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l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.

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On ne peut pas être libre demain - III

Entretien avec Éric Baret - Jean Bouchard d'Orval - Maison Raphaël - Paris, le 14 mai 1998

 

3ème et dernière partie: On ne peut pas faire autrement !

  

On aime ça, c'est soi-même. Quelque chose se passe. Ce n'est pas un acquis, ce n'est pas à vous. Une réaction surgit de nouveau et c'est également ça. Vous ne pouvez rien avoir dans la poche. Il n'y a rien à vendre. Ça s'appelle regarder, écouter, sentir, penser, quoi que ce soit, sauf dans notre histoire où il y a ceci et cela. On se rend compte du mécanisme, on aime ce mécanisme, parce que c'est nous-mêmes et c'est notre porte de sortie. On se rend compte de sa prétention à dire : " non, ça doit pas être comme ça, je devrais être comme ça. " Je devrais être sans peur. " Je " ne peut pas être sans peur ! Une personne n'est que la peur. On sent la peur, mais personne n'a peur. Il y a vibration, dilatation, chaleur, opacité, souplesse, élasticité, coloration, devant, en haut, derrière. Personne n'a peur ; il y a un ressenti. Vous sentez la peur, vous sentez la joie, vous sentez la tristesse, vous sentez l'agitation. Vous n'êtes pas l'agitation ; vous la sentez. Vous n'êtes pas la peur ; vous la sentez. Vous n'êtes pas votre genoux ; vous le sentez. Vous n'êtes pas votre voiture, votre compte en banque, votre peur non plus. Vous n'avez pas besoin de donner votre argent pour être libre de l'argent. Vous devez vous rendre compte qu'il n'est pas à vous.

 

Il n'y a rien dont on doive se débarrasser, surtout pas du corps ; c'est lui qui se débarrasse, au bon moment. Alors, ce qui est là, c'est l'essentiel. Ça se présente sous la forme du compte en banque, du divorce, du cancer, d'une naissance, d'une mort et de la compréhension d'une agitation. Mais vous n'avez plus la prétention de savoir ce qui devrait être là. Ce qui est là, c'est ce qui est là : c'est vous-même. Il n'y a pas d'espace pour bouger, il n'y a que mouvement. Ça, vous le voyez dans l'art : dans un grand danseur de Kata Kali, dans un musicien, dans une architecture, dans un poème, dans un enfant, dans un mourant, quand il n'y a pas d'histoire que les mourants ne devraient pas mourir, ou autre chose. C'est une résonance, ça ne se pense pas. Je ne le sait pas plus que vous, je le ressens exactement comme vous. Ce n'est pas à vous, ce n'est pas à moi. Il n'y a personne qui puisse le comprendre, le vivre. C'est ce qui fait que vous aimez la perception, que vous aimez un chat, que vous aimez un arbre : c'est parce que ce chat, cet arbre, c'est également cela. Vous vous aimez vous-même, dans ce qui se présente, pas dans ce qui devrait se présenter.

 

- Qu'est-ce qui peut faire qu'on ne perd pas le fil qui nous relie à l'essentiel ?

C'est une histoire. Vous cherchez demain plus de réaction, de dynamisme. Si vous étiez un sage, ça serait inacceptable de perdre la sagesse. Si vous étiez libre, ça serait inacceptable d'avoir une peur. Mais si vous n'avez pas d'histoire, il n'y a pas de demain : vous n'avez rien à garder, à défendre, à protéger. Vous n'avez pas une sagesse qui a peur de la peur, une sagesse qui a peur de l'histoire. Il n'y a rien, …surtout pas de sage. Ça il faut vraiment le comprendre, sinon ça va être demain. Je l'entends comme ça, ce n'est pas une vérité ; c'est à vous de voir comment ça résonne. C'est cette résonance qu'on a en unité. Ça ne peut pas aller de l'un à l'autre, car il n'y a qu'une résonance. Tout ce que vous sentez, c'est à vous : c'est toujours votre résonance, il n'y en n'a pas d'autre. Sauf dans une histoire. Mais il faut oublier cela, sinon c'est en train de devenir une belle histoire. Peut-être qu'au niveau des mots, ce qui a le plus approché cette résonance qu'on ressent tous c'est le Sermon des pauvres de Maître Eckhart. C'est également un texte de Baliani, mais surtout le Sermon des pauvres de Maître Eckhart, quand il parle de l'humilité. Mais il n'y a personne qui est humble. Il faut le comprendre. J'ai passé une fois un après-midi avec l'ancien conservateur du musée de Los Angeles dans la collection tibétaine, le docteur Pal, un Indien très sympathique. Nous discutions ensuite de différents objets de ces collections. Il m'a expliqué pendant une heure, avec de nombreux exemples à l'appui, combien il était humble, comme seul un Indien peut le faire…

 

Il ne faudrait pas avoir une nouvelle histoire, quand on formule ce qui est ici un jeu. Parfois, certaines personnes se sentent inconfortables, comme si on enlevait quoi que ce soit. Au contraire, quand vous pressentez qu'il n'y a rien à trouver dans la vie, tout est à votre disposition : vous pouvez devenir ce que vous voulez. Mais vous ne prétendez plus que c'est entre vos mains. Vous laissez la nature vous faire tortionnaire, vous faire boucher, vous faire sage, vous faire musicien ; vous dites merci. Alors là vous trouvez vraiment votre rôle dans la création. C'est une histoire aussi ; mais c'est vrai aussi. Il ne s'agit pas de rester sur une chaise et de ne pas bouger. Vous pouvez aussi courir très vite, brasser le monde, mordre et être mordu. C'est le jeu de la vie, mais vous ne vous cherchez pas là-dedans. C'est la vie qui vous amène où vous devez être. C'est toujours juste et vous le savez parce que c'est ce qui arrive. Il y a un sentiment de liberté.

 

C'est la prétention d'être indépendant qui amène cette oppression terrible de pouvoir se tromper : vous vous êtes trompé, on s'est trompé dans son passé. Cette impression de ne pas avoir été juste, de ne pas arriver à être juste maintenant, de penser ne pas être juste demain. Ça, ça vous quitte. Tout ce que vous avez fait a toujours été parfait et vous ne l'avez jamais fait. Ce sont des réactions chimiques : je vous mords le genou, votre jambe bouge. La bouche a mordu, personne n'a mordu. Personne n'a bougé, c'est une bouche et un genou. Vous n'êtes pas obligé de vous approprier cela. Il n'y a qu'un mouvement. Vous pouvez devenir empereur, un grand roi comme Janaka - ce qu'il a symbolisé - ou un balayeur. Vous ne devenez rien. Ce que vous êtes fait pour accomplir, ça va s'incarner. Maharaja était un homme très vulgaire, Krishna Menon était un homme très élégant. Chacun remplit son rôle. Un jour, on a demandé à Maharaja : " Cette vulgarité, cette agitation qu'on sent en vous… " Il a dit : " Oui, je suis d'une caste vulgaire, je suis agité, mais je suis libre de ça. Et vous qui êtes assis en méditation devant moi, vous êtes agité. Vous vous prenez pour la méditation. "

 

L'agitation apparaissait chez Maharaja. Moi je l'ai vu dix fois en train de menacer sa belle-fille, devenir rouge, presque écumer, l'insulter avec les mots les plus orduriers qu'aucun brahmane ne pouvait traduire sans déchoir de sa caste. Il était libre. Son corps et son psychisme insultaient sa belle-fille. Il y avait des gens assis devant lui en lotus, très calmes, mais ce n'est pas là qu'il y avait la liberté. Il n'avait rien à prétendre, il ne prétendait pas être un sage. Dans les livres, c'est arrangé. C'est une expression presque propre de parler autrement. C'était amélioré dans les livres : pas l'essentiel, la forme. On veut toujours se libérer de l'agitation : c'est ça l'agitation, c'est ça le manque de respect. On se rend compte ; on accepte en soi cette tendance de toujours vouloir, vouloir. Quand vous acceptez profondément cette tendance, rien ne se passe. Là il n'y a pas d'agitation, sauf quand elle se présente.

 

L'expression de Maharaja a fait beaucoup de bien. Je connaissais beaucoup d'élèves de mon maître, qui était un homme élégant, raffiné, cultivé, riche, beau, tranquille, qui s'habillait très bien, avec des chaussettes en soie, des pull-overs de très haut prix, qui avait deux Mercedes, un chalet en Suisse, trois appartements à Lausanne, la plus belle maison de Saint-Paul de Vence, qui connaissait admirablement la musique classique, le théâtre antique. Alors beaucoup de ses élèves se sont mis à se raffiner, à porter des chemises blanches, à aller au concert, à manger avec subtilité. Et puis certains ont eu la chance de rencontrer Maharaja : ça leur a fait beaucoup de bien ! Quelque chose s'est passé : ils n'ont plus essayé. Ceux qui était naturellement purs, sattviques, le sont restés. Ceux qui étaient naturellement agités le sont restés aussi. À ce moment-là une clarté peut se présenter. Mais quand on veut changer sa nature, changer ses composantes chimiques, être autrement que ce qu'on est, c'est une insulte à ce qui est au-delà de la nature.

 

C'est de se rendre compte en soi-même quand on essaie d'être sage, d'être libre, d'être ouvert, d'être disponible ; se rendre compte de sa prétention et l'accepter. Ça c'est la porte. Il n'y a pas de porteur. Quand vous invitez une troupe de Kata Kali pour un spectacle, souvent, pour qu'ils montent sur scène, il faut qu'il y ait une bouteille de whisky. Dans tous les cas, après le spectacle, il faut avoir de nombreuses bouteilles de whisky. Mais pendant le spectacle, il n'y a que la perfection. Il n'y a personne de parfait sur scène, il n'y a que la perfection. Mais quand on n'est pas clair, on est étonné après. On va au restaurant avec les danseurs, on est étonné. On se dit : " Mais c'est pas possible ! Comment quelqu'un d'aussi vulgaire peut être la perfection ? " Il n'y a que la perfection, mais personne ne peut l'avoir dans sa poche. Elle passe autant au restaurant après ; mais dans notre histoire, nous ne le savons pas. Il n'y a pas de bons danseurs, il n'y a que la danse. C'est pour cela qu'au Japon il y a des masques et qu'en Inde on peint le visage. Il n'y a pas d'acteur, il y a action. C'est pour ça que l'art est la forme extrême de l'intelligence, de la beauté, de la compréhension. C'est ce qui va le plus loin, parce qu'il n'y a pas d'acteur. C'est quand il n'y a pas d'acteur, qu'il y a un bon acteur : c'est parce qu'il n'est pas son rôle qu'il n'est que son rôle. Mais un acteur qui se prend pour son rôle le congestionne.

 

Vous pouvez le transposer. C'est pour ça que dans la musique indienne, dans la peinture indienne, dans la sculpture, vous n'avez que des émotions qui sont montrées. Même l'émotion de la tranquillité n'est pas plus haute que la peur. C'est un raga parmi les autres. Pourquoi ? C'est comme à l'opéra. Tout le monde s'égorge, à la fin : vous applaudissez, c'était merveilleux. Qu'est-ce qui était merveilleux ? Ce n'était pas l'histoire, c'était l'émerveillement. Dans la musique c'est la même chose. Dans la peinture indienne c'est surtout la séparation. C'est Radha qui cherche sous toutes les branches de Brindavan si Krishna est là. C'est sa souffrance qu'elle exprime dans la poésie, dans les grands poètes. La souffrance c'est quoi ? C'est la beauté ! C'est pas de se libérer pour être libre. L'émotion c'est la liberté, quand elle a pas d'histoire, quand elle est ressentie. C'est pour ça qu'après un raga de la séparation, le raga de la terreur (le Bhairava raga), ou le raga de la paix, quand les dernières notes se meurent dans votre cœur, vous avez la même joie. Le reste c'est une histoire, une histoire nécessaire pour trouver cette tranquillité. C'est la même chose pour les émotions. La peur apparaît : elle va s'effondrer dans votre écoute. C'était votre raga. Il faut l'écouter.

 

- De temps en temps, je m'ennuie…

C'est votre chance ! Pour quelqu'un d'autre c'est une gifle, pour quelqu'un d'autre c'est un viol, pour quelqu'un d'autre c'est de gagner à la loterie nationale. Pour vous, c'est l'ennui : c'est ce qui vous vient, c'est l'essentiel, c'est l'absolu. Vous sentez l'ennui, vous le sentez. Vous fermez les yeux : c'est dans la gorge, dans la poitrine, dans le ventre. Vous écoutez : c'est une caresse. Vous êtes attaché sur votre lit et c'est une nouvelle maîtresse qui vous caresse : vous ne pouvez rien faire. C'est ça l'ennui. Vous vous laissez faire : vous ne pouvez pas influencer sa main, son pied, ses lèvres. Vous vous laissez faire. Quelque chose se fait. Vous allez voir, vous ne vous ennuyez plus !

 

Vous sentez la main. Quelque chose va se faire. Sur un certain plan c'est, bien sûr, l'histoire que les choses devraient être autrement : si vous étiez en train de faire un pèlerinage à Dharmanath, ou la Khumba Mela, la semaine dernière, vous vous ennuieriez moins… peut-être quelques jours : l'ennui revient, il n'y que l'ennui. L'ennui c'est notre histoire, c'est se prétendre quelqu'un : on s'ennuie, c'est vraiment ennuyeux… À un moment donné, vous n'avez plus la prétention d'être un quelconque clown pour vous-même, c'est-à-dire d'être un quelconque non-ennui. Vous vous rendez compte que c'est l'état ultime, l'ennui, parce qu'il n'y a effectivement rien qui ne soit ennuyeux, quand on le regarde du point d'une histoire ! Ce qui plaît aujourd'hui, demain, vous le savez très bien, va vous laisser indifférent : c'est ennuyeux. Tout ce que vous allez acquérir aujourd'hui, vous allez le perdre demain. Tout ce que vous savez, vous allez l'oublier. Vous allez devenir gâteux. C'est ennuyeux tout ce que vous savez. Tout ce que vous avez c'est ennuyeux. Vous le pressentez et vous écoutez l'ennui.

 

Quand vous n'avez plus la prétention de vouloir vivre comme ceci et que ce serait moins ennuyeux, quelque chose se fait également. Il ne faut surtout pas essayer de quitter l'ennui, parce que ça revient tout de suite ! Faire autre chose n'est pas moins ennuyeux. Dévaliser une banque est aussi ennuyeux que d'être facteur. Si vous êtes fait pour l'un ou pour l'autre, vous le faites ! Vous le faites avec tout ce que vous avez, mais pas pour quelque chose. On a besoin de voleurs de banque, sinon il n'y en aurait pas. On a besoin de facteurs, sinon il n'y en aurait pas non plus. Ils ont un sens très profond tous les deux. Ils concourent à l'essentiel tous les deux, pas un plus que l'autre. Les sages n'apportent pas plus que les criminels ; ça c'est une histoire. Comment on le sait ? Il y a les deux ! Pour vous, l'ennui c'est votre ishta devata. C'est votre objet de méditation, mais pas conceptuellement. Vous êtes intelligents, vous allez faire le circuit très vite : rien ne s'est passé. Sensoriellement, peut-être que la première fois c'est bizarre de vous dire où est l'ennui. Je dirais, pour parler pratiquement, de ne même pas chercher l'ennui ; sinon vous allez encore trouver un concept. Vous vous laissez faire, ne l'oubliez pas ! C'est elle qui vous caresse, ce n'est pas vous qui vous caressez. Vous ne dirigez même pas votre attention sur la caresse : vous vous laissez faire. Ça va venir. Peut-être pas la première fois, mais ça vient.

 

Vous allez voir, c'est une légère amertume, c'est une compression, une oppression, un inconfort. Ne nommez même pas. Vous sentez. Vous ne dites pas où c'est, parce que dire " le ventre, la gorge ", c'est un concept. Vous sentez. Quelque chose se fait, quelque chose se défait. Vous ne cherchez pas à défaire ! Ce qui vous intéresse, ce n'est pas de défaire l'ennui ; ça c'est pour les yogis. C'est de vous trouver dans l'écoute, ce n'est pas dans ce que vous écoutez. Vous écoutez l'ennui. Vous allez vous trouver dans l'accueil et là il n'y a plus d'ennui. C'est l'essentiel. L'ennui était votre chance : vous trouvez l'accueil. Pour quelqu'un d'autre, c'est l'agitation. Vous ne voulez plus vous ennuyer, alors vous vous ennuyez toute votre vie !


Il faut comprendre le mécanisme. Pas raccommoder. Vous êtes assis, vous êtes sur la tête, dans la position que vous trouvez confortable. Vous êtes caressé et à un moment donné vous pensez à votre nouvel amant, à votre nouvelle amante, à votre chien, à votre compte en banque, à votre nouvelle religion, à votre gourou. N'essayez pas de revenir, de vous dire " non, non, je suis agité " ; non, allez à la pêche, allez voir le gourou. De nouveau, à moment donné, l'écoute est là. Allongez-vous, asseyez-vous, laissez venir, laissez venir. Vous vous rendrez compte que vous pensez à votre grand-mère : c'est parfait. Surtout ne revenez pas, ce serait une insulte. Allez à la pêche. Un autre jour, vous sentez l'ennui, allongez-vous, asseyez-vous, ou marchez. Il en vient d'autres. C'est comme un iceberg, on ne voit que le top. Petit à petit, ça monte. Vous le sentez là et puis vous allez voir, ça va être là. C'est dans la nuque et puis c'est là. Tout vient. À un moment donné, vous pensez à nouveau à votre grand-mère. Vous vous rendez compte également que vous n'avez pas à revenir, que vous êtes revenu. C'est parce que vous êtes revenus que vous savez que vous étiez parti.

 

Quand vous pensez à votre grand-mère, vous ne savez pas que vous pensez à votre grand-mère. Quand vous savez que vous pensez à votre grand-mère, vous n'y pensez plus. Alors vous restez là, vous ne cherchez pas à revenir. De nouveau, vous êtes là et à un moment donné, il n'y a plus de grand-mère : il n'y a que la sensation. Au début, c'est grossier : c'est lourd, c'est chaud, c'est froid, c'est élastique. Mais très vite, il n'y a plus de mots : ni en haut, ni ne bas, ni chaud, ni froid. Si vous connaissez l'art, il y a encore quelques expressions de l'art qui pointent encore, mais très vite il n'y a plus rien qui pointe ; il y a le ressenti. Ce ressenti va se dilater en vous : il y a d'abord la lourdeur, la pesanteur, la chaleur. Ça monte, ça s'étale, ça va complètement dépasser votre corps, remplir un espace. Vous ne poussez pas, vous ne faites rien : vous n'êtes pas en train de faire une expansion, comme on fait chez les yogis. Vous laissez faire, vous n'entretenez rien. Vous allez voir : tout ce qui s'est étalé, cette énergie qui s'est déployée complètement dans l'espace, de sa propre nature, un peu comme une coupe de champagne qu'on laisse tranquille, ça explose, puis ça redescend, ça redescend, ça redescend, ça redescend… puis à un moment donné il n'y a plus rien.


Si c'est le soir, vous êtes dans le sommeil profond, si c'est dans la journée, vous êtes dans ce qu'on appelle la méditation : vous savez que vous n'êtes rien. Ça se transforme à chaque instant. Au début, il faut du " temps ", mais, à un moment donné, vous voyez en vous l'impulsion : vous l'accueillez, ça va se vider complètement. Le but n'est pas que ça se vide ! Ça c'est encore du yoga. À un moment donné, vous allez vous sentir derrière cette expansion qui est derrière cette réduction, parce que vous ne mettez pas l'accent dessus. Si vous voulez devenir un yogi, faites du yoga : vous allez vous trouver toujours dans l'expansion et dans la résorption. C'est ça le yoga.

 

Source: notefish.com 

 

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A
<br /> <br /> J'aime bcp ce "serieux" sens de l'humour, ça provoque des rires et sourires, ça détend. Merci!<br /> <br /> <br /> <br />
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