l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
« Aussi longtemps qu’on te louera, crois bien toujours que tu n’est pas encore sur ta voie, mais sur celle d’un autre ». Nietzsche
Sommes-nous des êtres qui pensons devoir sublimer leurs corps physique ? « l'étheriser », construire un corps de lumière pour échapper au drame terrestre ? Ou sommes-nous déjà pure lumière éveillée rêvant que nous sommes des corps « solides » dans un monde qui semble réel ? Selon le postulat de base auquel nous croyons, toute notre pensée et notre vie en seront affectées de manière très différente. Dans le premier cas, nous pratiquerons une spiritualité « de masse, classique, homologuée et convenue » et dans le second, nous serons alignés avec la spiritualité du Cours en miracles et enseignements affiliés. C'est la voie radicale qui nous demande de « faire passer un chameau par le chas d'une aiguille ». Je ne parle pas bien sûr de la majorité hors de ces deux alternatives. Celle qui croit encore pouvoir créer le paradis terrestre par des voies politiques, sociales ou scientifiques et qui ne veut même pas entendre parler de spiritualité ou de métaphysique.
Bien que cela ait été maintes fois répété, l’expérience du « terrain » montre que ces distinctions sont loin d’être claires, y compris pour ceux qui ceux qui se réclament en affinité avec le Cours. Et j’en fais encore partie dans mes moments d'égarement. Ce n’est pas surprenant car il est bien difficile pour une rivière de sortir de son lit, creusé profondément dans la roche par le passage de l’eau durant des millions d’années. Ainsi, il n’est pas aisé de changer en un clin d'oeil sa façon de penser, conditionnée à travers ce qui semble être de multiples générations polarisées entre l’amour et la peur. Mais l'erreur serait de croire que cela est impossible, comme le hurle l'ego.
Il est clair que nous vivons une époque bénie du point de vue des opportunités « d'éveil ». L’emprise de la matrice « électro-ego-magnétique » se relâche toujours plus à mesure que des pionniers élargissent la conscience collective en sortant des sentiers battus. Ils découvrent les limites des voies « classiques », et la tromperie des voies de type « new-age ». C’est le grand danger du syndrôme 2012 : confondre cette époque comme une opportunité de faciliter l'évasion hors du rêve d’une part, et l’avènement d’un sauvetage global « automatique » pour tous d’autre part. Pour les plus pessimistes, on doit s’attendre même à une extinction de la race humaine. En ce qui concerne la matrice, le concept est intéressant, à condition de ne pas l’imaginer comme résultat d’un ennemi « extérieur » (dualité), mais comme un rêve auto-généré par notre croyance en la séparation.
En ce qui concerne mon expérience, il s’avère que plus je relâche mes diverses attaches de ce monde onirique, et moins les besoins et envies que j'éprouvais auparavant se font nombreux et pressants. Mais peut-être que l'age avançant aide au processus de désaccoutumance dans certains domaines. L'ego, lui, ne manque jamais une occasion de récupérer toute ouverture de conscience pour l'analyser selon ses critères, et qualifier ce détachement de lassitude, de refus de vivre, d'isolement, de désimplication. Pour lui, le « renoncement » est un échec. Mais pour l'Esprit, c'est une libération.
Pour une grande majorité de terriens qui ont la chance de manger à leur faim, le temps libre est consacré à courir les magasins, les manifestations mondaines diverses et les lieux à la mode. Est-ce tout cela vivre ? Etre occupé à tout prix pour échapper à l’intimité de l’âme ? Autant celle des autres que la sienne (car Il y a un seul Esprit). Il ne faut surtout pas, selon leur point de vue, pas ouvrir la boite de Pandore. Mais refuser la frénésie moderne n’implique pas forcément de se couper du monde. On peut malgré tout entretenir des contacts humains spontanés et authentiques, de l’amitié, des échanges simples entrecoupés de repos dans le silence et le ressourcement, c’est la voie du milieu. La quatrième voie dirait Gurdjieff.
A mesure que passent les années, les anciens vêtements tombent les uns après les autres, comme tombent les pelures de l’oignon de l’ego. J’ai le sentiment de m’éloigner des personnes en particulier, mais de me rapprocher de l’humanité en général, autrement dit du Soi, notre Soi. Cette transition engendre certes une cruelle solitude parfois, mais je la sais éphémère et illusoire. C’est la fin de la recherche, la fin de la spiritualité formatée par l’ego, celle qui se donne des airs de savoir, de pouvoir. Or, il n’y a rien qui puisse exercer une action réelle dans le monde du rêve, sauf le regard que l’on pose sur lui à travers le pardon authentique. Je sens donc de limiter mon « attitude spirituelle » à ce simple quarté : « Non-jugement, Acceptation, Pardon, Présence consciente ». Le dire n’est rien, mais le faire effectivement tout le temps et avec tous, y compris soi-même, voilà le défi.
On ne peut pas parler ici de « pratique spirituelle » au sens commun. Pas besoin de rituels, d’interminables apprentissages, de méditations, de satsangs, de retraites dans un Ashram indien, de gadgets, de cristaux, d’eau magique et autres poudres de perlimpinpin. Non, juste un désir ardent de rester attentif à ce que nos pensées intérieures projettent à l’extérieur comme des images symbolisant notre pseudo réalité extérieure. Et en même temps, c’est une volonté de pardon continue vis a vis de tout ce qui nous bouscule, même imperceptiblement : Nos émotions, nos pensées d’attaque, nos colères, nos peurs, nos jugements, notre culpabilité. D’un autre point de vue conceptuel, c’est une désidentification de l’expérience matricielle du rêve humain, par la totale acceptation du passage de ces perceptions à travers nous, sans résistance, dans la foi. Encore une fois, on ne peut pas lâcher ce que l’on pas a préalablement tenu fermement dans la main.
Je sais être encore loin de la traversé du désert biblique avec ses 40 jours de noirceur absolue qui précédent l’évasion finale. C’est un symbole, je ne suis même pas certain que cette étape soit nécessaire. Mais la confiance de l’Esprit me porte, me dessille les yeux et me montre que les pires déserts ont déjà été traversés, lorsque j’avais perdu toute foi, tout envie de vivre. Je me vois traversant un corridor qui mène à l’accouchement d’un plus vaste Soi. Sur les murs de ce couloir, je regarde les images jaunies de mon histoire, je ressens les émotions de mon enfance, j’écoute les musiques de mon adolescence. Je revisite puis relâche les clichés caduques qui constituaient la trame de mon rêve, de notre rêve à tous. Et je remercie tous les « autres nous-même » pour ce voyage sans distance de la sombre cécité à la claire vision.
Christalain – le « déserteur » . Juillet 2010. Révisé en décembre 2010.