Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : AXIALMEDIA - UN COURS EN MIRACLES - accueil: cliquez ci-dessous
  • AXIALMEDIA - UN COURS EN MIRACLES -  accueil: cliquez ci-dessous
  • : l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
  • Contact

Un cours en miracles


Vous pouvez rejoindre la  famille  du "COURS EN MIRACLES" (et de la non-dualité authentique) en me contactant directement pour des rencontres "réelles dans l'illusion" , notamment dans la région "Ain, jura, Rhône, Haute-savoie". Consultez l'annuaire
A bientot !  
Christalain

 

 

 Cliquez sur la photo :


"La connaisance qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre aussi clairement que tu es libre" . UCEM

 

Bienvenue sur Axialmedia, blog dédié à l'exploration de la conscience, à la connaissance de "Soi". Une approche holistique à travers des articles, des partages à la fois personnels et collectifs. Un peu d'analyse, un peu de poésie, un peu de littérature, un peu de philosophie, un peu de psychologie, beaucoup de métaphysique...  un peu de tout ce qui peut favoriser le rappel de notre véritable nature. Présentation générale du blog ici. Mais Axialmédia, c'est surtout une approche de l'éveil  dans l'esprit non-duel d'Un Cours en miracle: radicale et sans concessions.  A ce propos, avant la lecture de tout article en rapport direct avec le Cours en miracles, il est vivement conseillé de consulter cet article. Pour tout commentaire général, toute question particulière, ou toute suggestion, toute critique ou tout encouragement, n'hésitez pas à m'écrire.   christalain.1000@orange.fr
     
       ***             
               
" Le secret du réveil à ton immortalité, c'est la maitrise non des choses de ce monde, mais du regard que tu poses sur lui ".   Gary Renard
 

 

Archives

Mise a jour le :


1er novembre 2016   

 

* "En passant..."

 

* "Nomade in love"

 

*  "Un Cours en miracles vu par S.Sobottka"

   

 

3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 21:54

Le Ciel est-il le but du Cours ? Non.

Quel est-il ? Le but du Cours est d’atteindre le monde réel.

Quand est-il atteint ? Quand nous ne percevons plus autre chose que des cassettes de pardon et d’union, alors toutes les autres cassettes de peur, de souffrance et de mort disparaissent. Dans le monde réel, nos perceptions ne sont plus déformées par la projection de notre propre culpabilité ou croyance au péché de séparation mais sont plutôt le prolongement de l’amour du Saint-Esprit. Cet amour est le but du Cours et nous amène à la fin du chemin de Correction.

 

Le monde réel fait encore partie du monde de l’illusion et ainsi n’est pas le Ciel. Il est un symbole et non un fait. Le seul fait est le Fait de Dieu. Le monde réel est un pur reflet de la réalité et de l’unité du Ciel à l’extérieur de l’esprit séparé. Il ne réfère pas au monde physique, mais à l’attitude de pardon qui est maintenant au-dedans de l’esprit qui a reconnu son innocence, sa non-culpabilité.

 

Vivre dans le monde réel est d’avoir accepté toutes les corrections du Saint-Esprit. Jésus nous dit dans le texte : «J’enseignerai avec vous et vivrai avec vous si vous voulez penser avec moi, mais mon but sera toujours de vous décharger finalement du besoin d’un enseignant». Le monde réel n’est pas la négation du monde. Bien que les yeux du corps voient la même chose qu’avant, l’interprétation donnée sur ce qui est perçu est complètement différente. Notre perception est complètement corrigée et nous ne voyons qu’avec les yeux de l’amour. Nous allons jeter un regard différent sur les catastrophes sans renier le monde, mais nous ne laisserons plus les événements déranger notre paix intérieure. Ce n’est qu’un changement d’attitude.

 

Ce n’est certainement pas la façon de voir du  monde car l’attaque semble si réelle. Notre ego a besoin de pensées d’attaque, de meurtre et de mort et cela découle d’une décision que nous prenons. Si nous voyons ainsi c’est que nous avons un investissement à croire l’attaque bien réelle car c’est le besoin de l’ego pour assurer sa survie et c’est ce qui nous garde dans le corps et dans un monde de séparation, de culpabilité et de peur. Choisir des pensées d’attaque vient vraiment d’une décision de demeurer dans le temps, soi-disant «en sécurité» dans le monde de l’ego.

 

La section Où le péché n’est plus (T.26;1V, p.587)) est un très beau compte-rendu du monde pardonné ou réel. Où il y a absence de péché, il ne peut plus y avoir de culpabilité ni nécessité de se voir ainsi que les autres comme étant condamnés. Sans culpabilité, le jugement est impossible et la séparation n’existe plus. Le monde que nous voyons est sorti d’un esprit en conflit et ne peut qu’exprimer le conflit. C’est ainsi que le monde fut fabriqué.

 

Le pardon corrige cette erreur, guérissant le conflit de croire que nous avons attaqué Dieu. La paix remplace la discorde et un autre monde surgit de cette pensée d’amour. En d’autres mots, dans le monde réel, nous voyons et expérimentons le rêve différemment. En ce monde nous n’avons pas toujours le contrôle sur ce qui nous est extérieur, mais nous pouvons toujours l’avoir sur nos pensées et perceptions. Nous pouvons changer ces dernières. “N’essaie pas de changer le monde, mais change ton esprit sur le monde”.

 

Nommez deux moyens que nous utilisons pour donner notre pouvoir aux autres et ainsi nier la responsabilité de l’univers de notre esprit ?

1-Voir notre salut en dehors de nous-même

2-Garder une accusation contre quelqu’un d’autre

 

Rien en dehors de nous ne peut nous sauver ni nous apporter la paix. Rien ni personne ne peut le faire pour nous, car ceci ne revient qu’à nous seul. Je ne dépends de rien en dehors de moi, donc ainsi je suis complètement libre. Mon partenaire romantique ne peut le faire, ma fortune et ma carrière ne le feront pas pour moi, ni aucun thérapeute, ni gourou, ni Jésus, ni le Cours. Tout ceci peut m’aider, me supporter, m’encourager, mais aucun d’eux ne peut le faire à ma place.

 

Mon salut ne vient que de moi-même, vient des choix de mon propre esprit. C’est ma fonction avec vous, je ne peux le faire pour vous, mais je peux vous y aider, vous guider par mon expérience et vous y amener. Mais, je ne pourrai jamais le faire pour vous. Dans le monde réel, nous commençons à nous éveiller de ce rêve de cauchemar. Pour le Saint-Esprit le but du temps sert à défaire notre croyance en la séparation et après n’aura plus aucune utilité. Ainsi nous pouvons dire que la réalisation du monde réel est le pas nécessaire pour terminer notre croyance en la réalité du temps.

 

Le reflet de l’Amour divin n’est possible qu’à travers la perception du Saint-Esprit. Alors que le temps disparaîtra, la perception et la Connaissance descendront sur notre esprit, lui restaurant enfin la conscience de l’unité du Ciel. C’est l’instant sacré où notre esprit sera entièrement guéri parce que nous avons complètement accepté la Correction pour nous-même.

 

Nous avons défait notre croyance en la réalité de la culpabilité. Le monde réel représente l’achèvement de nos chemins individuels, car le Second Avènement, le Dernier Jugement et l’Étape Finale sont réellement des pas ou des étapes collectives.

 

Quand chaque fragment séparé de la Filialité aura guéri son esprit, la Filialité deviendra éveillée et «une». Pendant que nous voyons la face du Christ chez les autres, la mémoire de Dieu descend sur notre esprit et nous sommes à la maison dans la conscience de notre parfaite unité avec Dieu et avec toute la Création.

 

Extrait de: "A VAST ILLUSION, TIME according to A Course in Miracles". Kenneth Wapnick, Ph. D.

 

Traduction libre par Stella Pilon -  1998

Merci à elle pour ce partage. 

Repost 0
19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 23:05

Avant de rencontrer Un Cours en Miracles, Kenneth Wapnick avait vécu une expérience similaire. Il se croyait bien avancé spirituellement, quand après avoir souffert d'une grippe sévère, il avait trouvé impossible de continuer quelque activité ou discipline spirituelle de quelque forme que ce soit. Ceci avait duré plusieurs mois, mais il n'avait quand même jamais perdu sa foi en Dieu. Il savait qu'il n'avait qu'à Lui tenir la main et qu'Il le ferait passer à travers ses difficultés.

 

Il avait lu assez de matériel spirituel pour reconnaître une forme de "nuit sombre de l'âme" qui est une crise spirituelle qui précède et accompagne souvent un changement important dans une vie. Il n'avait aucune idée de ce qui surviendrait et c'était aussi bien ainsi, car dit-il : "Si j'avais su ce que Dieu me préparait, j'aurais certainement couru me cacher sous le lit et j'y serais resté."  

 

Quand en défaisant nos projections, nous approchons les couches de l'ego qui sont les plus profondes, le spectre de peur et de culpabilité se lève soudainement devant nos yeux avec vengeance, car ils sont les obstacles qui nous empêchent d'aller vers Dieu.

 

Le fait de regarder la culpabilité et la peur est une expérience qui effraie énormément. Quand nous continuons sur la voie spirituelle, la souffrance de ces expériences augmente en intensité ainsi que nos sentiments de désespoir. Nous semblons devenir pires qu'avant, au lieu de mieux. C'est tout simplement que nous approchons les couches les plus profondes et les plus réprimées de culpabilité et de peur, la vraie fondation du système de l'ego. En désespoir de cause, l'ego essaie de détourner ce pas final vers sa dissolution et dans un dernier élan du fond du fossé, cherche à nous attaquer comme il ne l'a jamais fait auparavant.

 

Quoique les formes diffèrent beaucoup de l'un à l'autre, personne n'échappe à cette partie du cheminement. Pour cette raison, le Cours fait fréquemment référence aux périodes inconfortables et troublantes, pour ne pas mentionner de terreur, qui se trouvent le long de la voie.

T- 9, VII (p.189) 3-7e ligne. 4: 5-7 et VIII (p.191)  2: 7-10.

 

Le problème de notre culpabilité doit être reconnu avant d'être résolu et l'ego fait tout pour nous en empêcher. Maintenant que la terreur complète de notre culpabilité devient exposée, l'ego devient désespéré et arrive la plus forte tentation d'abandonner et de retourner au confort de l'ego. « Arrête qu'il nous crie dans les oreilles, ne va pas plus loin, car seuls le néant et la terreur te guettent ». Il essaie vraiment de nous effrayer jusqu'à la mort. "Je te l'avais dit, tu n'aurais jamais dû me quitter, regarde dans quel dégât tu te trouves, c'est pire qu'avant. Reviens-moi et je t'apporterai la paix et la sécurité du passé."

 

Nous nous faisons dire en plus que nos vies ont été mal guidées, nos efforts spirituels n'étaient qu'illusions et que Dieu n’est rien de plus qu'un mythe ou une projection de quelque dérangement psychologique ou fantaisiste. Il nous presse de retourner à la "réalité" et aux incitations (tentations) du monde.

Tentés encore une fois par les "cadeaux" de la projection, nous commençons à attaquer en pouvant même inclure Dieu et ses aides. Les personnes et les dévotions qui avaient été auparavant des sources de forces et de réconfort sont perçues comme des outils de l'ego ou du diable. Tout espoir semble perdu, remplacé par une terreur plus intense.

 

Ce stade est analogue à ce que les mystiques chrétiens appelaient -. "La nuit obscure de l'âme", qui est décrite comme la période de grande froideur qui précède la dernière expérience finale d'union avec Dieu et qui était traditionnellement le but des mystiques. Vu autrement, on pourrait dire que ces personnes ont été assez loin pour reconnaître que "le monde que je vois ne possède rien que je veuille." Livre d'Exercices, leçon 128. (p.239)

 

Le monde des illusions ne peut plus servir d'objet à notre "particularité" (individualité) afin de nous apporter un répit de culpabilité et d'angoisse. Les possessions, la gloire, la fortune, le statut social, les amants ou les ennemis ne nous satisfont plus, car aucun d'eux n'est durable. Ces personnes sont allées assez loin pour réaliser que tout ce quelles désirent est Dieu, car Lui seul est Éternel. Cependant, elles n'ont pas encore atteint le point où elles peuvent faire cet engagement sans équivoque. Il y a une partie d'elles qui craint encore devoir tout retourner à Dieu. Prises dans un "no man's land", (un terrain neutre) elles ne désirent plus les cadeaux de l'ego, mais ne peuvent pas encore accepter ceux de Dieu. Pendant que la culpabilité et l'angoisse commencent à monter, elles n'ont pas d'endroit pour se faire réconforter. Elles ont passé le point de "non-retour". Elles ne peuvent plus retourner vers le monde, et craignent encore un peu de se tourner vers Dieu. Il en résulte une sensation de vide et de tristesse ainsi que d'échec, qui est la vie sans Dieu ; la nuit sombre de l'âme.

 

Personne ne peut transcender l'ego sans passer par cette expérience. De plus, c'est, une étape qui peut arriver plus d'une fois. Nous pouvons expérimenter cet inconfort à répétition en route sur le sentier du pardon de notre culpabilité. La peur et la terreur ressenties ici sont presque au-delà de ce que nous pouvons imaginer, car presque toutes nos croyances étaient destinées à nous préserver de ce moment.

 

Sans la conscience qu'il y a Quelqu'un à l'intérieur de nous Qui n'est pas de nous, une Personne qui peut nous protéger, nous réconforter et nous guider, il est très improbable que cette étape puisse être travaillée et dépassée avec succès. Nous sommes renvoyés à l'ultime désolation et au désespoir de la vie de l'ego avec laquelle nous nous sommes toujours identifiés. La haine de soi que nous avions toujours essayé de projeter aux autres nous confronte la tête la première et souvent le suicide semble la solution la plus attrayante de toutes. Livre d'exercices leçon 196, 10: 1-2, Il : 1 (page 391-392).

 

Nous avons souvent besoin d'expériences terrifiantes pour faciliter notre retour vers Dieu, Lequel nous avons renié, afin de réaliser notre dépendance envers Lui.

 

Ce moment peut être terrible. Mais il peut aussi devenir le temps de notre libération d'un esclavage misérable. Kenneth Wapnick disait : "Quand tout semble aller plus mal, c'est bon signe, nous approchons du but, de la Vérité'. C'est qu'en fait, notre apprentissage va bien et l'ego a peur de disparaître. «Il a la chienne»

 

Ceci n'est pas une étape qui doit être approchée avant le temps ou trop vite. Si par nous-mêmes, nous étions responsables du plan de notre salut, nous serions toujours tentés de nous presser. Il n'y a rien que l'ego aimerait mieux que de voir nous diriger à toute vapeur sur un chemin qui semble aller vers Dieu, seulement pour nous voir attraper une grande peur d'aller vers lui, convaincus d'avoir fait notre part mais que Dieu nous a fait défaut encore une fois. La culpabilité doit être approchée très lentement afin que nous ne soyons pas ravagés par la peur et le désespoir qui attendent notre destruction.

 

Le plan d'études du Saint-Esprit (Mémoire de Dieu en nous) est planifié pour chaque individu afin que nous puissions approcher cette étape de la meilleure façon possible pour notre apprentissage. Chaque leçon est semblable, mais revêt une forme différente jusqu'à ce que nous puissions comprendre son application universelle.

 

Le Saint-Esprit a besoin de notre patience et de notre confiance pour que nous ne regardions pas au-delà de la présente leçon qu'il nous a donnée. Nous ne sommes pas conscients de la profonde étendue de notre peur, mais notre foi nous assure que nous ne recevrons jamais plus que nous pouvons entreprendre.

 

Quand les choses brassent, nous allons apprendre que de nous-mêmes nous ne pourrions jamais y arriver, mais nous n'avons pas à le faire seuls. Il y en a "Quelqu'un" à nos côtés Qui possède une force qui deviendra la nôtre si nous en profitons. Il nous demande seulement d'accepter la grâce de Sa Présence afin qu'Il puisse nous aider à quitter notre monde de cauchemar et marcher dans la lumière qui remplit le cœur de chacun de nous qui savons que Dieu est Amour.

 

Extraits du livre "Forgiveness and Jésus" du Dr Kenneth Wapnick, Ph. D. (Chapitre 5, p.139)

(Réponse reçue dans ce livre suite à une expérience similaire vécue du 3 au 22 mai 1999)

 

Traduction libre par Stella Pilon

Merci à elle pour ce partage

 

Repost 0
5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 22:06

Platon et AristoteLe Cours est un amalgame de différentes approches, tout en étant une intégration réussie de chacune d’entre elles. Le Cours est néoplatonicien dans sa façon de décrire la manière d’appréhender le principe du UN; gnostique dans l’idée que le monde ne vient pas du tout du divin, exposant la supercherie de l’ego qui se cache derrière cela ; et Chrétien, non seulement dans son langage, mais aussi à travers la présence bienveillante de Dieu qui est expérimentée dans le monde (la mémoire de Son Amour, le Saint Esprit, dans l’esprit divisé), ainsi que dans la place centrale accordée à Jésus.

 

A travers l’intégration de niveaux métaphysiques et pratiques, Un Cours en Miracles est capable de maintenir une pureté métaphysique, tout en fournissant une correction douce et affectueuse des erreurs et malcréations de l’esprit. Jésus, étant la source et l’enseignant du Cours, en est le grand symbole de la gentillesse de Dieu. Il jette ainsi un pont entre notre source abstraite, indifférenciée et complètement impersonnelle, nos désirs puérils d’un Père et d’un médiateur alors que nous restons emprisonnés dans le rêve de nos esprits. (Love does not condemn, p. 526)

 

De plus, la façon dont le Cours traite la figure du rédempteur, qu’il s’agisse du Saint Esprit ou de Jésus, frappe souvent le lecteur par sa ressemblance avec la figure chrétienne traditionnelle. Pourtant, si l’on examine cela de plus près, le Cours est beaucoup plus proche de la conception platonique. Jésus est en réalité un brillant exemple du roi philosophe de Platon, de l’amoureux de la vraie philosophie de Philon et du Sage de Ploton. Toutes sont différentes expressions de l’enseignant idéal de Dieu d’Un Cours en Miracles. Nous reviendrons sur ce concept à la fin du Chapitre.

 

Ainsi, le Saint Esprit est la présence abstraite et immuable de l’amour de Dieu dans la mémoire de nos esprits. Cette mémoire est une lumière éclatante, dons la brillance nous rappelle constamment le choix que nous faisons entre l’obscurité et la lumière, tandis que Jésus est pour nous un symbole dans le rêve de ce à quoi la lumière ressemble quand elle est choisie à la place des ténèbres de l’égo. Les deux figures ont donc la même fonction qu’ont les Idées de Platon, ainsi que l’appel abstrait, continuel et informel de l’Un de Plotin. En réalité, ce ne sont que différentes expressions de la présence divine qui a été enterrée par l’ego à l’intérieur de nos esprits séparés. (Love does not condemn, p. 531, 532)

 

Alors que le Cours paraît être en accord avec la pensée chrétienne traditionnelle sur le fait de chercher l’aide du Saint Esprit (de Dieu, de Jésus ou du Christ), cet accord n’est réellement basé que sur le plan de la forme ou du langage. Le contenu ou la signification du Cours est beaucoup plus proche des philosophes néoplatoniciens et Valentiniens qui étaient au clair sur l’idée de ne pas chercher à l’extérieur l’aide divine pour des problèmes qui doivent être résolus au niveau de l’esprit.

 

Cette réinterprétation des formes du monde, transformant le contenu de séparation et d’attaque de l’ego en la signification du Saint Esprit de l’union par le pardon est essentiel pour comprendre certaines différences entre le Cours, le gnosticisme et la chrétienté. Dire que le monde est illusoire, ce n’est pas dire qu’il est pêcheur. Par conséquent, contrairement à ces deux autres systèmes, Un Cours en Miracles n’enseigne pas que le monde, la chaire et le diable doivent être évités ou combattus. Son enseignement central est plutôt de pardonner le monde et de l’aimer pour le don de pardon qu’il nous fait. (Love does not condemn, p. 533, 534)

 

C’est ici que nous voyons la principale divergence entre le Cours et pratiquement toutes les autres spiritualités qui ont été enseignés. En effet, le Cours reflète une métaphysique purement non dualiste qui néanmoins ne dénigre, ne rejette ou ne déifie pas le monde physique. Ainsi, tous les gnostiques, ainsi que Platon et Plotin, s’accorderaient à dire que le monde matériel n’est pas notre monde. Cependant, les moyens de se souvenir et de revenir à notre véritable demeure diffèrent nettement parmi les platoniciens, les gnostiques et Un Cours en Miracles. Les Platoniciens et le Cours sont similaires dans leur quête intérieure plutôt que dans celle de chercher la vérité à l’extérieur d’eux-mêmes. Cependant, les Platoniciens se focalisent sur la poursuite d’une vie d’étude, de contemplation et de vertu comme des moyens pour atteindre la vérité.

 

Cela contraste fortement avec le Cours qui se concentre sur le fait de changer nos esprits dans le contexte des relations interpersonnelles. Quand cela est bien compris, le message central du Cours qu’est le pardon ne fait pas l’erreur de croire en la réalité du monde physique. Cette erreur doit suivre inévitablement de la haine qu’ont les gnostiques et le platoniciens pour le corps. D’un point de vue métaphysique (niveau I), il n’y a pas de corps à pardonner. Cependant, au niveau de l’expérience (niveau II), notre culpabilité intérieure, qui est projetée, apparaît être présente dans une autre personne. Et c’est avec cette expérience que doit commencer le processus du pardon. (Love does not condemn, p. 534, 535)

 

Source:  "Love does not condem"  de Ken Wapnick

Traduction: Mathieu

Repost 0
22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 20:36

Un Cours en Miracles nous procure un des énoncés les plus importants dont l'humanité a été témoin.

 

Il nous enseigne, que non seulement le monde est illusoire, donc que Dieu n'a pas créé l'humanité, mais que tout l'univers physique a été fabriqué pour attaquer Dieu. Jésus vient donc nous donner l'explication de la prétendue existence du monde, sans oublier de mentionner le but qui est caché derrière la vie individuelle de chacun de nous, qui croyons marcher sur cette terre.

 

Craignant les implications de ce qu'Un Cours en Miracles enseigne, l'ego a essayé de présenter le Cours à sa propre image et similitude, substituant sa petitesse à l'ampleur de la vision de Jésus. L'ego ayant besoin pour survivre de se protéger en désavouant la vérité, des décennies sinon des siècles vont être nécessaires pour comprendre et intégrer ce cadeau.

 

Corriger les erreurs faites par les étudiants au tout début de la vie terrestre du Cours, va aider à assurer que cette compréhension se fera, et que la pureté et la puissance de son message puissent survivre. Au lieu d'étendre notre petite échelle jusqu'aux hauteurs d'Un Cours en Miracles, nous le réduisons à notre dimension et pour faire ceci, nous trouvons toutes les manières de justification possible.

 

Aussi longtemps que nous préférons écouter le message de l'ego qui prime sur celui du Saint-Esprit, ce sera un message de peur que nous entendrons, choisissant de ne pas écouter celui du Saint-Esprit qui veut nous éveiller du rêve d'individualité afin de nous ramener à la maison. Ainsi, quand nous dirons : « Le Cours ne dit pas cela », cela voudra dire : « Je ne veux pas voir ce qu'il dit ». Ainsi, le message est donné à notre cerveau pour changer ce qu'Un Cours en Miracles enseigne vraiment pour y donner une tout autre signification. Inévitablement, au lieu d'amener nos illusions d'ego à la vérité de Jésus dans Un Cours en Miracles, nous réduisons le Cours à nous-mêmes pour nous conformer à nos illusions. Ex. Ceux qui parlent d'injustice faite aux femmes à propos de la terminologie masculine, ou veulent enlever les termes chrétiens offensifs qui semblent exclure les membres des autres religions.

 

Il ne faudrait pas ignorer ce que déclare Jésus à la fin du premier chapitre sur l'importance d'étudier le texte afin de comprendre son message.

 

Ceci est un cours d’entraînement de l’esprit. Tout apprentissage comporte de l’attention et de l’étude a un certain niveau. Certaines parties dans la suite de ce cours reposent trop lourdement sur ces premières sections pour ne pas exiger une étude sérieuse. Tu en auras aussi besoin comme préparation. Sans cela, il se pourrait que tu deviennes beaucoup trop apeuré de ce qui doit venir pour en faire un usage constructif. Toutefois, en étudiant ces premières sections, tu commenceras à voir quelques-unes des implications qui seront développées par la suite. T-1.VII.4. (p.17).

 

Il y a beaucoup d'étudiants qui mettent l'emphase sur le Livre d’Exercices aux dépens du texte, au lieu de jeter un œil sur chaque livre comme étant un compagnon l'un pour l'autre. Cela reflète la même erreur inconsciente de croire que notre identification à l'ego est faible et facile à défaire, laissant nos esprits ouverts à recevoir la Parole de Dieu instantanément et avec joie. Cela reflète la peur de regarder le système de pensée de l'ego dans toute sa laideur.

 

Personne ne veut réellement travailler avec la culpabilité et le péché qui sont horrifiants et notre réalité d'après l'ego. C'est pourquoi, en mettant le texte de côté, nous manquons le but principal d'Un Cours en Miracles comme enseignement spirituel et efficace. Il nous enseigne de comprendre et de reconnaître notre investissement à perpétuer le système de pensée de l'ego, précisément en ne le regardant pas.

 

C'est certain, Un Cours en Miracles n'est pas toujours facile à comprendre, mais nous pouvons le pratiquer. La difficulté n'est pas nécessairement au niveau intellectuel, mais se trouve plutôt à l'intérieur de l'enseignement lui-même. Cet enseignement sonne la terreur dans les esprits qui s'identifient encore avec le soi de l'ego.

 

Il est important de réaliser qu'en travaillant avec ce que nous dit Jésus, nous vivons une expérience de paix, et cette expérience est le vrai but du Cours et non une compréhension intellectuelle. Nous devrions alors faire très attention aux enseignements sur l'ego d'Un Cours en Miracles, afin de ne pas en changer la forme, ce qui satisferait certainement plus nos besoins.

 

Nous devrions être humbles devant sa magnitude en pensant au thème de ce livre : « Peu choisissent d'entendre ». Jésus nous prie d'être humbles devant Dieu tout en étant grands en Lui. (T.15-IV:3.1) car notre Identité comme Fils de Dieu est grande, par contre nous devons être humble, car Il est notre Créateur et notre Source et nous avons besoin de Son aide (Saint-Esprit) pour nous éveiller à notre vraie Identité d'être Son Fils.

 

Nous devrions donc avoir l'humilité de reconnaître tout l'apprentissage que nous avons besoin d'accomplir avant de réaliser ceci. Vouloir changer le sens du Cours n'est pas de la spiritualité avancée, mais une expression d'arrogance de l'ego. Ex. La création du monde. Il serait préférable que nous ayons l'humilité d'apprendre ce que ce merveilleux cadeau du Ciel est venu enseigner à l'humanité, au lieu de croire que si nous expérimentons l'amour de Dieu, que nous avons tout appris et maîtrisé ce que le Cours peut enseigner.

 

Nous devons accueillir avec gratitude ce merveilleux outil et Guide intérieur qui peut nous enseigner à enlever « les blocages qui empêchent de prendre conscience de la présence de l'amour qui est notre héritage naturel » et enfin retourner à la maison vers l'Amour qui réside derrière « le soleil et toutes les autres étoiles ! » (vision de béatitude de Dante dans Commedia)

 

Extraits de : "Message of the Course" , Few choose to listen  (Volume Two),

Kenneth Wapnick, Ph.D.

Traduction libre par Stella Pilon -1997

Repost 0
8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:06

Comment Dieu a-t-il donné une réponse à un problème dont le Cours dit clairement qu’il n’existe pas et dont Dieu n’est même pas au courant: “L’esprit dans sa connaissance n’est pas conscient de l’ego. Il ne l’attaque pas; il ne peut juste pas le concevoir du tout.” Le Cours dit pourtant ailleurs: “Il y avait un besoin qu’Il ne pouvait pas comprendre, auquel Il a donné une Réponse.” Encore une fois, nous pouvons voir que le Cours utilise un langage métaphorique et des mots qui ne sont pas à prendre au sens littéral. C’est pourquoi nous avons parlé de la mythologie du Cours, même si sa forme est sophistiquée psychologiquement.

 

Dieu ne pense pas, ne pleure pas. Il ne donne pas de réponses, pas plus qu’il ne permet à certaines choses de se produire dans le monde. Il ne guérit pas les maladies du corps et ne met pas fin aux souffrances des êtres humains. Ce sont des expressions métaphoriques que Jésus (lui-même étant un symbole) utilise dans le Cours pour exprimer l’amour de Dieu qui ne peut-être exprimé qu’à travers ces moyens si anthropomorphiques et ces expressions si littérales. Ainsi, il nous dit: “Tu ne peux même pas penser à Dieu sans un corps ou sous une forme que tu penses reconnaître.”

 

Ainsi, pour parler avec précision, Dieu n’a pas donné une Réponse (le Saint Esprit) à la naissance de la pensée de séparation. Plutôt, Sa “Réponse” est simplement son amour immuable et éternel qui brille pour toujours dans nos esprits divisés, comme un phare de lumière brille dans l’obscurité. L’Amour de Dieu ne fait rien; il est simplement: une présence d’amour continu que nous appelons le Saint Esprit. (Love does not condemn, p. 420, 421)

 

Nous avons observé plus tôt que la dynamique de base de l’esprit est l’extension. Cela reflète la loi fondamentale de l’esprit qui dit que les pensées naissent dans l’esprit du penseur, à partir duquel elles s’étendent à l’extérieur. […] » Ce qui est à l’intérieur de l’esprit doit « s’étendre à l’extérieur ». Quand l’esprit est Dieu ou le Christ, cette dynamique est appelée extension et, comme cela a été souligné précédemment, cette « extension vers l’extérieur » n’a aucune dimension spatiale ou temporelle. Cependant, quand l’esprit est celui de l’égo qui est séparé, cette dynamique est appelée projection, et ainsi nous nous retrouvons dans un monde d’espace et de temps. C’est ce que le Cours enseigne : « L’esprit s’étend (ou crée), alors que l’égo projette (ou fait) : Tu fais par projection, mais Dieu crée par extension » (Texte).

 

Par conséquent, l’idée de séparation est projetée de l’esprit qui s’identifie à l’ego dans le but d’échapper et de se cacher du Saint Esprit. Nous avons observé que dans la création (ou extension), ce que Dieu étend devient comme Lui, partageant ses attributs. Le même principe s’applique pour la projection : ce que l’égo projette partage ses attributs. Ainsi, la projection de la pensée de séparation, née de la culpabilité, donne lieu à un monde de séparation qui repose sur la culpabilité : « Ceci était la première projection de l’erreur (la séparation) à l’extérieur » (Texte). Le monde est apparu pour cacher cette erreur et est devenu un écran sur lequel elle a été projetée est a t’a écarté de la vérité. Le monde n’est donc rien d’autre que cette pensée de l’esprit projetée à l’extérieur. (Love does not condemn, p. 425, 426)

 

Pourtant cette situation illusoire n’est pas ce qu’elle paraît être, parce que c’est le but de l’égo de nous rendre confus à propos de ce qu’est l’unité de notre véritable réalité ainsi que de cette réalité que le Saint Esprit dans nos esprits nous rappelle continuellement. Par conséquent, une fois que la projection initiale s’est produite, elle a continué à se produire. Projetée de l’esprit, la pensée de la séparation s’est séparée encore et encore, ayant pour résultat un monde physique de séparation. Nous observons ce processus dans le phénomène biologique qu’est la mitose, où l’œuf fertilisé se divise et divise encore dans l’utérus de la mère : le un devenant deux, puis quatre, huit, seize, trente-deux, etc. Ce développement de l’organisme physique reflète la naissance du monde physique. Le Cours évoque cette première substitution de l’ego à Dieu, de l’amour à la peur : « Toi qui penses que Dieu est peur n’a fait qu’une substitution. Elle a pris de nombreuses formes, parce que c’était la substitution des illusions à la vérité, de la fragmentation à la complétude. C’est devenu si fragmenté et subdivisé encore et encore, qu’il est maintenant impossible de percevoir que cela n’était qu’un et l’est encore. (Love does not condemn, p. 427, 428)

 

Source : Extraits de "Love does not condemn" de Ken WAPNICK

Traduction : Mathieu. - Merci a lui.

Repost 0
10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 21:48

L'origine de la relation particulière (bien) expliquée par Ken Wapnick, dans son livre : « LOVE DOES NOT CONDEMN » . Le texte qui suit est extrait des traductions faites par Mathieu sur son blog : http://coursenmiracles.over-blog.fr/   - Merci à lui pour ce travail qu'il m'a permis de partager.

 

« La première relation particulière fut par conséquent avec notre Créateur. Nous Lui avons demandé Son amour particulier de façon à ne pas avoir à regarder en face la culpabilité investie dans notre relation à Lui. Nous avons passé un marché avec Dieu, espérant qu’Il (en réalité notre image de Lui) accepterait notre don de souffrance et de sacrifice comme le paiement des pêchés que nous avons commis contre Lui. Quand Dieu n’accepte pas notre marché (cela ne se passe qu’au-dedans de nos esprits), notre culpabilité commence à nous accabler, ce qui mène à la terreur de Sa vengeance. Cette terreur provient de notre projection qui est un mécanisme de défense : ce n’est pas nous qui avons rejeté Dieu, mais Lui qui nous a rejeté. Ainsi, notre choix de nous tourner vers les autres pour l’amour qu’Il nous a nié est justifié, et dans cette décision, toutes nos relations particulières sont nées : « C’est dans la relation particulière, née du désir caché d’avoir l’amour particulier de Dieu, que la haine de l’ego triomphe. En effet, la relation particulière est le renoncement à l’Amour de Dieu et la tentative du soi de se sécuriser dans la particularité qu’Il a nié. 

 

Cette négation de l’Amour de Celui qui nous a crée et de qui nous sommes en tant que Christ (« L’amour m’a crée pareil à lui-même », livre d’exercice), est la fondation de tout ce qui suit. De même que l’ego a initialement conseillé au Fils endormi d’échapper à la douleur de sa culpabilité par la projection, il nous conseille ici, dans notre apparente existence individuelle, d’échapper à la douleur provoquée par notre vide intérieur en cherchant un soulagement extérieur. Cette recherche extérieure a deux formes élémentaires que le Cours appelle la relation de haine particulière et la relation d’amour particulier.

 

La relation d’amour particulier suit la même dynamique que nous trouvons dans la haine particulière, mais dans une forme opposée. Désormais, l’ego ne nous conseille pas de projeter notre culpabilité et notre haine de nous même directement sur les autres, mais plutôt de cannibaliser ce qui est à l’extérieur de nous, le ravissant aux autres (ou au monde) et l’incorporant de façon à remplir le trou béant de vide que l’ego nous a fait prendre pour notre réalité.  (Love does not condemn, p. 445, 446, 447).

 

Ces gens “particuliers” sont alors aimés pour ce qu’ils peuvent faire pour nous et non pour ce qu’ils sont en tant que Christ: « Le meilleur soi que l’ego cherche est toujours plus spécial. Et celui qui possède un soi particulier est « aimé » pour ce qui peut être pris de lui. » Dit d’une autre manière, les gens et les choses à l’extérieur de nous répondent aux besoins particuliers que nous pensons avoir, ce qui n’est rien de plus qu’une forme particulière de la croyance sous-jacente en la réalité de notre propre sentiment de culpabilité et de manque. La motivation première dans toute relation particulière est donc la croyance qu’en se « joignant » à une autre en amour (affection, approbation, etc.), nous complétons notre incomplétude inhérente : « Personne ne vient dans ce monde qui n’a encore l’espoir, quelque illusion persistante, ou quelque rêve qu’il y a à l’extérieur de lui quelque chose qui va lui apporter le bonheur et  la paix. Si tout est en Lui, cela ne peut pas être. Et ainsi, par sa venue, il nie la vérité à propos de lui-même et cherche quelque chose de plus que le tout, comme si une partie du tout était séparée et trouvée là où tout le reste n’est pas. 

 

Quand ces besoins sont comblés par cette personne particulière, nous sommes amoureux, ce qui est simplement de la dépendance. Et où « les deux partenaires voient ce soi particulier en  chacun, l’ego voit une « union du Ciel ». » Cependant, quand ces besoins ne sont pas comblés comme cela avait été prévu au départ, notre amour tourne alors en haine, et nous avons vite fait de condamner quelqu’un ou quelque chose à l’extérieur de nous pour notre détresse.

 

Le noyau de toute relation spéciale est le marchandage. Cela n’a pas d’importance si mon partenaire d’amour particulier est conscient ou non de ce troc insane : Je joue tout cela pour nous deux dans mon propre esprit. Pour revenir à notre métaphysique non dualiste, puisqu’en vérité rien n’existe à l’extérieur de l’esprit, il n’y a personne à l’extérieur de toute façon. Que le rêve soit endormi ou éveillé, il se passe la même chose : tous les personnages du rêve sont des projections de notre esprit. Ainsi, encore une fois, ma relation avec toi (de mon point de vue) n’existe que dans mon esprit : tu n’es par réellement là. Le drame du marchandage prend alors cette forme : Je suis dans un besoin désespéré de complétude et il n’y a que toi (mon partenaire d’amour particulier) qui peut me la donner. Cependant, puisque je suis si torturé, tu ne me donneras pas ce dont j’ai besoin (qui est en réalité une partie de ton soi) sans recevoir quelque de valeur en retour. Le problème, c’est que je n’ai rien à t’offrir de valeur (puisque j’ai déjà décidé que je suis coupable et sans valeur). Ainsi, je dois te tromper en te faisant croire que je te donne quelque chose de valeur en contrepartie de la grande valeur que tu me donnes. C’est cela le royaume des cieux de l’ego : un véritable enfer bâtit sur des mensonges et des tromperies, sur le vol et le ravissement cannibale.

             [….]

             Un tel retournement de l’amour particulier à la haine particulière est inévitable pour plusieurs raisons. D’abord, aucune personne ou chose n’est capable d’être toujours et de toutes les manières là pour nous. Ensuite le but de l’ego, comme nous le dit le Cours, est le meurtre, et nos partenaires particuliers sont mis en place par l’ego pour finalement échouer et devenir ainsi des boucs émissaires et ainsi justifier notre colère. Enfin, puisque c’est la culpabilité qui a rendu cette relation d’amour particulier nécessaire comme défense, l’objet d’amour doit devenir un symbole de la culpabilité puisque celle-ci est le but de la relation. Ainsi, alors que nous sommes seulement conscients de l’amour et de la gratitude de notre bien aimé qui nous a permis de nier notre douleur derrière les rideaux de la particularité, inconsciemment nos pensées continuent à se déplacer de la personne bien aimée à ce qu’il/elle symbolise : notre culpabilité. Et puisque c’est notre culpabilité que nous détestons plus que tout dans le monde, nous devons alors finir par détester celui qui symbolise cela pour nous. Cette haine, par conséquent, est toujours présente, même si nous proclamons le plus vigoureusement notre amour. C’est seulement une question de temps avant que la tempête brise les barricades de l’amour particulier et se révèle telle qu’elle a toujours été »

(Love does not condemn, p. 448, 449, 450).

 

Ken WAPNICK

Traduit par Mathieu.

 

Repost 0
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:31

Voici deux questions adressées à Ken Wapnick au sujet du script (ou scénario).

 

 

Question N° 190 : Le scénario étant écrit d’avance, quel est mon choix ?

 

Voici une question à deux volets concernant le 'scénario' de nos vies :

A) : Si je choisis mes parents, ma nationalité, mon sexe, les temps dans lesquels j'ai vécu avant de naître, quelles sont les contingences qui restent dans ma vie ? Plusieurs ou aucune ? Est-ce que tout est déjà établi au préalable afin que je puisse choisir à chaque moment entre la crucifixion et la résurrection ? Qu’est-ce qui, en d'autres mots, n'est pas écrit au préalable ?

B) Quel est le rôle dont l’esprit juste dispose dans le choix de ce qui précède ?

 

Réponse :

Nous définissons certains paramètres apparemment immuables pour chaque durée de vie, y compris ceux que vous listez ci-dessus. Mais même certains d'entre eux peuvent changer lorsque l'esprit le choisit : quelqu’un apprend, devenu adulte qu'il ou elle a été adoptée ; quelqu'un opte pour une opération de changement de sexe, d'etc. Une partie de la séduction de l’allure de l'ego est que nous avons le choix au niveau de la forme et c'est là une grande distraction. Parce que nous pensons que nos problèmes de culpabilité due à la séparation, qui restent enfouis dans notre esprit, peuvent être résolus « en faisant une sorte ' d’arrangement ' insane avec le monde » (T.12.III.6:5) - -ce qu’Un Cours en Miracles appelle de la magie. (M.16.8, 9, 11).

 

Donc l'ego maintient l'illusion du choix au niveau de la forme, gardant caché de nous, le fait que nous choisissons toujours le même contenu : la séparation et la culpabilité. Et nous n’abordons jamais le problème réel sous-jacent de la culpabilité dans notre esprit.  Ceci dit, il est vrai que le cours enseigne que tout a déjà eu lieu et que le temps linéaire n'est pas vrai - - tout est déjà écrit au préalable. (Leçon 158.3, 4). Mais cela ne signifie pas que tout dans une vie individuelle est prédéterminé. Le pool des événements possibles est prédéterminé, mais nous avons le choix d’instant en instant, entre quelles relations et quels événements nous allons accéder et revoir (pour une discussion plus étendue de cela, voir la question n ° 37).

 

Malgré toutes ces options, le cadre de référence le plus utile à adopter est de se souvenir que, indépendamment des possibilités au niveau de la forme, le seul véritable choix est celui d’être confrontés à chaque moment entre la crucifixion et de la résurrection.  Puisque nous disposons toujours d’un esprit juste pendant que nous croyons toujours en la réalité de la séparation, nous avons la possibilité de revenir à notre esprit juste sur toutes nos décision à prendre, y compris comment aborder une nouvelle relation, une nouvelle carrière ou une vie nouvelle.

 

La distinction entre avant et pendant une durée de vie est vraiment quelque chose d’arbitraire, que notre ego souhaite renforcer, faisant en sorte que notre état d’esprit semble quelque peu différent pendant la durée de cette vie, de l'état d'esprit dans lequel la durée de vie n’était encore qu'une option envisagée. Et donc, à l'instar de chaque choix, nous pouvons le faire avec l'ego ou avec l'Esprit Saint comme enseignant. Et comme la plupart d'entre nous le faisons, nous pouvons vaciller entre l’esprit insane et l'esprit juste, un choix parfois basé sur notre désir de particularité et parfois sur le choix d'apprendre les leçons de pardon. Ceci est vrai, de la perspective illusoire d’un temps linéaire, que ce soit avant et pendant chacune de nos vies. Encore une fois, que nous choisissions les paramètres pour une durée de vie à venir ou les paramètres d’une vie courante, les options et le processus dans l'esprit restent les mêmes.

   

 

Question N° 37 :Si tout est écrit d’avance, où est mon choix ?

 

Cette question est une combinaison modifiée de deux questions distinctes qui ont été soumises sur le thème du choix et de la prédétermination, ou du destin dans Un Cours en Miracles :

 

Comme je comprends ce rêve de séparation, mon seul véritable choix réside dans lequel des enseignants je choisis dans tous les cas où je me trouve : l'ego ou l'Esprit Saint. Pour ce qui est du rêve lui-même, on nous dit que le script est déjà écrit. Mais puis-je, comme rêveur du rêve, changer le rêve en termes d’événements spécifiques qui se déroulent dans ma vie ? Ou puis-je changer le rêve uniquement en termes de perspective sur la situation ? En d'autres mots, est-ce que tout ce que j’expérimente est prédestiné, qu’il s'agisse de situations, d’événements, de relations, etc.?

 

Cela signifierait que je traverse un vieux rêve de séparation, comme lorsque je regarde un film ancien. Je vois alors que mon mariage ne pouvait pas durer plus longtemps qu'il n’a duré, que je ne pourrais pas avoir plus d’enfants que ceux que j'ai maintenant, et que la relation dans laquelle je suis en ce moment est déjà entièrement définie en termes de temps, etc.

Et comme il m’est donné l'occasion de «gagner du temps» en choisissant l'Esprit Saint comme enseignant, cela voudrait dire seulement qu’il m’est permis d’esquiver certaines parties de l'histoire. Est-ce bien cela ?

 

Mais le cours semble également nous inciter à ne pas échanger une relation non sainte pour une autre du même type avec quelqu'un d'autre afin de trouver le bonheur en dehors de nous. Il nous invite plutôt à faire de notre relation actuelle, une relation sainte. Cela semble indiquer que nous avons des choix pour ce qui est de notre histoire, des gens avec qui nous sommes réunis, etc. Alors il pourrait y avoir plusieurs versions possibles de ma vie. Quelqu’un pourrait avoir deux ou mêmes plusieurs mariages avec différents conjoints tandis qu’un autre pourrait rester dans le même mariage pendant de nombreuses années. Mais Jésus dit que rien n'est laissé au hasard et que chaque réunion est prévue. Ou serait-ce que la forme ne compte pas tout simplement, et que je ne fais que voir des ombres, projetant mes propres images sur elles ? Mais alors pourquoi est-ce que le script de ma vie, s'il est déjà établi, semble avoir un tel effet significatif sur la vie d'autres personnes autour de moi ?

 

Jésus dit également que ce que nous voyons n’est que le jugement que nous avons d'abord posé sur nous-mêmes, et qu’en dehors de cela, il n’y a pas de monde. Est-ce que cela veut dire par exemple, que s’il y a une guerre entre les États-Unis et l'Irak, je pourrais avoir fait quelque chose pour l'arrêter ? Est-ce que déjà arrivé et corrigé, de sorte que si je suis en train de voir la guerre au lieu de la paix, cela veut dire que mon esprit a toujours besoin d’être corrigé parce que je choisis encore le mauvais enseignant ? Ou pourrais-je n'avoir rien fait pour éviter la guerre et avoir choisi seulement avec lequel des enseignants regarder les événements. Et ne verrai-je que l’innocence des deux côtés si je choisis l'Esprit Saint ?

 

Réponse :

Pour répondre complètement à toutes les questions et les problèmes que vous avez soulevés, cela prendrait un livre (il y a ce livre, A Vast Illusion:Time According to A Course in Miracles by Kenneth Wapnick, où vous pouvez trouver utile d'approfondir certains points que nous allons aborder brièvement ici).

 

Le cours dit que notre seul choix réel se situe entre l'ego et le Saint-Esprit, l'accent étant mis sur "réel". Mais dans le rêve, il existe un nombre presque infini - - non pas infini, seulement presque infini, puisque l'ego ne peut rien faire qui soit infini ou éternel (T.4.I.11:7) - - donc il y a un certain nombre d'alternatives que nous pouvons choisir au niveau de la forme.  Mais leur contenu sous-jacent est toujours le même; péché, culpabilité et peur. Et donc le cours souligne qu'il n'y a aucun choix réel parmi les alternatives qui sont vraiment toutes les mêmes. Un choix utile ne peut être effectué qu’au niveau du contenu. Le seul véritable choix est donc entre la culpabilité et la peur de l'ego et le pardon et l'amour de l'Esprit Saint.

 

Donc oui, il y a plusieurs formes différentes ou plusieurs séquences d'événements que peut prendre notre vie en raison de nos choix apparents. Mais aussi longtemps que nous choisissons avec l'ego, croyant que le bonheur se trouve à l'extérieur de nous, rien ne va vraiment se transformer, bien que nos relations et les circonstances puissent changer de façon considérable.  En passant, réellement le cours ne nous encourage pas à rester physiquement dans une relation afin de la rendre sainte - - il ne conseille jamais au niveau des détails de ce genre, ou au niveau de la forme.

 

Lorsqu'il nous met en garde au sujet « vous débarrasser de votre frère » (T.17.V.7:2) il parle de la façon dont nous percevons notre frère dans notre esprit, incluant tous les fantasmes spéciaux que nous avons sur lui et qui ne sont plus remplis désormais.  Comme vous le faites remarquer, le cours dit aussi que le script est déjà écrit (Leçon158.4:3) et que tout ce qui se passe dans le temps s'est déjà produit. En conséquence, notre vie n’est rien de plus que de regarder se dérouler « le voyage d'où il est terminé, le regardant rétrospectivement, imaginant que nous le faisons une fois de plus ; examinant mentalement ce qui s’est déjà passé » (4: 5).

 

Et tandis que Jésus dit que rien n’arrive par hasard, il attribue clairement la responsabilité du choix à notre esprit, pour toutes les expériences de notre vie (T-21.II.3:1, 2, 3). Mais cela ne veut pas dire que tout est déjà prédéterminé dans notre vie, et que la séquence des événements est fixe. Nous choisissons toujours à partir d’un large éventail d’événements possibles qui ont tous déjà eu lieu, mais le séquençage unique et le grand nombre d'événements passés que nous allons choisir, combinés avec notre répression de toute mémoire de l'un d'entre eux, ajoutés à notre conviction que le temps lui-même est réel et linéaire, ne font qu’exacerber notre sentiment que ce que nous vivons est nouveau. Et tout ceci fait partie de la défense de l'ego pour nous induire en erreur, et croire que quelque chose de nouveau et de significatif se passe dans notre vie, renforçant l'espoir insensé que d’une façon ou d’une autre, cette fois-ci notre choix d'ego dans le monde de la forme donnera un meilleur résultat.

 

Pour comprendre l'effet apparent de nos vies les uns sur les autres, nous avons besoin de prendre du recul, de regarder à partir d’en dehors du rêve du monde, de retourner attentivement à notre esprit, là où tous les choix sont vraiment faits. Le nombre presque infini d'événements possibles dans le temps a été écrit en un instant par l'esprit (collectif) joint à l'ego, avant la projection fragmentée dans le monde d’individus séparés et de vies semblant se dérouler.  Comme l'explique Jésus, « Le temps n’a duré qu’un instant dans votre esprit, sans aucun effet sur l'éternité. Et donc tout le temps est passé... le minuscule tic de temps dans lequel la première erreur a été faite, et avec elle, toutes les autres à sa suite. » (T.26.3:3, 4, 5). Maintenant, mon rêve individuel se passe à part, et il ne peut pas vraiment être partagé avec quelqu'un d'autre.

 

Mais, puisque tous les esprits sont joints, toute décision d’interagir en tant que corps avec vous, ou celle que vous prenez d’interagir en tant que corps avec moi, doit toujours refléter un accord que nous avons scellé tous les deux ensemble, au niveau de l'esprit, en dehors du temps et de l'espace. C’est un accord de revivre dans le temps et dans l'espace, certains événements qui ont déjà eu lieu. Et cet accord doit rester profondément enfoui dans notre inconscient s’il veut être efficace pour la prise en charge du but de l'ego de la séparation et de la victimisation.

 

Jésus parle de cette décision que nous avons prise conjointement, surtout dans le contexte de notre accord de nous blesser mutuellement, comme étant « Le voeu secret que vous avez fait avec chaque frère que vous marcheriez séparément... ni vu ni connu dans la conscience... Une promesse faite à l'autre d’être blessé par lui et de l’attaquer en retour. …de façon à ce que [le corps] subisse une douleur. C'est l'effet évident de ce qui a été fait en secret, en accord avec le souhait inavoué de quelqu’un d’autre d'être séparé de vous, et que vous seriez en dehors de lui. À moins d’accepter que ce soit votre souhait à tous les deux, il ne peut avoir d’effet » (T.28.VI.4:3, 6, 7; 5: 1, 2, 3).

 

Cet accord secret entre nous, qui semble nous affecter l’un l'autre, doit avoir eu lieu, sinon nous serions victimes des décisions des autres. Mais tandis que cet accord conjoint au sujet de la forme est vrai à un niveau métaphysique, à un niveau pratique, il est beaucoup plus utile de mettre l'accent sur le fait que dans le monde, comme concept de soi physique avec lequel je m’identifie, je suis incapable de contrôler ce que font les autres. Mais j'ai néanmoins toujours un choix sur comment je vais percevoir ce qui se passe dans ma vie. Je peux décider quel enseignant j'inviterai en moi, et si je vais laisser ma paix d'esprit ne dépendre que de mon propre choix - - comme l'Esprit Saint me l’enseignerait - - ou si je choisis de voir d'autres comme ayant le pouvoir d’emporter ma paix d'esprit - - acceptant l'enseignement de l’ego que je peux être victime et donc que je ne suis pas responsable de la façon dont je me sens.

 

Quant à savoir si oui ou non un esprit guéri voit la guerre et détient un choix quelconque à ce sujet, il est évident que Jésus reconnaît les conflits de notre ego. Il consacre d’ailleurs une grande partie du cours à nous indiquer les dynamiques insanes de l'ego, et cela ne veut pas dire que son esprit n'est pas guéri. Ce qui importe, c'est qu'il ne nous juge pas quand il soulève pour nous le voile sur les machinations de notre ego. Il voit tout comme une extension de l'amour ou comme un appel à l’amour (T.12.I.3:1, 2, 3, 4).

 

Lorsque nous joindrons Jésus dans notre esprit, nous verrons tout conflit dans le monde, que ce soit au niveau individuel ou au niveau international, dans cette même perspective. Nous ne nierons pas quoi que ce soit que voient nos yeux, mais notre interprétation sera différente de l'interprétation du monde. Dans le contexte de la maladie, le cours observe que « Les yeux du corps continuent à voir les différences. Mais l'esprit qui s’est laissé lui-même guérir, ne les reconnait plus comme réelles. Il y aura ceux qui semblent « plus malades » que les autres, et les yeux du corps rapporteront, comme avant, que leur apparence s’est modifiée. Mais l'esprit guéri les mettra toutes dans une seule catégorie, elles sont irréelles.» (M-8.6:1-4).

 

Et cette perception guérie ne peut survenir qu'après que notre esprit ait lâché prise de sa croyance dans la valeur des conflits et de la guerre comme moyens pour projeter la culpabilité de séparation en dehors de notre propre esprit.  Nous pouvons avoir accepté de participer à un rêve collectif où une guerre externe se déroule, en vue de renforcer la perception de l'ego d’un monde de victimes et d’agresseurs. Mais nous pouvons à tout moment demander de l'aide, tout d'abord en reconnaissant l’objectif de guerre de l'ego pour ce qu’il est, et ensuite en décidant que nous ne souhaitons plus renforcer cette folie dans notre propre esprit. Et avant de pouvoir voir l’innocence sur tous les côtés du conflit, nous pourrions tout d'abord voir la folie sur tous les côtés, et reconnaître que c'est la même insanité que nous partageons avec tout le monde, lorsque nous sommes identifiés à l'ego.

 

Source : www.facimoutreach.org/qa/indextoquestions.htm

Traduction par Hélène CARON :http://www.uncoursenmiraclesurtext.com

Repost 0
21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 20:53

Une question posée à Ken Wapnick :  

 

Question :

Pouvez-vous expliquer en quoi et comment le cours est différent de tout autre chemin spirituel ? J'ai étudié d’autres enseignements non-dualistes, mais il semble que je revienne toujours à ce cours.

 

Réponse :

Tout d'abord, disons que par non-dualité, nous entendons qu'Un Cours en Miracles ne reconnaît qu'une seule dimension de la Réalité -- l’esprit/l'état d'unité parfaite, en quoi le cours se réfère comme étant le domaine de la connaissance. Toute autre chose -- le monde dualiste de la séparation et de la perception, de la forme et de la matière, des idées et des concepts -- est une illusion, et donc n’existe pas réellement.

 

Ce non-dualisme est ce que vous trouverez dans les enseignements supérieurs de l'Hindouisme et du Bouddhisme, mais rarement en Occident. Ce qui rend Un Cours en Miracles unique comme système spirituel ‑‑ ancien et contemporain ‑‑ est l'intégration de cette métaphysique non-dualiste avec une psychologie sophistiquée, largement basée sur les idées de Freud et de ses disciples. Cela signifie essentiellement qu’en même temps que le cours enseigne que le monde est une illusion et rien d'autre qu'un rêve, en dehors de l'Esprit de Dieu, nous sommes invités à pratiquer nos leçons quotidiennes de pardon, à payer une attention particulière à nos expériences quotidiennes ici-bas.

 

La clé de cette intégration se trouve dans l'accent fondamental qui est mis sur l’objectif. L'introduction de cette idée distingue Un Cours en Miracles des autres chemins spirituels. Le cours enseigne que, non seulement le monde est une illusion, mais qu'il est une illusion téléologique; le but étant de faire un monde de corps, soigneusement axé sur la résolution d’une myriade de problèmes physiques et psychologiques qui nous préoccupent quotidiennement, réclamant notre d'attention et de trouver des solutions.  De cette façon l'esprit, la véritable source de nos problèmes, est gardé à l’abri de l’éveil et de la prise de conscience.

 

En outre, Un Cours en Miracles est unique parmi les spiritualités par son insistance à ce que nous examinions l'ego--le côté obscur--comme un moyen d'aller au-delà de lui, jusqu’à la lumière. L’accent n’est donc pas mis sur la vérité, mais sur la suppression de la culpabilité, de la peur et de l'attaque de notre système de pensée de l’ego, ce qui permet à la lumière de la vérité de briller.

Comme Jésus l’enseigne dans un passage représentatif: « Votre tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles au sein de vous-même que vous avez construits contre lui. Il n'est pas nécessaire de chercher ce qui est vrai, mais il est nécessaire de chercher à percevoir ce qui est faux » (T.16.IV.6:1,2).

 

Source : http://www.facimoutreach.org/qa/indextoquestions.htm

traduction : Hélène Caron. (http://www.uncoursenmiraclesurtext.com/)

 

D'autres "questions-réponses à suivre"

 

Repost 0
30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 19:31

Ce texte rassemble un extrait du chapitre 4 (intro) et de larges extraits du chapitre 6 du livre de Kenneth Wapnick intitulé:  "Few choose to listen". (source en fin d'article).
Tel que je l'ai compris, nous ne sommes pas invités ici à rester isolés pour étudier le Cours - sauf si cela est le reflet d'un impérieux désir intérieur - mais simplement à ne pas se sentir obligés de rencontrer nos frères de façon formelle, officielle, au travers d'une organisation quelconque (association, club, société, ashram...ect). Cela ne peut donner que plus de saveur, de magie, aux rencontres informelles qui se créent au gré des courants, des opportunités et des désirs vrais. Des rencontres qui de toutes façons ne sont jamais dues au hasard, mais orchestrées par le Saint-Esprit, notre guide vers l'unité, pour vivre toujours plus de miracles.
Christalain.

Le Cours met toujours l'accent, si vous le lisez correctement, sur le défaire des interférences au niveau de l'esprit individuel de l'étudiant et non sur la forme [...]. C'est pourquoi, comme nous le verrons au chapitre six du livre, il n'y a absolument rien dans le Cours en Miracles sur les groupes et les organisations. Ils sont totalement inutiles au curriculum du Cours et reflètent une projection anthropomorphique sur un Dieu Qui pense maintenant comme un ego dualiste, croyant en une union extérieure, amassant un nombre toujours plus grand d'étudiants et de disciples. Non seulement Jésus ne veut pas de martyrs, mais il ne veut pas non plus de missionnaires. Son amour dans nos esprits est le missionnaire qui s'exprime alors à travers nous.


Ces étudiants du Cours en Miracles bien intentionnés ont ainsi mal compris les mots de Jésus. Se joindre à nos frères est une métaphore concernant la plus grande union des esprits, l'union extérieure étant dénué de sens et potentiellement destructive.

 

Dans la haine particulière, les autres sont continuellement jugés par rapport à nous parce qu'ils ne sont pas aussi particuliers que nous le sommes. En effet, les groupes se définissent comme tels parce qu'ils se jugent différents des autres. Par exemple, l'affirmation "J'ai besoin d'un groupe à qui je peux parler" implique clairement qu'il y a "d'autres groupes qui ne me comprennent pas." De cette façon notre individualité est renforcée puisque la croyance en des différences y est importante. Ainsi la "filialité" est inévitablement envisagée comme étant séparée, [l'illusion de la séparation] étant le but secret de l'ego.


Dans l'amour particulier, ceux qui ne connaissent pas pensent qu'ils entendent une Voix intérieure et particulière, c'est-à-dire la Voix pour Dieu, alors que tout ce qu'ils entendent n'est que la voix de l'ego qui parle uniquement en faveur de leur particularité. Cette erreur rappelle la particularité qui s'est faite passée pour la Chrétienté pendant deux mille ans. Comme cela a été évoqué plus tôt, alors que les chrétiens bien intentionnés se "rassemblaient" dans leurs Eglises particulières, ils continuaient à manifester la vague et parfois vicieuse projection de leur culpabilité inconsciente tout en pensant qu'ils étaient en train de suivre leur Seigneur de l'amour et Prince de la paix. Nous avons vu que lorsque la culpabilité est niée, elle doit être projetée à l'extérieur, donnant inévitablement naissance à un monde particulier du bien et du mal, du saint et du profane, de la victime et du bourreau. Pendant tout ce temps, le véritable Amour du Christ unifié est soigneusement dissimulé par le système de pensée de l'ego et par son monde.


Pour résumer, cela ne peut jamais être trop dit que la véritable union, ainsi que le véritable objet de l'enseignement de Jésus dans Un Cours en miracles, est l'union avec lui ou avec le Saint Esprit dans nos esprits.

 

Cela ne veut certainement pas dire que les étudiants ne devraient ni se réunir en groupe et au cours d'évènements qui sont des expériences authentiques de pardon, ni que les gens ne devraient pas ressentir la présence de Jésus ou du Saint Esprit et que ces expériences abstraites et non particulières ne peuvent pas être traduite correctement par l'esprit de façon spécifique. L'expérience qu'a eu Helen avec Jésus et la rédaction d'Un Cours en Miracles atteste la légitimité de ce phénomène. Mais cela veut dire que l'ego peut très facilement s'immiscer dans ce qui autrement aurait été de valides expériences de pardon ou d'expérience avec Jésus et les transformer en quelque chose de particulier et d'important. Ils se rassemblent alors comme s'ils étaient un groupe à part entière, faisant partie d'une famille ou d'un réseau distinct, ce qui en quelque sorte fait du Cours quelque chose de spécial. Et cette distorsion, née de l'union de l'ego avec lui-même, qui a besoin d'être comprise et abordée, de peur de voir ses progrès spirituels déviés ou même avortés.


L'erreur vient bien sûr du fait de manquer de reconnaître que ce qui unit réellement les gens en tant que famille, c'est leur Source commune qui est uniquement de l'esprit.

 

Une autre forme de particularité dans la spiritualité qu'il nous faut aborder se situe au niveau du Cours en Miracles lui-même. Bien que le Cours en Miracles ne soit bien évidemment pas le premier système de pensée ayant exploré le problème métaphysique de la vérité et de l'illusion, c'est le premier à avoir intégré la psychologie et la spiritualité comme je l'ai évoqué dans ces deux livres. Néanmoins, c'est important de comprendre que  le fait que ce soit le seul ne rend finalement ni ses enseignements, ni ses étudiants meilleurs ou plus méritant des grâces du ciel que les autres.

 

Gloria et moi conseillons très souvent aux étudiants qui participent à nos séminaires que l'une des leçons les plus significatives qu'un étudiant du Cours en Miracles puisse recevoir, c'est d'apprendre comment être en désaccord avec les autres sans que cela soit une attaque. [...] C'est ridicule qu'un étudiant utilise le Cours en Miracles, clairement basé sur des principes de pardon et d'unité, comme une arme contre les autres étudiants, simplement parce qu'ils ont une interprétation et des pratiques différentes.

 

"Un dernier point concernant les groupes qui se forment autour d'Un Cours en Miracles : Le processus central de l'étude du Cours et de son sentier spirituel unique est individuel. Il n'est pas possible d'échapper au travail difficile lié à l'étude individuelle et répétée du texte et des exercices à faire pendant la période d'entraînement d'un an, cela étant partie intégrante du processus d'enseignement du Cours."

 

Ken Wapnick.

Source : le site de Mathieu 
:
http://coursenmiracles.over-blog.fr/

Repost 0
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 21:05

Par KENNETH WAPNICK, Ph.D.    Foundation for A Course in Miracles

Chapitre extrait de  « Introduction Générale à UN COURS EN MIRACLES »

 

  

Ce que j'ai décrit jusqu'à maintenant par les termes de colère et d'attaque n'est réellement que l'une des formes que prend la projection. C'est la forme la plus visible des deux formes d'attaque auxquelles le Cours fait allusion sous le nom de relations spéciales. L'idée de spécialisme (le fait de rendre spécial ou de devenir spécial) et la transformation de nos relations spéciales en relations saintes constituent les concepts les plus difficiles à comprendre dans le Cours et encore plus à vivre et à mettre en pratique.


Les relations spéciales se présentent sous deux formes: la première est la relation spéciale de haine -dont nous venons de parler-, celle où nous cherchons celui qui sera l'objet de notre haine afin de pouvoir échapper à sa vraie cause qui est nous-mêmes. La seconde forme est celle à laquelle le Cours fait allusion sous le nom de relation spéciale d'amour. C'est la plus puissante et la plus perfide, étant la plus subtile. Encore une fois il n'y a pas dans le Cours de concept plus dif­ficile à comprendre ni à appliquer à soi-même. Il n'est fait aucune mention de la relation spéciale dans le livre d'exerci­ces ni dans le manuel, et dans le texte elle n'apparaît qu'au chapitre 15; dans les 9 chapitres suivants, c'est presque la seule chose dont il soit question.


La raison pour laquelle l'amour spécial est si difficile à reconnaître et à résoudre est qu'il semble être quelque chose qu'il n'est pas. Il est très difficile de se cacher le fait que l'on est en colère contre quelqu'un. On peut le faire pendant un moment mais on ne peut pas maintenir cette illusion très longtemps. La relation spéciale d'amour est tout à fait diffé­rente. Elle semble toujours être ce qu'elle n'est pas. C'est vraiment le phénomène le plus tentant et le plus trompeur du monde. Elle suit pratiquement les mêmes principes que la haine spéciale mais sous une forme différente. Nous essayons de nous débarrasser de notre culpabilité en la voyant chez quelqu'un d'autre. Ce n'est réellement qu'un léger voile sur de la haine. Cette haine, je le répète, est celle que nous res­sentons envers nous-mêmes et que nous essayons de rejeter sur un autre afin de ne pas la ressentir. Maintenant je voudrais présenter en termes généraux ses trois modes d'opération et montrer comment, sous prétexte de nous sauver de notre cul­pabilité, par « l'amour » ce que l'ego est réellement en train de faire, c'est de renforcer la culpabilité par la haine.


Permettez-moi de vous décrire d'abord ce qu'est la rela­tion spéciale d'amour et ensuite nous discuterons de la façon dont elle opère. Vous vous rappellerez qu'au début, quand je vous ai parlé de la culpabilité et de toutes ses dénominations, j'ai dit que nous croyons avoir en nous quelque chose qui fait défaut, qui manque. C'est ce que le Cours signifie quand il parle du principe de pénurie qui se trouve en fait à la base de toute la dynamique de l'amour spécial.


Ce que dit le principe de pénurie c'est qu'il y a quelque chose qui manque au-dedans de nous. Quelque chose est resté insatisfait, incomplet. A cause de ce manque nous avons cer­tains besoins. Cela constitue une partie importante de toute l'expérience de culpabilité. Encore une fois nous nous tour­nons vers l'ego en criant: « Au secours! Le sentiment de mon néant ou de mon vide ou du manque de quelque chose, est absolument intolérable; il faut que tu fasses quelque chose. »


L'ego répond: « D'accord, voilà ce que nous allons faire. » Et l'ego commence par nous gifler en pleine figure en disant: « Oui, tu as tout à fait raison; tu n'es qu'une abjecte créature et rien ne peut changer le fait que tu n'as pas ou qu'il te manque ce dont tu as un besoin vital. » Bien sûr l'ego ne nous dit pas que c'est Dieu Qui nous manque car s'il nous le disait, nous choisirions Dieu et il cesserait d'exister. L'ego dit que quel­que chose de fondamental manque en nous et que rien ne peut y remédier. Il ajoute cependant que nous pouvons faire quel­que chose pour soulager la douleur que nous cause ce man­que. Comme il est vrai que rien ne peut combler ce vide énorme en nous, nous pouvons chercher à l'extérieur de nous quelqu'un ou quelque chose capable de compenser ce qui manque en nous.


En gros ce que dit l'amour spécial c'est que j'ai certains besoins spécifiques que Dieu ne peut pas satisfaire parce que, encore une fois, j'ai fait inconsciemment de Dieu mon ennemi et ce n'est pas donc vers le vrai Dieu que je me tourne pour trouver de l'aide à l'intérieur du système de pensée de l'ego. Mais que je te trouve, toi, personne spéciale dotée de certaines qualités ou de certains attributs, et j'aurai décidé que tu réponds à mes besoins spéciaux. Voilà d'où vient l'expression « relations spéciales ». Mes besoins spéciaux seront satisfaits par certaines qualités spéciales en toi, ce qui fait de toi une per­sonne spéciale. Quand tu satisferas les besoins spéciaux que je me suis fixés, je t'aimerai. Et quand je pourrai satisfaire cer­tains besoins spéciaux que tu auras, alors tu m'aimeras. Du point de vue de l'ego, c'est un mariage béni des cieux.

-----------

 C'est pourquoi ce que le monde appelle amour est réelle­ment du spécialisme, lequel est une grosse déformation de l'amour tel que le verrait le Saint-Esprit. Un autre mot pour décrire le même genre de dynamique est la dépendance. Je deviens dépendant de toi pour satisfaire mes besoins et je te rendrai dépendant de moi pour satisfaire les tiens. Tant que nous faisons cela tous les deux, tout va bien. Voilà essentiel­lement ce qu'est le spécialisme. L'intention est de compenser ce qui paraît manquer en soi en se servant de quelqu'un qui comblerait le vide. C'est avec les gens que nous faisons cela de la façon la plus évidente et la plus destructrice. Cependant nous pouvons aussi le faire avec des substances et des choses. Par exemple l'alcoolique essaie de remplir un vide en lui - ou en elle - en ayant une relation spéciale avec la bouteille. Les gens qui abusent de la nourriture font la même chose. Les gens qui ont la manie d'acheter des vêtements, d'accumuler des fortunes, d'acquérir des tas de choses ou de chercher une position dans le monde, tout cela c'est la même chose. C'est tenter de compenser le sentiment de dégoût de soi-même par une action extérieure qui nous fera nous sentir bien. Vers la fin du texte il y a un très beau passage qui dit: « Ne cherche pas à l'extérieur de toi » (T-29.VIII). C'est toujours une idole que nous cherchons à l'extérieur de nous, et elle se définit comme un substitut à Dieu. Or Dieu seul peut satisfaire tout besoin. Ce que fait le spécialisme, c'est de servir les fins de l'ego en semblant nous protéger de notre culpabilité alors qu'en fait il la renforce. Il s'y prend de trois façons principa­les que je vais résumer maintenant.


La première façon, c'est qu'ayant un besoin spécial que tu viens satisfaire, je ferai de toi le symbole de ma culpabilité. (Je parle maintenant dans le contexte de l'ego. Ne nous occu­pons pas du Saint-Esprit pour l'instant). Ce que je fais, c'est de t'associer à ma culpabilité parce que le seul objectif que j'ai donné à ma relation et à mon amour pour toi c'est de ser­vir à satisfaire mes besoins. Donc, alors qu'à un niveau cons­cient je fais de toi un symbole d'amour, à un niveau inconscient ce que j'ai réellement fait de toi c'est le symbole de ma culpabilité. Si je n'avais pas cette culpabilité, je n'aurais aucun besoin de toi. Le fait même que j'ai ce besoin de toi me rappelle inconsciemment que je suis réellement coupable. Voilà donc la première façon: l'amour spécial ren­force la culpabilité dont il essaie de se protéger. Plus tu deviens important(e) dans ma vie, plus tu me rappelleras que la vraie utilité que tu as dans ma vie est de me protéger de ma culpabilité, ce qui renforce le fait que je suis coupable.


Pour nous aider à comprendre ce processus, imaginons que notre esprit est un bocal qui contient toute  notre culpabi­lité. Ce que nous désirons par dessus tout, c'est garder cette culpabilité à l'intérieur de ce bocal sans rien en savoir. Cher­cher un partenaire spécial, c'est chercher quelqu'un qui puisse servir de couvercle à ce bocal. Nous désirons qu'il le ferme hermétiquement. Tant que le couvercle fermera bien le bocal, ma culpabilité ne pourra pas émerger dans ma cons­cience et donc je n'en saurai rien; elle restera dans mon inconscient. Le fait même que j'ai besoin de toi pour servir de couvercle à mon bocal me rappelle qu'il y a quelque chose de terrible que je détesterais voir s'échapper ou se répandre. Encore une fois le fait même que j'ai besoin de toi me rap­pelle inconsciemment que j'ai toute cette culpabilité.


La seconde façon dont l'amour spécial renforce la culpa­bilité se fait par le « syndrome de la mère juive ». Qu'est-ce qui arrive quand une personne qui jusque-là remplissait tous mes besoins, se met soudain à changer et ne répond plus exactement à mes besoins de la même façon qu'auparavant? Les êtres humains ont le talent infortuné de changer et de grandir; ils ne restent pas figés comme on le souhaiterait. Cela signifie que quand la personne commence à changer (elle n'a plus besoin de moi de la façon dont elle avait besoin de moi au début), le couvercle du bocal commence à se dévis­ser. Mes besoins spéciaux ne sont plus satisfaits sous la forme que j'avais demandée. Quand le couvercle se devise, ma cul­pabilité dévisse monte soudain à la surface pour s'échapper et devient menaçante. La culpabilité qui s'échappe de ce bocal signifie ma prise de conscience de l'horrible chose que je crois être. Et c'est cette expérience que je voudrais éviter le plus au monde.


Dans un passage de l'Exode, Dieu dit à Moïse: « Personne ne peut regarder ma face et vivre. » Nous pouvons déclarer la même chose au sujet de la culpabilité: personne ne peut regarder la face de la culpabilité et vivre. L'expérience qui consisterait à confronter l'horreur que nous croyons être serait si épouvantable que nous ferions n'importe quoi au monde pour l'éviter. Aussi, quand le couvercle se desserre et que ma culpabilité commence à bouillonner à la surface, je me mets à paniquer parce que tout d'un coup je suis confronté par tous ces horribles sentiments que j'ai à mon sujet. Mon but est donc très simple: revisser ce couvercle aussi vite que possible. Cela signifie que je désire que tu retournes là où tu étais auparavant. Le moyen le plus efficace au monde de con­traindre une personne à faire ce qu'on veut, c'est de la rendre coupable. Si vous voulez qu'une personne fasse ce que vous voulez, faites-la se sentir vraiment coupable et elle fera ce que vous désirez. Personne n'aime se sentir coupable.


La manipulation par la culpabilité est la marque typique de la mère juive. Ceux qui ne sont pas juifs en sont tout aussi conscients. Que vous soyez italien, irlandais, polonais ou autre chose, c'est toujours le même système parce que ce syn­drome est universel. J'essaierai de vous faire sentir coupable en vous disant quelque chose comme ça: « Qu'est-ce qui t'est arrivé? Toi qui étais si gentil, affectueux, sensible, doux, décent, attentionné et compatissant, regarde-toi! Regarde combien tu as changé! Maintenant tu t'en fiches complète­ment. Tu es égoïste, tu ne penses qu'à toi, tu es complètement indifférent » et ainsi de suite. Tout ce que j'essaie vraiment de faire c'est de te faire sentir coupable pour que tu redeviennes comme tu étais auparavant. Tout le monde en est conscient, n'est-il pas vrai?


Alors, si tu joues au même jeu de culpabilité que moi, tu feras ce que je veux et ensuite le couvercle se refermera et je t'aimerai comme avant. Si tu ne joues plus ce jeu-là, je me mettrai vraiment en colère contre toi et mon amour se trans­formera très rapidement en haine (ce que c'était tout le temps). On déteste toujours celui dont on dépend pour les raisons que j'ai énumérées dans le premier exemple, parce que la personne dont on dépend force à se souvenir de sa pro­pre culpabilité et on déteste cela. Alors, par association, on déteste la personne soi-disant aimée. Le second exemple le montre bien. Quand vous ne répondrez plus à mes besoins comme je le désire, je commencerai à vous détester. La rai­son pour laquelle je vous détesterai est que je trouve impossi­ble de confronter ma propre culpabilité. Cela s'appelle la fin de la lune de miel. Cela semble arriver de plus en plus tôt ces jours-ci.


Quand les besoins spéciaux ne sont plus satisfaits comme ils l'étaient au début, l'amour se change en haine. Ce qui arrive quand l'autre personne dit qu'elle ne servira plus de couvercle à votre bocal est évident. Je trouve quelqu'un d'autre. Le livre d'exercices le dit bien dans une des leçons: « Un autre peut être trouvé » (L-pI.170.8:7), et assez facile­ment. Alors la même dynamique se poursuit d'une personne à une autre. Vous pouvez la répéter à perpétuité ou vous finis­sez par vous occuper de votre vrai problème qui est celui de votre culpabilité.


C'est en abandonnant cette culpabilité que vous pourrez vous engager dans une relation différente. Ce sera l'amour tel que le conçoit le Saint-Esprit. Jusque-là et tant que votre seul but sera de dissimuler votre culpabilité, vous ne ferez que chercher d'autres couvercles pour votre bocal. Le monde coopérera toujours à trouver des gens qui satisferont ce besoin. Tout ce que nous ferons, ce sera de nous engager dans une série de relations spéciales, les unes après les autres, pro­cessus que le Cours décrit en détails assez pénibles.


La troisième façon dont le spécialisme dissimule la haine et la culpabilité sous couvert d'amour, concerne les deux rela­tions de haine et d'amour. Chaque fois que l'on se sert d'une personne pour satisfaire ses besoins, on ne la voit pas réelle­ment pour ce qu'elle est; on ne voit pas vraiment le Christ en elle. Il est plus intéressant de la manipuler pour qu'elle réponde à nos besoins. Nous ne la considérons pas réellement pour la lumière qui brille en elle; nous la considérons pour la forme particulière de ténèbres qui correspondra le mieux à notre forme particulière de ténèbres. Chaque fois que nous nous servons d'une personne ou que nous la manipulons pour satisfaire nos propres besoins, nous l'attaquons parce que nous attaquons sa vraie identité de Christ et nous la voyons comme un ego, ce qui renforce l'ego en nous. L'attaque est toujours haine, aussi doit-elle nous faire sentir coupables.


Voilà donc les trois façons dont l'ego renforce la culpa­bilité, même s'il déclare agir différemment. C'est pourquoi le Cours décrit la relation spéciale comme le foyer de la culpabilité.


Encore une fois ce qui fait de l'amour spécial une défense si efficace et si ravageuse du point de vue de l'ego, c'est qu'il semble être quelque chose qu'il n'est pas. Il semble être si beau, si plein d'amour, si saint au premier abord. Mais il change bien vite à moins qu'on ne dépasse son apparence pour arriver au problème fondamental qu'est notre culpabilité.


Dans le texte il y a un passage très important qui est inti­tulé: « Les deux tableaux » (T-17.IV); il décrit la différence qui existe entre le tableau de l'ego et celui du Saint-Esprit. Le tableau de l'ego est l'amour spécial: c'est un tableau de cul­pabilité, de souffrance et finalement de mort. Ce n'est pas le tableau que l'ego désire que nous voyons car, encore une fois, si nous savions vraiment ce que l'ego manigance, nous ne voudrions pas y prêter attention. Aussi l'ego met-il le tableau dans un très beau cadre tout orné, étincelant de dia­mants et débordant de rubis et de toutes sortes de pierres pré­cieuses. Séduits par le cadre ou par les bons sentiments que le spécialisme prétend nous offrir, nous ne nous rendons pas compte que le cadeau réel est la culpabilité et la mort. Ce n'est qu'en regardant le cadre de plus près que nous nous apercevons que les diamants sont réellement des larmes et que les rubis sont des gouttes de sang. Voilà ce qu'est l'ego. C'est un passage extrêmement puissant. Par contre le tableau du Saint-Esprit est tout à fait différent. Le cadre en est très léger et tombe pour nous faire voir le vrai don, qui est l'Amour de Dieu.


Il y a une autre qualité très importante qui indiquera à coup sûr si vous êtes engagé(e) dans une relation spéciale ou dans une relation sainte. Ce sera votre attitude envers les autres. Si vous vous êtes engagé dans une relation spéciale, elle sera exclusive. Il n'y aura de place pour personne d'autre. La raison en est évidente une fois que vous vous rendez compte de la façon dont opère l'ego: si je fais de vous mon sauveur et que c'est de ma culpabilité que vous me sauvez, alors votre amour pour moi et l'attention dont vous m'entou­rez doivent me sauver de ma culpabilité que j'essaie de cacher. Si par contre votre intérêt se porte ailleurs - que ce soit sur une personne ou une activité -, je ne recevrai pas cent pour cent de votre attention. Je recevrai d'autant moins d'attention ou d'intérêt que vous vous les placerez sur autre chose ou sur quelqu'un d'autre. Tout cela veut dire que si je ne reçois pas cent pour cent de votre intérêt, le couvercle de mon bocal commencera à se dévisser. C'est l'origine de toute jalousie. Voilà pourquoi les gens deviennent jaloux et sentent que leurs besoins spéciaux ne sont plus satisfaits de la façon dont ils l'espéraient.


Si donc vous aimez quelqu'un en plus de moi, je recevrai moins d'amour de vous. Pour l'ego l'amour se mesure. Il n'y en a qu'une certaine quantité; quand j'aime celui-ci, je ne peux pas aimer autant celui-là. Pour le Saint-Esprit l'amour est qualitatif et inclut tout le monde. Cela ne veut pas dire que nous aimons tout le monde exactement de la même façon; cela n'est pas possible en ce monde. Cela veut dire cependant que la source de l'amour est la même pour tous; l'amour est le même mais les moyens d'expression varient.


J'« aimerai » mes parents « plus » que je n'aimerai les parents de quelqu'un d'autre dans la pièce, non en qualité mais en quantité. L'amour sera au fond le même mais, bien sûr, il s'exprimera de façon différente. Ce n'est pas que j'aime moins vos parents parce que j'aime les miens ou bien que mes parents sont meilleurs que les vôtres. Cela veut dire que ces personnes soient celles que j'ai choisies car ma relation avec elles m'apprendra à pardonner et me permettra ainsi de nie souvenir de l'Amour de Dieu. Cela ne veut pas dire que vous devez vous sentir coupable d'entretenir une relation plus intime avec certaines personnes qu'avec d'autres. Il y a des exemples dans les évangiles qui illustrent bien que Jésus était plus proche de ses disciples que des gens qui le suivaient. Non qu'il ait moins aimé ces gens-là, mais l'expression de son amour était plus intime et plus profonde avec certaines personnes qu'avec d'autres.


Dans une relation sainte, aimer une personne ne signifie pas exclure les autres; on n'aime pas aux dépens de quelqu'un d'autre. L'amour spécial se donne toujours aux dépens de quelqu'un d'autre. C'est toujours un amour fondé sur la comparaison, où certaines personnes sont comparées à d'autres; il manque quelque chose à certains, d'autres sont acceptables. L'amour de ce monde n'est pas comme cela. Vous reconnaissez que certaines personnes vous ont été « données » et que vous les avez choisies pour pouvoir appren­dre et enseigner certaines leçons; cela ne rend pas cette per­sonne meilleure ou pire qu'une autre. Encore une fois on peut toujours distinguer une relation spéciale d'une relation sainte par son degré d'exclusion des autres.

 

 Ken   WAPNICK.

Repost 0