu’à ce que nous atteignions l’étape du non effort.
Le Saint-Esprit est en toi, dans un sens très littéral. C’est Sa Voix qui t’appelle à revenir là où tu étais auparavant et seras de nouveau. Il est possible même en ce monde de n’entendre que cette Voix et aucune autre. Cela demande un effort et un grand désir d’apprendre. C’est la leçon que j’ai apprise, et les Fils de Dieu sont aussi égaux comme apprenants qu’ils le sont comme Fils. (T-5.II.3.7-11)
À mesure que notre cœur grandit nous aurons besoin de la sagesse qu’apporte le fait d’être conscient. Un cœur ouvert veut seulement donner, mais un équilibre est nécessaire. Par exemple, un guérisseur qui ne peut dire non éprouvera éventuellement un épuisement. Le Saint-Esprit nous guidera vers ceux qui ont besoin de notre aide; Il est Celui qui choisit le miracle à exécuter ainsi que le bénéficiaire. Bien que qu’on puisse nous demander notre aide, le Saint-Esprit saura si nous sommes la meilleure personne pour aider ou qu’une autre serait préférable. Nous devons demeurer vigilant à entendre Ses directives à notre égard. L’humilité nous enseigne qu’Il est Celui qui sait mieux et nous Lui passons de plus en plus les décisions. À mesure que notre perspicacité grandit, nous réalisons «Je n’ai à besoin de faire quoi que ce soit» (T-18.VII) et nous Le laissons nous montrer le chemin.
Ta présente confiance en Lui est la défense qui promet un avenir imperturbé, sans trace de chagrin et plein d’une joie qui augmente constamment, tandis que cette vie devient un instant saint, fixé dans le temps mais tenant compte seulement de l’immortalité.
Leçon 135 – page 263
Michael DAWSON - traduit par Stella Pillon
A suivre (pour finir) : Recommandations sur la voie de l'éveil