l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
En raison de la difficulté à gérer leurs souffrances et du soulagement que procure le fait d'être entendus, des millions de gens dépensent des fortunes en quête de psychothérapeutes, dont le rôle consiste à écouter. Être à l'écoute professionnellement, c'est pénétrer un territoire sans destination. Il ne s'agit pas seulement d'entendre des mots ou de déchiffrer les cunéiformes du langage corporel. Voici la définition du mot écouter dans le dictionnaire Webster : « Entendre avec une attention réfléchie. »
Et pourtant, lorsqu'on prête une oreille attentive, la pensée suspend son cours. On écoute avec le système limbique et une oreille intuitive, tout autant qu'avec le cortex cérébral. Il est nécessaire de faire le vide en soi afin d'assimiler l'histoire de l'autre, de s'ouvrir aux mouvements énergétiques de l'émotion, de s'unir, par l'empathie, à l'expérience de l'autre. Nonobstant la formation ou l'orientation du thérapeute, voilà le secret de la réussite de n'importe quelle thérapie : l'écoute attentive, comme par une grâce, transforme la souffrance. Dans une culture qui respecte davantage la tête que le coeur, l'on n'enseigne généralement pas aux étudiants en psychothérapie l'art de l'écoute attentive. Les thérapeutes en herbe apprennent à théoriser et à analyser, à diagnostiquer et à pronostiquer, à interpréter et à questionner. Mais jamais à écouter.
Si la souffrance d'une personne est entendue clairement lors d'une séance de psychothérapie, un processus alchimique se déclenche. Quelque chose qui, au départ, prend la forme d'une angoisse désespérée, mais inarticulée, ou encore d'une mystérieuse douleur dans le corps, devient alors cohérent, tel un récit. Parfois, une histoire inattendue ou un fragment de récit fait surface. Le souvenir diffus d'une agression par une bande de garçons se dessine plus précisément et le visage des assaillants apparaît, parmi lesquels on reconnaît un frère ou un cousin. L'espace d'un instant émerge l'image fugace d'un père, un fusil sur la tempe, réfléchissant à son suicide imminent. « Cette histoire est-elle avérée ? interroge le narrateur. S'est-elle vraiment produite ?»
D'autres fragments discordants devront être incorporés graduellement. Dans d'autres cas, aucune histoire nouvelle n'émergera, mais bien plutôt un souvenir ancien qui, cette fois, sera éprouvé dans son intégralité. Les émotions ne sont plus alors séquestrées dans un coin obscur de la psyché, là où personne ne peut les entendre. Jaillira alors une vitalité renouvelée.
Les rétributions de l'écoute, cependant, ne sont pas toujours attendues ni bienvenues. Robert se propose de suivre une thérapie afin d'évaluer son mariage. Il est marié depuis douze ans et père de trois enfants en bas âge. Il n'est pas heureux avec sa femme, et aimerait parvenir à mieux écouter. Peu à peu, à mesure qu'il explique avec davantage de sincérité sa souffrance dans ce rapport, il comprend que Jane n'est pas la seule à ne pas lui prêter attention ; en effet, il n'est pas non plus à l'écoute de lui-même. Il se met donc davantage à l'écoute et ce qu'il entend le déçoit.
La peur qu'il avait que sa femme ne l'aime plus s'inverse et il comprend que ce qu'il redoute encore plus, c'est que lui ne l'aime plus... Et qu'à dire vrai, il ne l'a jamais aimée. Il s'est marié tout jeune homme, se connaissant mal, ignorant tout de ses motifs et de la personne qu'il épousait. Le récit de la souffrance de Robert n'est plus celui d'une femme indifférente, mais d'un homme qui craint de n'avoir jamais aimé quiconque et doute d'en être capable. Et cette dernière histoire est bien pire que celle qui l'avait d'abord incité à consulter. Elle le confronte à un choix terrifiant : préserver cette union ou y renoncer.
Pour parvenir à une solution, Robert a dû entreprendre une démarche abrupte et difficile afin de guérir grâce à ses émotions sombres. Écouter sa propre souffrance peut révéler une connaissance menaçante. Que découvrirons-nous, si nous tendons vraiment l'oreille ? Serons-nous en mesure d'accepter ce que nous apprendrons ? Qu'exigera de nous cette découverte ?
Entreprendre un tel voyage requiert un grand courage, celui de guérir. De même qu'écouter les autres favorise leur guérison, l'écoute de soi recèle la clé de l'autoguérison. La guérison la plus profonde découlera souvent de la douleur la plus aiguë, précisément parce que celle-ci ne disparaîtra pas et nous contraindra à y plonger ; si nous n'y prêtons pas attention, l'unique alternative serait de nous dissocier de la vie elle-même. Ainsi, la douleur peut s'avérer un excellent maître de l'écoute.
Par l'écoute de nous-mêmes, nous découvrons qui nous sommes, ce que notre corps sait et la sagesse émotionnelle que recèlent nos cellules. Tout doucement, si nous respectons ce que nous entendons, la guérison survient et nous nous mettons à vivre pleinement. Prêter une oreille attentive à ce qui fait mal dévoilera ce que la vie exige de nous. Le langage du coeur n'aura plus de secrets pour nous. Et nous obtiendrons les conseils dont nous avons besoin.
Miriam Greenspan
Extrait de « Guérir de la détresse émotionnelle » - éditions Ariane