l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
Qui ne connait pas Jacques Martel et son fameux « dictionnaire des malaises et des maladies » ? Il a depuis écrit d’autres livres (et se plait à le rappeler lourdement), dont « Retour vers la source », plus clairement orienté vers la spiritualité semble-t-il. Avec des amis, nous avons eu l’occasion de le voir en conférence, dans le cadre d’un salon lyonnais sur le « mieux être ». Un résumé élaboré par Sylvie vous est proposé dans l’article suivant. En préambule, je m’en vais vous présenter brièvement le personnage « extérieur » qu’est Jacques Martel, tel que je l'ai perçu, puis la compatibilité de sa démarche générale avec l’approche non duelle du Cours en miracles, entre autres.
Dès l’ouverture de la conférence, dans une salle comble, Jacques Martel, arrivé "à la bourre" à cause d’un manque de taxi, (dixit), puis décrit les réactions extrêmes qu’il suscite par sa personnalité : « On m’aime ou on m’aime pas ». Il est vrai que le personnage est « entier », et on peut se demander si son côté « nature » n’est pas sur-joué tant il flirte parfois avec la caricature : pantalon fripé, chemise mal ajustée ne parvenant pas à couvrir une certaine proéminence abdominale, allure un peu rustre, accent québécois à couper au couteau, allure désinvolte de celui qui semble n’avoir rien préparé mais qui se repose entièrement sur son expérience. On a toujours l’impression qu’il est à deux doigts de se curer le nez ou se gratter les fesses.
Je ne m’attendais pas du tout à voir et entendre un tel personnage. Dans mon esprit, j’imaginais cet auteur de best-sellers docteur ou médecin à l’allure urbaine et soignée. Il n’en est rien puisqu’il a une formation initiale d’électricien. Autant pour moi, je n’étais pas « au courant » ! Quoi qu’il en soit, cet homme marche au 220 volt. Son hyper assurance peut passer pour de l’arrogance mais finalement, le charme du pittoresque prend le dessus et les bons mots finissent par rendre le personnage plutôt sympathique. Ce qui peut agacer, en revanche, c’est sa démarche marketing très appuyée, à l’américaine. Sans un atome d’humilité, J.Martel, complètement égo-centré par moment, nous indique tout simplement que ses livres sont meilleurs que ceux de ses concurrents en matière de guérison, et que nous devrions tous les acheter, y compris la nouvelle version de son dictionnaire.
Pour ma part, je ne regrette pas d’être venu, mais j’ai plus appris par le personnage lui-même que par le contenu de sa conférence, qui déroule des principes de plus en plus connus de développement personnel. J’ai mieux vu que jamais cette évidence: une personne publique complètement décomplexée, en pleine confiance, peut (presque) tout se permettre : look aléatoire et chiffonné, hésitations, approximations, oublis de mots, organisation bancale, digressions hasardeuses… Il emporte malgré tout, par son charisme, l’adhésion devant un publique « plus hypnotisé que séduit». J’ai pu constater une fois de plus que nous étions tous des messagers par notre comportement, bien plus que par le contenu de nos mots, de nos idées. Notre manière d’être est notre "vrai" message, du moins celui à qui l’on accorde immédiatement du crédit. Si vous dites de profondes vérités sans y croire à 100%, timidement, personne ne vous croira. Inversement, les pires âneries sont rendues crédibles par l’assurance de ceux qui les profère. Je parle ici de généralités dans les médias, pas de J.Martel qui assène ici et là quelques vérités bien senties.
Sur le fond, la méthode de guérison en 5 étapes proposée par J.Martel ne peut pas faire de mal. En effet, on ne peut que conseiller de lâcher prise en toute circonstance et accepter les choses telles qu’elles sont, y compris les maladies, pour ensuite les « dépasser ». Comment ne pas être d’accord avec la totale responsabilité qui nous incombe ? On lance des cailloux en l’air, on les oublies, et un peu plus tard on se demande pourquoi des rochers nous tombent sur la tête. On ne veut pas voir que ce sont les cailloux que nous avons lancés auparavant, et qui se sont alourdis de nos pensées « négatives ». En ce sens, Jacques Martel peut aider beaucoup de gens en leur montrant en quoi ils sont responsables de leurs maux, en les sortants de leur attitude de victimes « calimeresques ».
Après, on pourrait dire, du point de vue de la non dualité, qu’une partie seulement du chemin est faite en vue de la guérison « définitive ». L’autre partie consisterait à voir que non seulement nous sommes responsables de nos maladies, de nos vies, mais que nous sommes aussi responsables d'être des "humains" ayant des pensées culpabilisatrices et séparatistes à l’origine d’un corps de chair isolé qui abrite les maladies. J.Martel dit bien que les origines de la dépression sont la culpabilité et le manque d’estime de soi. Mais il n’explique pas, du moins à ma connaissance, l’origine première de ces sentiments destructeurs. Il préconise juste de remplacer les énergies « négatives » par des énergies « positives » (5ème étape de son protocole). Cette approche typiquement duelle du développement personnel ne peut apporter qu’un soulagement provisoire. Chassez le naturel et il revient au galop, est-ce que l'on a déjà vu une pièce de monnaie avec une seule face en ce monde ? le blanc sans le noir ?
A quoi bon s’encombrer d’un volumineux dictionnaire des maladies si l’on apprend en fin de compte, que tout mal, tout malaise, toute détresse, toute souffrance est issu de la trinité infernale « péché-culpabilité-peur». Il y a donc une seule chose à guérir : notre identification à l’ego, producteur de cette triple croyance première d’où découle toutes les autres (indignité, désamour de soi, compétition, concurrence, exclusivité, particularité, état de victime, vengeance, remords, rancoeur, attaque, fuite, exhaltation, accidents, mélancolie, colère, tristesse, dépression, repli.. etc) Bref, tout ce qui génère des malaises et maladies sous de multiples formes (somatisation), nous faisant croire qu’il y a de multiples remèdes. Mais évidemment, un seul remède radical et simple ne veut pas dire qu’il soit facile à appliquer.
Or, encore une fois, faire un rêve moins douloureux, c’est déjà beaucoup, et c’est probablement grâce à ces espaces de mieux-être que des êtres rencontrent des conditions favorables à la poursuite d’un chemin spirituel plus « ontologique » (qui remonte aux causes premières). La souffrance est certes un moteur qui permet de gagner en maturité spirituelle, mais à condition qu’elle soit comprise pour ce qu’elle est. Et cet espace de compréhension (guidance, intuition, éclair de lucidité) nécessite par moment un minimum de bien-être, de stabilité, d’armistice dans la guerre qui se déroule dans nos esprits et dans le monde qui nous entoure (son reflet). Il ne s’agit donc pas d’affirmer que la démarche de J.Martel est « bonne » ou « mauvaise », ce qui serait encore très duel. Il s’agit juste de suggérer qu’elle est une étape utile, mais provisoire dans la perspective d’un éveil à la façon du Cours en Miracles. Par contre, elle comblera ceux qui veulent juste vivre mieux dans la matrice.
Comme l’explique bien Ken Wapnick dans ses écrits, il y a une différence fondamentale entre d’une part, améliorer sa condition matérielle et morale dans ce monde, et d’autre part, s’éveiller de ce monde. Dans le premier cas, on déplace les meubles dans une maison en feu comme dirait Gary Renard, et notre mieux être, en plus d’être relatif, ne durera pas et de nouveaux défis reviendront sous une autre forme, ou dans la même forme. Dans le second cas, on affronte le feu de la souffrance sans le fuir pour en connaitre les véritables causes et la sublimer de l’intérieur (aidés de notre guide). C’est long, exigent, impopulaire, non partageable, ingrat au début car les « résultats » ne sont pas immédiats surtout dans la forme (or ils existent malgré tout, je vous l’assure). Mais c’est ce qui permet de quitter un jour la maison en feu en voyant, enfin, que cet incendie est uniquement un choix oublié dans notre esprit, et que cette maison de chair n’est pas notre véritable demeure. Avant cela, c’est déjà atteindre une paix intérieur que rien ne peut plus bousculer. C’est l’Esprit du Cours en miracles pour qui est prêt à le suivre.
Christalain – Novembre 2012.