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l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.

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A propos de la maladie (I)

Quelques extraits du livre de Georg GRODDECK  "Le livre du ça", au sujet de la maladie (écrit en 1923...) 

 

Le commencement de la maladie — les premiers symptômes méritent toujours l’attention, car ils révèlent une grande partie des intentions du Ça.   

 

 

La maladie a une raison d’être : elle doit résoudre le conflit, le refouler et empêcher ce qui est refoulé d’arriver au conscient ; elle doit punir la transgression de l’interdit et cela va si loin que d’après le genre, le lieu et l’époque de la maladie, l’on peut déduire le genre, le lieu et l’époque du péché méritant cette sanction. Quand on se casse le bras, c’est que l’on a — ou que l’on voulait — pécher par ce bras : assassiner, voler, se masturber… Quand on devient aveugle, c’est que l’on ne veut plus voir, que l’on a péché par les yeux ou qu’on avait l’intention de le faire ; quand on devient aphone, c’est que l’on possède un secret et n’ose pas le raconter tout haut. Mais la maladie est aussi un symbole, une représentation d’un processus intérieur, une mise en scène du Ça, par laquelle il annonce ce qu’il n’ose pas dire de vive voix. En d’autres termes, la maladie, toute maladie, qu’on la qualifie de nerveuse ou d’organique, et la mort, sont aussi chargées de sens que l’interprétation d’un morceau de piano, l’allumage d’une allumette ou le croisement des jambes l’une sur l’autre. Elles transmettent un message du Ça avec plus de clarté et d’insistance que ne le ferait la parole, voire la vie consciente.

 

 

Le complexe d’OEdipe domine la vie des êtres humains. Mais je ne sais pas très bien comment je dois répondre à votre souhait d’en entendre davantage à ce sujet. Vous connaissez sûrement — ou trouverez sans peine dans quelque recueil de mythologie — la légende d’OEdipe : le héros est l’assassinat à la fois innocent et coupable de son propre père et engendre, au cours de rapports involontairement incestueux avec sa mère, des enfants infortunés. Que le contenu de ce mythe — passion sexuelle du fils pour leur mère, haine meurtrière pour le père — soit typique et s’applique à l’humanité de tous les temps, que dans cette légende se dévoile à demi un profond secret de la qualité d’homme, cela je l’ai déjà dit.

 

 

La résistance apportée par le malade au médecin est l’objet de tout traitement analytique. Le Ça ne souhaite pas guérir tout de suite, si fort que le malade soit incommodé par la maladie. Au contraire, la persistance des symptômes prouve, en dépit de toutes les assurances, les plaintes et les efforts de l’être conscient, que cet être veut être malade. C’est important, ma chère. Un malade veut être malade et il se débat contre la guérison comme une petite fille gâtée, qui meurt d’envie d’aller au bal et se défend par des simagrées de s’y rendre. Il est toujours utile d’examiner de près les prétextes de ces résistances au médecin ; ils dévoilent toutes sortes de particularités propres au malade.

 

 

Le malade a droit aux soins, le malade « extorque » les soins. Toute maladie est un renouvellement du stade de nourrisson, trouve son origine dans la nostalgie de la mère ; tout malade est un enfant ; toute personne qui se consacre aux soins des malades devient une mère. La délicatesse de santé, la fréquence et la durée des mala-dies sont un témoignage de la profondeur des sentiments qui attachent l’être humain à l’imago de la mère. Vous pouvez même — et la plupart du temps sans risquer de vous tromper — aller plus loin encore dans vos déductions et penser que quand quelqu’un tombe malade, il est probable qu’à une époque très proche du début de la maladie un événement lui a rappelé avec une acuité particulière l’imago de la mère, l’imago de ses premières semaines de nourrisson. Je ne crains pas d’ajouter, ici aussi, le mot « toujours ». Car il en est toujours ainsi. Et il n’existe pas de meilleure preuve de passion pour la mère, de dépendance du complexe d’OEdipe qu’un constant état maladif.

 

 

Qu’un malade voie un père dans son médecin s’explique. Le transfert au médecin de l’affect envers le père ou la mère survient au cours de tous les traitements ; il est déterminant pour le succès et selon que le patient, dans sa vie sentimentale, a été plus attaché à son père ou à sa mère, il préféra le médecin énergique ou le médecin débonnaire. Il vaut mieux pour nous autres médecins rester conscients de ce fait ; car les trois quarts de notre succès, sinon bien davantage, reposent sur l’enchaînement de circonstances qui nous a donné quelque ressemblance de caractère avec les parents du patient. Et la plupart de nos échecs peuvent également être attribués à ce genre de transferts, ce qui, dans une certaine mesure, peut consoler notre orgueil du dépit que l’on éprouve à reconnaître le transfert comme le seul médecin. « Sans mérite ni dignité », ces paroles de Luther doivent rester présentes à l’esprit de ceux qui veulent vivre en paix avec eux-mêmes.

 

 

Je puis cependant dire ceci : plus le conflit intime de l’être humain est profond, plus les maladies seront graves, puisqu’elles représentent symboliquement le conflit et, réciproquement, plus les maladies sont graves, plus les désirs et la résistance à ces désirs seront violents. Cela s’applique à toutes les maladies, pas seulement à celles des époques.

 

 

Car ne meurt que celui qui veut mourir, celui à qui la vie est devenue insupportable.

 

 

Georg GRODDECK - Le livre du ça -  (à suivre) 

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