l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
Puisque nous existons comme pur-esprit en parfaite harmonie avec Dieu, dans l’unité paisible de tout ce qui EST, comment avons-nous pu nous retrouver disséminés dans des corps de chair, errant dans ce monde conflictuel et apeurant ? La religion chrétienne, à travers le mythe de « la chute », explique qu’Adam et Eve, nos lointains ancêtres, ont été chassés du paradis pour avoir mangé le fruit défendu. Puis Jésus est venu « expier » nos péchés en venant se sacrifier sur la croix. Nous devrons néanmoins attendre le jugement dernier pour savoir si notre vie a été assez vertueuse et si nous sommes dignes de regagner la maison du Père.
Le Cours propose une toute autre version en corrigeant les interprétations erronées de la bible qui se sont cristallisées dans notre inconscient collectif au fil des siècles. Or, les explications de Jésus à travers le Cours semblent aller à l’encontre de ce que nous croyons être le « bon sens » de notre logique, de notre « intelligence ». Pour cette raison, la plupart des étudiants du Cours (se) posent un jour cette célèbre question sous diverses formes :
« Comment a-t-on pu se séparer de Dieu ? Comment l’erreur originale a-t-elle pu se produire ? Pourquoi quitter le Ciel où tout nous est déjà donné ? Comment sommes-nous arrivés dans ce monde de souffrance alors que nous habitions le paradis ? ».
Ken Wapnick l’appelle « la fameuse question » car elle est très fréquente et inévitable pour un étudiant du cours à un moment ou à un autre de son cursus. Le Cours répond très simplement à cette première série de questions : La séparation ne s’est pas réellement produite, le fils de Dieu est toujours au ciel mais il s’est endormi et fait un rêve d’exil. Or, dans ce cas, il semble tout à fait légitime de poser ensuite une nouvelle série de questions qui ne représente en fait qu’une variante de la première : « Pourquoi Dieu nous a-t-il crée capable de faire des rêves ? Comment une idée de séparation (dualité) peut-elle naître d’un esprit totalement unifié (état de non-dualité) ? Comment l’imperfection peut-elle naître de la perfection de Dieu ? ».
Le Cours répond à de nombreuses autres questions que l’ego peut poser et ne manque pas d’arguments convaincants, étant parfaitement logique et cohérent quand il s’adresse à notre esprit rationnel. Or cette question sur l’origine de l’idée de séparation ne peut pas trouver de réponse intellectuellement satisfaisante, mais seulement une expérience à vivre lorsque nous serons prêts. Comme l’ont déjà exprimé des sages de tous temps, aucun système linguistique et conceptuel issu du mental ne peut exprimer convenablement ce qui se trouve au-delà de la dichotomie sujet-objet, au-delà de la conscience elle-même. Comprendre l’origine de la « séparation » reviendrait à comprendre l’unité d’où elle serait née, ce qui est impossible depuis notre état d’esprit actuel, né de la dualité. Le contenu du Cours transcende la raison et nous invite à aller expérimenter par nous-mêmes ce qu’il pointe du doigt avec les mots que nous pouvons comprendre, mais qui ne sont encore une fois que « des symboles de symboles ».
Ainsi, nous en sommes réduits à nous satisfaire d’un autre « mythe », même si celui que nous offre Jésus est nettement plus élaboré que celui de la bible. Il retrace symboliquement les étapes qui nous ont conduits à cet état apparent de séparation. Le Cours ne peut pas donner de réponses dans le même système de pensée qui a donné naissance à ces questions. Qui pose toutes ces questions si ce n’est l’ego ? Celui-ci représente justement la manifestation de l’idée de séparation et il se demande « d’où il vient », tel un enfant orphelin. Comme nous le développerons plus loin, l’ego pourrait se définir comme la partie de l’esprit qui choisit de croire que la séparation est réelle et ses questions sont posées à partir de l’intérieur même de l’illusion de la séparation. Mais l’enseignement du Cours nie toute réalité à cette idée folle de séparation qui ne concerne en rien Dieu et le Christ, toujours unis au Ciel. Reconnaître cette idée de sécession reviendrait à quitter l’unité, quitter « tout ce qui est», or cela est impossible. Pour cette raison, le Cours la qualifie de « petite idée folle dont le fils de Dieu a oublié de rire ». Car en réalité, l’ego n’est jamais né.
Le mythe proposé par le Cours nous enseigne donc qu’une partie de l’esprit du fils de Dieu s’est assoupie et qu’une idée insensée lui a traversé l’esprit pendant son rêve : « Est-il possible d’avoir plus que tout ? Est-il possible d’obtenir l’amour de Dieu de façon particulière ? Est-il possible d’exister à part de Lui, dans une identité distincte, de façon indépendante, différente et autonome ? ». Une partie de la filialité a « succombé » en ne réalisant pas immédiatement l’impossibilité de cette idée. En effet, Il est impensable de rompre la continuité de Dieu et de son fils, mais il est possible de rompre la communication au sein d’un rêve. Dans ce rêve, le fils de Dieu semble disposer de pouvoirs « spéciaux » sous la forme d’une volonté particulière à part de celle de son Père. Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, cette idée prise au sérieux nous a propulsé immédiatement hors du pur-esprit de Dieu, lequel ne peut concevoir autre chose que la parfaite unité. Il s’en suivra un rêve toujours plus profond et obscur de séparation et de fragmentation dans ce que Ken Wapnick appelle le deuxième niveau, celui de la dualité et de la forme.
Identifiés à nos egos, nous sommes convaincus que notre compréhension du processus « de la chute » serait une puissante contribution à la compréhension de la vérité. Mais Jésus nous rappelle que nous n’avons pas besoin de comprendre quoi que ce soit. Nous avons juste besoin d’effectuer nos leçons de pardon à travers nos relations (au sens large du terme). Ainsi viendra l’expérience qui mettra fin à toutes nos questions. Il nous conseille juste de ne pas laisser la théologie nous retarder, ce qui ne représenterait qu’une résistance de plus de l’ego à abdiquer devant l’évidence de la vérité. Le Cours n’est pas un traité de spéculation métaphysique et religieux. S’interroger sans cesse sur « la séparation » est une autre façon de perpétuer cette erreur à chaque instant car elle s’est produite « hors du temps », et non pas dans un « lointain passé ». Pour cette raison, elle peut se corriger à tout moment, dans l’instant Saint. Mais il est nécessaire auparavant d’enlever toutes les barrières que nous avons érigées contre Dieu.
Christalain - L'Esprit d'un Cours en Miracles - chapitre 10.