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  • : l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
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Un cours en miracles


Vous pouvez rejoindre la  famille  du "COURS EN MIRACLES" (et de la non-dualité authentique) en me contactant directement pour des rencontres "réelles dans l'illusion" , notamment dans la région "Ain, jura, Rhône, Haute-savoie". Consultez l'annuaire
A bientot !  
Christalain

 

 

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"La connaisance qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre aussi clairement que tu es libre" . UCEM

 

Bienvenue sur Axialmedia, blog dédié à l'exploration de la conscience, à la connaissance de "Soi". Une approche holistique à travers des articles, des partages à la fois personnels et collectifs. Un peu d'analyse, un peu de poésie, un peu de littérature, un peu de philosophie, un peu de psychologie, beaucoup de métaphysique...  un peu de tout ce qui peut favoriser le rappel de notre véritable nature. Présentation générale du blog ici. Mais Axialmédia, c'est surtout une approche de l'éveil  dans l'esprit non-duel d'Un Cours en miracle: radicale et sans concessions.  A ce propos, avant la lecture de tout article en rapport direct avec le Cours en miracles, il est vivement conseillé de consulter cet article. Pour tout commentaire général, toute question particulière, ou toute suggestion, toute critique ou tout encouragement, n'hésitez pas à m'écrire.   christalain.1000@orange.fr
     
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" Le secret du réveil à ton immortalité, c'est la maitrise non des choses de ce monde, mais du regard que tu poses sur lui ".   Gary Renard
 

 

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Mise a jour le :


1er novembre 2016   

 

* "En passant..."

 

* "Nomade in love"

 

*  "Un Cours en miracles vu par S.Sobottka"

   

 

1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 17:36

Vous croyez le monde objectif alors qu’il n’est qu’une projection de votre psyché. Voilà la confusion fondamentale, et ce n’est pas une explosion qui vous guérira. Vous devez vous penser en dehors. Il n’y a pas d’autre voie.

 

Comment pourrais-je me penser en dehors quand mes pensées vont en viennent à leur gré. Ce bavardage sans fin me distrait et m’épuise.

 

Regardez vos pensées comme vous regarderiez le trafic de la rue. Les gens vont et viennent ; vous enregistrez, mais sans réponse. Au début, ce n’est pas facile, mais avec de la pratique vous vous apercevrez que votre mental peut fonctionner sur plusieurs plans à la fois, et que vous pouvez être conscient de tous. Ce n’est que vous portez un intérêt particulier à un plan précis que votre attention s’y laisse prendre et que les autres plans sont obscurcis. Mais, même alors, ces autres plans continuent à fonctionner, mais hors du champ de conscience. Ne vous battez pas contre vos souvenirs et vos pensées ; essayez seulement d’inclure dans le champ de votre attention les autres questions, plus importantes, telles que :

 

« Qui suis-je ? Comment se fait-il que je sois né ? D’où vient cet univers qui m’entoure ? Qu’est-ce qui est réel ? Qu’est-ce qui est transitoire ? »

 

Nul souvenir ne persistera si vous ne leur attachez aucun intérêt ; c’est l’attachement émotionnel qui perpétue l’esclavage. Vous êtes toujours à la recherche du plaisir, à vouloir éviter la souffrance, toujours à la poursuite de la paix et du bonheur. Ne voyez-vous pas que c’est la quête même du bonheur qui vous rend misérable. Essayez l’autre voie : indifférent à la souffrance et au plaisir, ne demandant rien, ne refusant rien, donnez une totale attention au plan où le « je suis » est intemporellement présent. Très vite, vous réaliserez que la paix et le bonheur sont inhérents à votre nature, et que les perturbations viennent du fait que vous les recherchez au travers de certaines filières. Evitez les perturbations, c’est tout. Il est inutile de chercher ; vous ne chercheriez pas ce que vous avez déjà. Vous êtes Dieu, la réalité suprême.

 

Pour commencer, faites-moi confiance, ayez confiance en votre maitre. Cela vous permettra de faire le premier pas et puis votre confiance trouvera sa justification dans votre propre expérience. Dans la vie la confiance de départ est essentielle à toute démarche. Sans elle on fait peu de choses. Toute entreprise est un acte de confiance. Même manger votre pain quotidien est un acte de confiance. En vous souvenant de tout ce que je vous ai dit, vous réussirez en tout. Je vous le répète à nouveau : vous êtes la réalité omniprésente, transcendant tout. Conduisez-vous en conséquence : pensez, sentez, agissez en harmonie avec le tout, et très vite l’expérience réelle de ce que je vous dis se fera jour en vous. Aucun effort n’est nécessaire.

 

Ayez la foi, prenez appui sur elle. Je vous en prie, rendez-vous compte que je n’attend rien de vous. Je parle dans votre intérêt. Parce que vous vous aimez par-dessus tout,  vous voulez pour vous-même la sécurité et le bonheur. N’en ayez pas honte, ne le niez pas. Il est naturel et bon que vous vous aimiez. Mais il faudrait que vous sachiez exactement ce que vous aimez. Ce n’est pas le corps, c’est la vie que vous aimez : percevoir, sentir, penser, agir, aimer lutter ; cette vie qui est tout. Réalisez-là dans sa totalité, au-delà de toute division et de toute limitation, et tous vos désirs se fondront en elle car le plus grand contient le plus petit.

 

Trouvez-vous donc, parce qu’en vous trouvant, vous trouvez tout. Tout le monde est heureux d’exister, mais peu en savent la plénitude. Vous parviendrez à la connaitre en demeurant dans l’esprit, dans le « je suis, je sais, j’aime », avec la volonté de pénétrer le sens le plus profond de ces mots.

 

Sri Nisargadatta Maharaj – « Je suis » – Extrait de la conversation N° 51.

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 10:01

Sri Nisargadatta Maharaj:  extrait du livre:  « je suis » (dialogue N°50)   

 

 

Q: Ce n'est pas contre la mort que je me rebelle, c'est contre la façon de mourir.

 

M : La mort est naturelle, la manière est le fait de l’homme. Se sentir séparé cause la peur et l’agressivité, qui causent, à leur tour, la violence. Débarrassez-vous des séparations crées par l’homme et toutes ces horreurs, ces gens qui s’entretuent, disparaîtront. Mais dans la réalité, il n’y a ni tuerie, ni mort. Le réel ne meurt pas, le non-réel n’a jamais vécu. Mettez votre mental d’aplomb et tout se trouvera d’aplomb. Quand vous savez que le monde est un, que l’humanité est une, vous agissez en conséquence. Mais il vous faut d’abord vous occuper de vous, de votre manière de sentir, de penser et de vivre. A moins que l’ordre ne règne en vous, il ne peut pas régner dans le monde.

 

En réalité, rien n’arrive. La destinée projette éternellement, sur le mental, ses images, souvenirs d’anciennes projections ; l’illusion, ainsi, se renouvelle constamment. Les images vont et viennent – lumière interceptée par l’ignorance. Voyez la lumière et négligez le film.

 

Q : Que d’insensibilité dans cette façon de voir les choses ! Des gens tuent, d’autres sont tués, et vous parlez de cinéma.

 

M : Allez-y donc, et soyez tué – si c’est ce que vous pensez de voir faire. Ou même, allez-y pour tuer, si vous croyez que c’est votre devoir. Mais ce n’est pas la manière d’en finir avec le mal. Le mal, c’est la puanteur d’un mental malade. Soignez votre mental et il  cessera de projeter des images distordues et horribles.

 

Q : Je comprend ce que vous dites, mais émotionellement, je ne peux pas l’accepter. Cette vision de la vie, purement idéaliste, me rebute profondément. Tout simplement, je ne parviens pas à penser que je suis, en permanence, dans un rêve.

 

M : Comment pourriez-vous être en permanence dans un état causé par un corps impermanent ? L’incompréhension vient de votre opinion d’être un corps. Examinez cette idée, voyez les contradictions qu’elle implique. Réalisez que votre existence présente est comme une pluie d’étincelles – chaque étincelle dure une seconde, la pluie une minute. Un chose dont le commencement est la fin ne peut, assurément, pas avoir de milieu : respectez vos propres termes. La réalité ne peut pas être transitoire. Elle est intemporelle, mais intemporalité ne signifie pas durée.

 

Q : J’admet que le monde dans lequel je vis n’est pas le monde réel. Mais il existe un monde réel dont je vois une image distordue. La distorsion est peut-être due à une défectuosité du mental ou du corps. Mais quand vous dites qu’il n’y a pas de monde réel mais seulement un monde du rêve dans mon mental, je ne peux pas y adhérer. J’aimerais pouvoir croire que toutes les horreurs e l’existence ne sont que parce que j’ai un corps. Le suicide serait une issue.

 

M : Tant que vous attacherez  de l’importance aux idées, les vôtres et celles des autres, vous connaîtrez le trouble. Mais si vous rejetez tous les enseignements, tous les livres, tout ce qui s’exprime en mots, si vous plongez profondément en vous-même et que vous vous y trouviez, rien que cela résoudra tous vos problèmes et vous laissera la pleine maîtrise de toutes les situations parce que vous ne serez plus  dominé par les idées que vous avez de la situation.

 

Prenons une exemple, vous êtes en compagnie d’une femme attirante. Des idées prennent corps à ce sujet et cela crée une situation sexuelle. Un problème vient de naître et vous vous plongez dans des livres sur la continence ou l’art d’aimer. Si vous étiez un bébé, vous auriez pu être nus tous les deux ensemble sans que se pose le moindre problème. Cessez de penser que vous êtes un corps et les questions d’amour et de sexe perdront toute signification. Tout sentiment de limitation disparu, la peur, l’angoisse et la recherche du plaisir – tout disparaît. Seul demeure l’éveil.

 

Sri Nisargadatta Maharaj

 

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 20:36

A partir du moment où l’être humain devient conscient, il cherche à être de plus en plus heureux. C’est l’origine de toutes les formes d’activité dans l’univers. C’est ainsi que l’univers lui-même a atteint l’existence, par l’intermédiaire de la forme atomique (atmique) de la conscience. Mais quelle est cette conscience atomique ?

 

Il n’y avait rien - pas même rien, aucun semblant - avant qu’apparaisse la connaissance de soi. Dans cet état sans état s’est dressé la connaissance de l’existence, la prise de conscience de son propre être. En fait, il n’y avait ni temps, ni espace, ni cause. La conscience était sans cause, il est donc futile de vouloir en chercher une. Il n’avait pas de temps, on ne peut donc pas la dater. Il n’y avait pas d’espace, on ne peut pas non plus la situer. Voilà pourquoi les Védas, Shrutis et les grands yogis, comme Shankara, déclarent, s’appuyant sur l’expérience intuitive, qu’il n’y a ni cause, ni temps, ni espace. Il n’y avait pas non plus de soleil, car il n’y avait pas d’espace lui permettant d’exister, et pourtant la conscience atomique était là, elle était ressentie comme telle et il n’y avait rien d’autre.

 

Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait rien, ni au-dessus, ni au-dessous, à même d’en prendre conscience. Seule la conscience d’être était là. Combien de temps a duré cet état ? Il n’existe aucune possibilité de réponse. Le grand miracle est que cet état d’existence était présent et avec lui un désir cosmique et sa réalisation immédiate. C’est ainsi que le miracle s’est matérialisé, miracle désigné plus tard par le mot Dieu. En conséquence l’homme était convaincu que partout où il y avait Dieu, il y avait miracle et que partout où il y avait miracle, il y avait Dieu. Cette conviction l’a conduit à souhaiter que Dieu lui soit propice. Mais il n’est pas parvenu à comprendre la nature essentielle de Dieu. Chaque peuple différent possède sa forme particulière de dévotion et cette forme se perpétue. Que Dieu et ses miracles soient une seule chose est exacte, mais l’interprétation de cette vérité est multiple. Ici par exemple, elle est différente de ce qu’elle est ailleurs ; pour eux Dieu est unique, pour nous c’est le contraire.

 

Celui qui ne désire que la vision de Dieu, rien d’autre, peut seul la découvrir, comprenez cela. Et la merveille des merveilles est qu’il atteint également la béatitude. Seule la scintillante conscience du Commencement participe à cette béatitude, car elle seule a la nostalgie de l’harmonie parfaite. La conscience a traversé de multiples incarnations. Ces incarnations sont des changements de forme, de qualité et de situation correspondant aux intérêts et aux désirs de cette conscience. Quelle est l’origine de tout cela ? C’est la persistance de ces désirs, de ses "vouloirs". Une des qualités de la conscience est la possibilité spontanée de prendre toute forme souhaitée. La conscience atomique primordiale est en accord avec ces "vouloirs" et leur réalisation est instantanée. C’est ainsi que la conscience est devenue multiple et omniprésente.

 

Cet ensemble - chacun dans sa nature et forme propre - bien qu’apparemment multiple est unique dans son essence, il a seulement étendu son être et inclus toutes ses possibles variations. L’énergie d’un atome unique s’est diversifiée en un grand nombre de centres, chacun possédant ses propres particularités et sa propre volonté. Cette situation a créé de multiples conflits. À chaque instant la volonté de ces centres innombrables s’exerce de façon différente. Chaque "vouloir" entrant en lutte avec les autres, il ne pouvait en résulter qu’une grande confusion. Généralement, l’atome de volonté ignore le "pourquoi" et le "comment" de son désir, mais sa réalisation se doit d’être là. Le résultat concret des désirs de ce "vouloir" atomique peut être observé au moment de la destruction cosmique, quand l’univers entier est réduit en cendres.

 

Mais les "vouloirs" imprégnés d’amour ne sont pas, eux, tous effacés.  Les grands moments de joie de ce monde sont dus à ces "vouloirs". La qualité de l’énergie individuelle alimentant le vouloir est toujours opérante, elle appartient à son essence et relève de la Force Première. Personne ne peut devenir conscient de soi-même en dehors de cette qualité. Quiconque a l’expérience du Soi le doit à cette qualité. Se considérer comme quoi que ce soit d’autre est un péché, une dégénérescence ; c’est créer la dualité. L’énergie primordiale qui a scintillé à l’origine a éprouvé un désir, à la suite de quoi elle est devenue multiples centres de "vouloir". En réalité elle est une et homogène mais, en raison de l’ignorance, elle paraît hétérogène. La créature se considère comme une chose différente mais, en réalité, il n’y a aucune transformation de la fibre originelle. La seule chose différente est cette idée stupide de différence. Elle peut être effacée par la pratique de upasana. Par cette pratique l’unité ultime sera atteinte.

 

Il a été déclaré plus haut qu’il n’y ni temps, ni espace, ni cause, au moment du premier frémissement de l’énergie atmique. À quoi bon, direz-vous, parler de toutes ces caractéristiques et ces différents concepts ?

La raison est la suivante. Le tressaillement de cette énergie atomique est nommé par le Vedanta : Le Grand Principe. La qualité essentielle de ce principe est la conscience. Cette conscience, "consciente d’être consciente", se déploie instantanément en éther (akasha). Comment pourrions-nous être conscient du temps si cette conscience n’existait pas ? Ce vaste déploiement de l’éther est l’espace. On peut en déduire que les trois ne sont qu’un Seul, Unique Grand Principe.

 

C’est une seule qualité qui a transformé ce principe en espace, temps et cause. Ensuite sont apparus les trois Gunas et les cinq éléments. La rapidité de cette opération est littéralement inconcevable. La conscience se transforme en éther, qui a son tour devient espace. Le scintillement originel s’est déployé en espace et il est devenu air. L’air a réuni sa force vive et le feu est né à l’existence. La vibration du feu s’intensifia, il devint froid et là était l’eau. L’eau se refroidit encore et elle se transforma en terre. Toutes ces caractéristiques des formes précédentes sont cristallisées dans la terre et les vibrations de ces formes se trouvent en elle. En vertu de ces différentes qualités sont apparus d’innombrables êtres vivants et d’innombrables végétaux ; mais au sein de tous, le tressaillement de la Force Première est présent.

 

Le scintillement originel qui a précédé l’éther est présent dans chaque électron, dans chaque proton et il augmente continuellement sa puissance. Aussi longtemps que la palpitation de l’atome est effective, chacun de ses éléments est en mouvement. Le Principe originel imbibe l’ensemble de la manifestation et tous ses composants. Qu’ils soient matière inerte ou êtres vivants, la Force Première est en eux continuellement agissante. La créature ignorante pense qu’elle peut "faire" quelque chose, que cela peut être bien ou mal ; elle se ressent comme heureuse ou malheureuse. Mais la conscience originelle ne perçoit rien d’autre qu’elle-même.

 

Elle n’a pas d’organes, néanmoins elle agit au travers d’innombrables organes. Elle n’est jamais polluée et ne pourra jamais l’être. La conscience, enfermée dans cette structure physique dérisoire, souffre de ses propres limitations. Les multiples centres de conscience entourés d’adjonctions limitatives, pensent être différents de la source originelle. Mais il n’y a qu’un être, qu’un esprit, qu’une qualité ; sans forme, sans parties, au-delà du temps, au-delà de l’espace, débordante d’immensité : la pure conscience qui est Une. Il n’y a là aucune possibilité de différence, de distinction. Tout arrive au moment voulu en accord avec la loi qui nous domine tous. Mais la créature, abusée par le souci de désirs dérisoires, de "moi" et de "mien", souffre inutilement ; elle se limite seulement à sa personne. Mais tout se matérialise au moment adéquat. Quand Ravanah devient intolérable, Râma apparaît pour vous soulager. Quand Kama devient tyran, Krishna est là pour la contrer.

 

Voilà comment se maintient l’alternance des hauts et des bas. La force qui contrôle tous ces événements est toujours la même. Elle ne change jamais. Il n’est pas possible qu’il existe un Dieu à une époque et un Dieu différent à une autre, c’est pourtant ce que pense la créature ignorante. Un élément unique donne naissance à la magnificence de cet univers manifesté. En l’absence de cet élément simple, il n’y a qu’absolu silence.

Quand cette qualité unitive est reconnue et totalement acceptée, le cœur se fond dans le Cœur, la confidence dans le Confident. Il existe alors un sens suprême de l’unité originelle de toutes choses, un sens de l’inaliénable et mutuelle unité de toutes choses. Et en plus, une claire conscience de l’appartenance à l’Un de tous les différents caractères présents dans la manifestation.

 

Alors la suprême réalité est atteinte ; c’est appelé le Soi suprême. Tout temps, tout espace et toutes causes sont devenus Un pour l’éternité. Seul l’Un est omniprésent et éternellement actif. Il ne connaît ni gain, ni perte, ni mort. Il est non-né, sui-generis, éternel et pourtant il naît à chaque instant et se manifeste à chaque époque. Toute connaissance intellectuelle et spirituelle s’arrête ici.

 

Texte écrit en langue Marathi par Nisargadatta Maharaj dans les années 1950.

Source : http://www.inner-quest.org

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:21

Nisargadatta Maharaj : Quoi que vous « ne soyez pas » (corps, mental, intellect, etc.), vous l’avez accepté et en fait, substitué à la réalité et à cause de cela, il y existe une certaine peur. Toutefois, lorsque vous connaîtrez votre véritable état, vous serez capable d’aller à peu près partout, sans aucune peur. Si vous pouviez vous voir réellement tel que vous êtes, alors, il n’y aurait plus de peur de la mort ni de quoi que ce soit d’autre.


Quoi que vous possédiez (et vous possédez une sorte de faux courage), vous dites « mon corps, mon mental » etc., mais, en réalité, ils ne sont pas du tout à vous. Vous vous êtes arrogé la possession de choses qui ne sont pas réellement vôtres. Vous êtes, depuis toujours, différent de ces choses. Dans l’état de rêve quelqu’un vous dit quelque chose, mais ni la personne qui vous parle, ni la personne qui écoute, n’est réelle, car toutes deux n’existent que dans le rêve. C’est exactement notre situation, en ce moment. Je suis l’enseignant et vous êtes ceux qui écoutent, mais, ce n’est que dans le rêve ou l’apparence. Lorsque vous vous éveillez complètement, il n’y a ni enseignant, ni enseignés.


Une fois que j’ai réalisé la nature de cette conscience de Je suis : i.e. comment elle est apparue sur mon état véritable, qu’elle est réellement quelque chose d’illusoire ; lorsque j’en ai donc pris pleinement connaissance, alors, la conscience de Je suis, (dans laquelle est contenu l’univers entier), se dissout et se fond dans le Moi. À la lumière de cette conscience de Je suis, l’univers entier s’est formé, mais la lumière de cette conscience de « Je » n’est rien d’autre que la réflexion de la lumière de l’état véritable ou Réalité.


La conscience de Je suis est le monde, et il n’y a rien de mal dans le fait de voir ou d’être témoin de ce monde. L’erreur vient seulement lorsque vous le prenez pour réel, comme nous le faisons pratiquement tous. Dès que vous émergez de l’état de rêve, pour entrer dans l’état de veille, vous rejetez systématiquement le rêve et dites qu’il n’était pas réel, que ce n’était qu’un rêve. De même, l’état de veille dans lequel nous percevons ce vaste univers, avec toutes ses étoiles et ses planètes etc. est également un rêve, je le répète donc, éveillez-vous à votre propre Réalité. Éveillez-vous ! Arrêtez de rêver, tout simplement. Ce monde n’a jamais vraiment existé, il n’a jamais été créé, c’est un rêve ! Alors sachez-le, et réalisez-le ! C’est tout.  Une fois que vous avez pleinement absorbé cette compréhension, plus rien n’est nécessaire, plus de questions ou doutes ne peuvent se poser. Existe-t-il quelque chose d’aussi simple, et, en même temps, d’aussi sublime ? "

 

J'ai fait ce que m'a dit de faire mon Maître. Tout temps gagné, je le consacrai à m'observer en silence. Cela opéra en moi un changement rapide et profond. Il ne me fallut pas plus de trois années pour réaliser ma véritable nature". En réalité, rien n’arrive. La destinée projette éternellement, sur le mental, ses images, souvenirs d'anciennes projections ; l'illusion, ainsi, se renouvelle constamment. Les images vont et viennent - lumière interceptée par l'ignorance. Voyez la lumière et négligez le film.


Tant que vous attacherez de l'importance aux idées, les vôtres et celles des autres, vous connaîtrez le trouble. Mais si vous rejetez tous les enseignements, tous les livres, tout ce qui s'exprime en mots, si vous plongez profondément en vous-même et que vous vous y trouviez, rien que cela résoudra tous vos problèmes et vous laissera la pleine maîtrise de toutes les situations parce que vous ne serez plus dominé par les idées que vous avez de la situation.  " Tu n'es pas ce que tu crois être - Trouve ce que tu es - Observe le sens de 'Je suis', découvre ton véritable Soi. "


Chacun s'efforce de protéger le facteur temps, c'est-à-dire la conscience. Ils veulent le préserver, le conserver. Aussi longtemps que le temps est là, la conscience est là et la conscience est là aussi longtemps que le corps est là. Lorsque l'existence humaine s'achève, le temps n'existe plus. Tant que l'être est là les activités se poursuivent, mais dès que vous avez pris conscience que vous n'êtes pas ce corps, la manifestation n'a plus pour vous aucun attrait. Quand un boucher atteint la compréhension ultime il poursuit sa vocation d'abattre les animaux, parce qu'il sait qu'il s'agit d'une des fonctions du corps et qu'il n'est pas plus le corps". Vous êtes l'ensemble de tout ce qui existe mais votre orgueil conditionne cette splendeur aux dimensions de votre corps et vos convictions vous limitent à des formes illusoires.

 

Il faut que vous compreniez ce qu'est cette conscience, elle ne comporte pas ces catégories, établies par les psychologues : ego, anima, subconscient, supra-conscient. Ils s'efforcent de construire un système afin de justifier leurs concepts. Orientez-vous vers ce qui précède les concepts. Lorsque vous réussirez malgré tout à comprendre et à vous établir dans cette pure observation, de nombreuses choses vont surgir en vous, c'est-a-dire dans votre conscience et vous allez penser 'je suis ceci, je suis cela'. Des miracles même peuvent se produire mais ne vous y associez surtout pas parce que tout cela se maintient au niveau de la conscience et la conscience n'est pas la réalité. Ce que vous pouvez accepter n'est pas la réalité.

 

Maharaj : Il n'y a personne ici qui soit âgé de 100 ans. Est-ce qu'il en découle que vous n'existiez pas il y a 100 ans ?

Question : Je n'en sais rien.

Maharaj : Celui qui dit "je n'en sais rien" doit forcément avoir été là; vous n'étiez pas ce que vous êtes maintenant, mais vous étiez forcément quelque chose. Comprenez-moi bien. Il y a cent ans je n'existais pas sous ma forme présente; celui qui dit ça doit avoir existé. Vous existez dans l'éternité, avant, pendant, et pour toujours.

 

Sri Nisargadatta Maharaj

Extrait de « Conscience et absolu »

  

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:37

Question : Que puis-je faire pour amener la réalité à se manifester ?

 

Réponse : Vous ne pouvez rien faire, mais vous pouvez éviter de créer des obstacles. Observez votre mental, voyez comment il naît, comment il fonctionne. En observant votre mental, vous découvrirez votre soi, qui est l’observateur. Quand vous vous tenez immobile, ne faisant que regarder, vous vous découvrez vous-même comme la lumière qui est derrière l’observateur. La source de la lumière est obscure, et inconnue la source de la connaissance. Seule cette source est. Retournez à la source et demeurez-y. Elle n’est pas dans le ciel ni dans l’éther omni-pénétrant. Dieu est tout ce qui est grand et merveilleux ; je ne suis rien, je ne possède rien, je ne peux rien faire Cependant tout vient de moi – je suis la source ; je suis la racine, l’origine.

 

Quand la réalité explose en vous,  vous pouvez l’appeler expérience de Dieu ; ou plutôt, c’est Dieu qui fait l’expérience de vous. Dieu vous connaît quand vous vous connaissez vous-même. La réalité n’est pas le résultat d’un processus, c’est une explosion. Elle est totalement au delà du mental, mais tout ce que vous pouvez faire, c’est de connaître à fond votre mental. Non que votre mental vous aide, mais en connaissant votre mental, vous pourrez éviter qu’il ne vous rende incapable. Il faut que vous soyez vigilant, ou votre mental vous jouera des tours. C’est comme de surveiller un voleur – non que vous attendiez quoi que ce soit de lui, mais vous ne voulez pas être volé. Vous accorderez, de la même façon, beaucoup d’attention à votre mental, sans rien attendre de lui.

 

Prenez un autre exemple. Nous veillons et nous dormons. Après un jour de travail, le sommeil vient. En fait, m’en vais-je dormir, ou bien est-ce l’inadvertance, spécifique du sommeil, qui se produit en moi ? En d’autres termes, nous sommes éveillés parce que nous dormons. Nous ne nous réveillons pas dans un état d’éveil réel. Dans l’état de veille, le monde, dû à l’ignorance, surgit et nous plonge dans un état de rêve éveillé. Sommeil comme veille sont de mauvaises appellations. Nous ne faisons que rêver.  

 

Seul le gnani (ndlr : le connaisseur) connaît le vrai éveil, comme le vrai sommeil. Nous rêvons que nous sommes éveillés, nous rêvons que nous sommes  endormis. Les trois états ne sont que des variétés de l’état de rêve. Cela libère que de traiter toute chose comme un rêve. Tant que vous accordez de la réalité aux rêves, vous en êtes l’esclave. En imaginant que vous êtes né un-tel, vous devenez l’esclave de ce « tel ». L’essence de l’esclavage, c’est de vous imaginer être un processus, d’avoir un passé et un futur, d’avoir une histoire. En fait, nous n’avons pas d’histoire, nous ne sommes pas un processus, nous ne nous développons pas, ni ne dépérissons ; voyez donc tout comme un rêve et restez hors de lui.

 

Sri nisargadatta maharaj – « je suis » - extrait de la conversation N° 41.

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 20:35

 

A suivre...
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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 20:08

Maharaj : Toute image que vous avez de vous est fausse. Demeurez dans votre Soi, c’est la vraie connaissance. Essayez de comprendre toute cette connaissance que vous recueillez en ce moment. La soi-disant connaissance que vous glanez ailleurs ne s’occupe que de l’ignorance ; elle n’atteint pas le Soi, la vraie connaissance. Tout ce à quoi le mental aspire n’est pas la vraie connaissance. On ne peut pas facilement comprendre la vraie connaissance. Si j’avais eu l’expérience du « Je suis» auparavant, est-ce que j’aurais eu le désir d’entrer dans le sein de ma mère ? Avant d’entrer dans la matrice maternelle je ne me connaissais pas, il n’y avait pas « d’être moi ». Toute la soi-disant connaissance est corrompue par les mots, ce n’est que de l’ignorance. Vous, l’Absolu, vous observez l’état d’éveil, vous savez ce qu’est la conscience, ce qu’est l’état de sommeil ; donc vous n’êtes pas ça.

 

Des millions de gens ont passé, où pourrais-je être parmi eux ? Il n’y a aucune individualité reliée à aucune de ces formes, mais j’ai toujours été, et je suis toujours, le fonctionnement total. Sans moi, il n’y a pas de fonctionnement. Je suis le fonctionnement total, à chaque instant, il y a des millions d’années aussi bien que maintenant.

 

J’ai une vision claire de ce qui précède, et pourtant il faut accepter la souffrance physique, à cause de la conscience. La conscience a pour nom souffrance. Cette vie de souffrance touche à sa fin. Ce principe, quel qu’il soit, fait l’expérience de toutes les souffrances, quand il est mis avec le corps et la conscience ; en même temps, il sait qu’il vaut des millions de dollars, comme un tonneau d’or. Ce principe, qui a compris et qui a saisi ce que la souffrance et la conscience sont, vaut des millions. Je ne m’occupe pas de la spiritualité des masses. Ici, on ne va pas vous déverser la spiritualité du commun. Ce Vous Ultime ne peut jamais être perdu ; tout ce que vous avez pu perdre n’est que des mots. Ce Vous Ultime se sait et se sent être « Je suis » sans aucun mot. Ce « Je suis » amène la connaissance du monde. Vous n’êtes pas seul, vous faites partie intégrante de la connaissance du monde.

 

Le Jivatman (soi individuel) s’identifie au corps-esprit en tant qu’individu séparé du monde. L’Atman (le Soi) est seulement l’être, ou la conscience, qui est le monde. Le Principe Ultime qui connaît cet étant ne peut pas être nommé du tout. On ne peut pas l’approcher ou le conditionner avec des mots. C’est l’Etat Ultime.

Je ne veux pas de disciples soumis et humbles, je les veux forts, comme moi. Je ne produis pas des disciples, je produis des Gurus. Je veux que votre remise en question personnelle soit radicale, totale, sans conditions.

 

Question : Comment me stabiliser dans ma prise de conscience ?

M : Vous savez que vous êtes. Ceci est en soi la prise de conscience. Si vous pensez que vous devez être conscient, vous entrez dans l’état d’expérience. Vous voulez faire l’expérience de quelque chose. Ne considérez pas votre corps-esprit comme étant vous. L’identification au corps-esprit, ça va pour la vie de tous les jours, mais quand vous devez vous comprendre, il ne faut pas comprendre qu’on est le corps-esprit. Vous avez la connaissance du « Je suis ». Cela en soi signifie que vous êtes.

La prise de conscience, c’est cet état où la conscience s’enfonce en elle-même.

Ce corps est l’expression du produit de la nourriture consommée. La matière est consommée sous forme de nourriture, et voilà le résultat. S’il y a de moins en moins de nourriture, le corps s’amaigrit, s’étiole. Vous n’êtes pas ça, votre image est autre. (Montrant le corps : ) ce n’est qu’une boîte à mangeaille. Pourquoi cette figure maigre ? Parce que l’apport de nourriture est réduit. Le corps-nourriture, vous n’êtes pas ça. L’état d’éveil, vous n’êtes pas ça. L’état de sommeil profond, vous n’êtes pas ça. Vous connaissez l’état d’éveil. Puisque vous connaissez l’état d’éveil, vous n’êtes pas l’état d’éveil. Vous connaissez l’état de sommeil profond, vous n’êtes donc pas l’état de sommeil profond.

 

Q : Je n’y comprends rien, je suis perdu.

M : Ce « vous » Ultime ne peut jamais être perdu. Tout ce que vous avez perdu, ce ne sont que des mots. Qui vous a dit que vous étiez perdu ? Vous savez que vous êtes, « Je suis ».

Dès que le sentiment « Je suis » apparaît, le monde aussi apparaît. « Vous êtes » n’est pas seul, dans l’isolement. Vous êtes une part intégrale de la connaissance du monde.

Dans la hiérarchie de la conscience il y a trois étapes :

  1. Jivatman, c’est celui qui s’identifie au corps-esprit. Celui qui pense  je suis un corps, une personne, un individu différent du monde. Il s’exclut et s’isole du monde comme une personne séparée, à cause de l’identification au corps et à l’esprit.
  2. Vient ensuite l’être, ou la conscience, qui est le monde. « Je suis » signifie mon monde entier. Juste l’être et le monde. En même temps que l’être le monde est ressenti – c’est Atman.
  3. Le Principe Ultime, qui sait que l’être ne peut avoir de nom. Aucun mot ne peut l’approcher ou le déterminer. C’est l’état Ultime.

J’explique cette hiérarchie avec des mots de tous les jours, par exemple : j’ai un petit fils (ça c’est jivatma). J’ai un fils, et je suis le grand-père. Le fils et le petit fils sont issus du grand-père.  Ces trois étapes, on ne peut pas les appeler de la connaissance. Le terme connaissance s’applique au niveau de l’être. Je vous ai transmis l’essence de mes enseignements. A quoi êtes-vous identifié maintenant ? Vous êtes venu au monde avec quelle identité ? Vous voudriez quitter ce monde avec quelle identité ? Normalement les gens s’accrochent à l’identité corporelle, mais je l’ai jetée par-dessus bord – vous n’êtes pas le corps. Je vous demande : « Vous êtes quoi ? Quelle peut être votre identité, maintenant que vous n’êtes pas le corps ? ». Vous pouvez répondre ce que vous voulez, les mots seront toujours incorrects, ils seront faux.

 

Vous vous accrochez avec l’énergie du désespoir au corps-esprit, comme étant vous. Vous devez avoir la conviction inébranlable que vous n’êtes pas le corps-esprit, que vous n’êtes même pas la conscience dans l’être. Faites une expérience sur vous. Vous observez un bâton ; est-ce que vous dites au bâton : « Je suis en train de t’observer » ? Quand on est tout seul avec soi-même, rien n’est utile, aucun entretien n’est utile. Quand on se fond dans son identité véritable rien n’a plus d’importance, parce que rien n’est. Quand le « Je » s’affaisse, il ne reste plus que la prise de conscience directe.

 

Extrait de Conscience et Absolu, Editions Les Deux Océans 1997

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 22:13

Un entretien remarquable extrait d'un livre qui ne l'est pas moins...

 

Maharaj : Vous devez commencer par réaliser que vous êtes la preuve de tout, y compris de vous-même. Personne ne peut prouver votre existence parce qu’il faudrait que son existence soit d’abord confirmée par vous. Vous ne devez à personne, votre savoir et votre être. Souvenez-vous en, vous dépendez entièrement de vous. Vous ne venez pas de quelque part, vous n’allez nulle part. Vous êtes l’être intemporel et vous êtes pure conscience (awareness).

Question : Il y a une différence fondamentale entre nous. Vous connaissez le réel alors que je ne connais que le fonctionnement  de mon mental. Le résultat, c’est que vous dites une chose et que j’en entends une autre. Ce que vous dites est vrai ; ce que je comprends est faux bien que les mots soient les mêmes. Il y a un fossé entre nous. Comment le combler ?

 

M : Abandonnez l’idée que vous êtes ce que vous pensez être et il n’y aura plus de fossé. C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé. Vous n’avez pas à le traverser. Il vous suffit de ne pas le créer. Tout est vous, tout est vôtre. Il n’y a personne d’autre. C’est un fait.

 

Q : C’est très étrange ! Les mêmes mots qui pour vous sont vrais, sont faux pour moi. « Il n’y a personne d’autre ». La fausseté même !

 

: Faux ou vrais, quelle importance ? Les mots importent peu. Ce qui est important, c’est l’idée que vous avez de vous car elle vous bloque. Renoncez-y.

 

: J’ai appris depuis ma plus tendre enfance que je suis limité à mon nom et à ma forme. Une simple affirmation n’effacera pas le sillon mental. Il faudrait, si c’était possible, un lavage de cerveau en règle.

 

: Vous appelez ça lavage de cerveau, je l’appelle yoga – aplanir toutes les ornières mentales. Il ne faut pas que vous soyez contraint de penser encore et encore les mêmes pensées. Allez de l’avant.

 

: C’est plus facile à dire qu’à faire.

 

M : Ne faites pas l’enfant ! Il est plus facile de changer que de souffrir. Sortez simplement de votre puérilité, c’est tout.

 

: On ne fait pas ce genre de choses, elles arrivent.

 

M : Tout arrive à chaque instant, mais il faut y être préparé. Être prêt, c’est être mûr. Vous ne voyez pas le réel parce que votre esprit n’est pas prêt pour lui.

 

: Si la réalité est ma vraie nature, comment puis-je ne pas être prêt ?

 

M : Ne pas être prêt, c’est avoir peur. Vous avez peur de ce que vous êtes. Votre but, c’est le Tout, mais vous avez peur d’y perdre votre identité. C’est de la puérilité, c’est comme de s’attacher à ses jouets, à ses désirs et à ses craintes, à ses opinions et à ses idées. Renoncez à tout cela et tenez vous prêt à ce que le réel s’affirme de lui-même. Cette auto-affirmation s’exprime au mieux dans les mots « je suis ». Rien d’autre n’a d’existence, de cela vous êtes absolument certain.

 

Q : « Je suis », certainement mais aussi « je sais ». Et je sais que je suis ceci et cela, le propriétaire de ce corps, en relations multiples avec d’autres propriétaires.

 

M : Tout ça, ce n’est que mémoire perçue maintenant.

 

Q : Je ne peux connaître pour certain que ce qui est maintenant. Le passé et le futur, la mémoire et l’imagination sont des états mentaux, mais ils sont tout ce que je connais et ils sont maintenant. Vous me demandez d’y renoncer, mais comment renoncer au maintenant ?

 

: Vous êtes toujours en marche vers le futur, que vous le vouliez ou non.

 

Q : Je vais de maintenant en maintenant. Je ne bouge absolument pas. Tout bouge, moi pas.

 

: D’accord. Mais votre mental, lui bouge. Dans le maintenant, vous êtes à la fois le mobile et l’immobile. Jusqu’à présent vous avez considéré que vous étiez le mobile et vous avez négligé l’immobile. Retournez radicalement votre esprit. Négligez ce qui bouge et vous vous percevrez comme étant la réalité sans changement et toujours présente, inexprimable mais solide comme le roc.

 

Q : Si c’est maintenant, pourquoi n’en ai-je pas conscience ?

 

M :  Parce que vous êtes attaché à l’idée que vous n’en êtes pas conscient. Laissez allez cette idée.

 

Q : Cela ne me rend pas conscient pour autant.

 

: Patientez. Vous aimeriez être des deux côtés du mur à la fois. Vous le pourriez, mais il faudrait supprimer le mur. Ou alors, réalisez que le mur et ses deux côtés ne sont qu’un seul et unique espace auquel aucune idée ne s’applique, « ici » ou « là » par exemple.

 

Q : Les comparaisons ne prouvent rien. Ce dont je me plains, c’est de ceci : pourquoi ne vois-je pas ce que vous voyez, pourquoi vos paroles ne sonnent-elles pas vrai dans mon esprit ? Répondez au moins à cela, tout le reste peut attendre. Vous êtes sage et je suis stupide, vous voyez et je ne vois pas. Où et comment trouverai-je la sagesse ?

 

M : Si vous savez que vous êtes stupide c’est que vous ne l’êtes pas du tout !

 

Q : De même que de se savoir malade ne vous rend pas la santé, me savoir idiot ne me fait pas sage.

 

: Pour vous savoir malade n’a-t-il pas fallu que vous soyez d’abord en bonne santé ?

 

Q : Oh non ! Je sais par comparaison. Si je suis aveugle de naissance et que vous me dites connaître les choses sans le toucher, je prends conscience de ma cécité sans savoir ce que voir veut dire. Je sais pareillement qu’il me manque quelque chose quand vous affirmez des propositions que je ne peux pas comprendre. Vous me dites tant de choses merveilleuses à mon sujet ; selon vous je suis éternel, omniprésent, omniscient, suprêmement heureux, je suis le créateur, le conservateur et le destructeur de tout ce qui existe, la source de vie, le cœur de l’être, le seigneur et le bien-aimé de toutes les créatures. Vous m’égalez à la Réalité Ultime, à la source et au but de toute existence. Vous me laissez sans voix car je sais que je ne suis qu’un minuscule agrégat de désirs et de peurs, une bulle de souffrance, un éclair fugitif de conscience sur un océan de ténèbres.

 

M : Avant que la souffrance ne soit, vous étiez. Après que la souffrance s’en soit allée, vous êtes demeuré. La souffrance est transitoire, vous ne l’êtes pas.

 

Q : J’en suis désolé, mais je ne vois pas ce que vous voyez. Du jour de ma naissance jusqu’à celui de ma mort la souffrance et le plaisir tisseront la toile de ma vie. Je ne sais rien d’une existence avant la naissance ou après la mort. Je ne vous accepte pas plus que je ne vous nie. J’entends ce que vous dites, mais je ne le connais pas.

 

M : Actuellement, vous êtes bien conscient, n’est-ce pas ?

 

Q : Je vous en prie, ne me posez pas de question sur avant ou après. Je ne connais que ce qui est maintenant.

 

M : Bon. Vous êtes conscient. Tenez-vous y. Il y a des états où vous n’êtes pas conscient. On pourrait les appeler existence inconsciente.

 

Q : Existence inconsciente ?

 

M : Conscience ou inconscience ne peuvent pas s’appliquer ici. L’existence est dans la conscience, l’essence est indépendante de la conscience.

 

Q : Est-ce la vacuité ? Est-ce le silence ?

 

M : Pourquoi compliquer ? L’existence infuse et transcende la conscience. La conscience objective est une partie de la conscience, elle n’est pas au-delà.

 

Q : Comment parvenez-vous à connaître un état de pur être qui ne soit ni conscient ni inconscient ? Toute connaissance n’est que dans la conscience. Il doit y avoir un état qui soit comme une suspension du mental. Dans ce cas, la conscience apparaît-elle comme le témoin ?

 

M : Le témoin ne fait qu’enregistrer des événements.  Quand il y suspension du mental, même la sensation « je suis » disparaît. Il n’y a pas de « je suis » sans mental.

 

Q : Sans mental, cela veut dire sans pensées. « Je suis », en tant que pensée s’efface. « Je suis », en tant que sens d’être, demeure.

 

M : Toute expérience s’efface avec le mental. Sans le mental, il n’y a plus ni expérimentateur ni expérience.

 

Q : Le témoin ne reste-t-il pas ?

 

M : Le témoin se borne à enregistrer la présence ou l’absence d’expérience. Il n’est pas, en lui-même, une expérience, mais il en devient une quand la pensée : « Je suis le témoin » surgit.

 

Q : Tout ce que je sais, c’est que, parfois, le mental est en activité, parfois, non. Cette expérience du silence du mental je l’appelle suspension du mental.

 

M : Appelez-le silence, vacuité ou suspension, le fait est que la trilogie : celui qui expérimente, l’action d’expérimenter et l’expérience n’existe pas. Dans la vision du témoin, dans la pure conscience ou dans la présence à soi il n’y a pas la sensation d’être ceci ou cela. L’être non identifié reste.

 

Q : En tant qu’état de non-conscience ?


M : Il est l’opposé de tout ce à quoi vous pouvez vous référer. Il se situe également entre et au-delà de tous les contraires. Il n’est ni conscience, ni inconscience, ni à mi-chemin ni au-delà des deux. Il est, en lui-même, sans relation avec quoi que ce soit qu’on puisse nommer expérience, ou absence d’expérience.

 

Q : Etrange ! Vous parlez de lui comme s’il était une expérience.

 

M : Quand je pense à lui, il devient une expérience.

 

Q : Comme la lumière invisible qui, interceptée par une fleur, devient couleur ?

 

M : Oui, on pourrait le dire. Elle est dans la couleur mais elle n’est pas la couleur.

 

: Toujours cette même quadruple négation de Nagarjuna : ni ceci, ni cela, ni les deux, ni l’un ou l’autre. Mon esprit chavire !

 

M : Vos difficultés proviennent de votre opinion que la réalité est un état de conscience parmi de nombreux autres. Vous avez tendance à dire : « Ceci est réel, ceci n’est pas réel. Ceci est en partie réel, en partie non-réel », comme si la réalité était un attribut ou une qualité qu’on puisse posséder à des degrés divers.

 

Q : Permettez-moi de poser la question autrement. Après tout, la conscience ne devient problème que quand elle est douloureuse. Un état de perpétuelle béatitude ne donne pas naissance à des questions. On s’aperçoit que toute conscience est un mélange du plaisant et du déplaisant. Pourquoi ?

 

M : Toute conscience est limitée, et par conséquent, source d’angoisse. Le désir, le besoin de l’expérience se trouve à la racine de toute conscience.

 

Q : Voulez-vous dire par là que sans désir il n’y a pas de conscience ? Et quel avantage à être inconscient ? Si je dois renoncer au plaisir pour me libérer de la souffrance, je préfère garder les deux.

 

M : Au-delà de l’angoisse et du plaisir il y a la félicité.

 

Q : La félicité non-consciente, à quoi cela peut-il servir ?

 

M : Pas consciente, ni inconsciente. Réelle.

 

Q : Quelle objection faites-vous à la conscience ?

 

: C’est un fardeau. Corps veut dire fardeau. Les sensations, les désirs, les pensées, tout cela est un fardeau. Toute conscience est conflit.

 

Q : On décrit la Réalité comme être vrai, pure conscience, béatitude infinie. Qu’est ce que la souffrance a à faire ici ?

 

M : La souffrance et le plaisir arrivent, mais la souffrance est le prix du plaisir, le plaisir est la récompense de la souffrance. Il vous arrive souvent, dans la vie, de faire plaisir en blessant, ou de blesser en faisant plaisir. Savoir que le plaisir et la souffrance sont un, c’est la paix.

 

Q : Tout ça, c’est très intéressant, sans aucun doute, mais mon propos est plus simple. Ce que je veux, c’est, dans la vie, plus de plaisir et moins de souffrance. Que puis-je faire ?

 

M : Tant qu’il y a conscience, il doit y avoir plaisir et souffrance. C’est dans la nature du « je suis », de la conscience de s’identifier aux contraires.

 

Q : Mais alors, à quoi tout ça peut-il me servir ? Cela ne me satisfait pas.

 

M : Qui êtes-vous ? Qui est insatisfait ?

 

Q : Je suis l’homme de la souffrance et du plaisir.

 

M : La souffrance comme le plaisir sont ananda (béatitude). Je suis là, assis en face de vous, et fort de mon expérience immédiate et invariable, je vous dis que la souffrance et le plaisir sont les creux et les hauts des vagues dans l’océan de la félicité. Dessous, au plus profond, il y a la plénitude absolue.

 

Q : Votre expérience est-elle permanente ?

 

M : Elle est hors du temps et sans changement.

 

Q : Tout ce que je sais, c’est que je veux le plaisir et que j’ai peur de la souffrance.

 

M : C’est ce que vous pensez de vous-même. Arrêtez. Si vous ne pouvez pas rompre avec une habitude sur le champ, examinez votre mode usuel de penser, et voyez sa fausseté. Questionner l’habitude, c’est le devoir du mental. Ce que le mental a créé, il doit le détruire. Ou alors, réalisez qu’hors le mental il n’y a pas de désir, et situez-vous en dehors de lui.

 

Q : Franchement, je n’ai pas confiance dans cette façon de tout expliquer comme étant créé par le mental. Le mental est un instrument, au même titre que les yeux. Pouvez-vous dire que la perception est création ? Je vois le monde par la fenêtre, pas dans la fenêtre. Tous vos arguments se tiennent à cause de leur fondation commune, mais je ne sais pas si la fondation est dans la réalité ou dans le mental ? Je ne peux m’en faire qu’une image mentale. Ce que cela signifie pour vous, je ne le sais pas.

 

: Tant que vous vous situerez dans le mental, vous me verrez dans le mental.

 

Q : Combien les mots sont inadéquats à la compréhension !

 

: Sans les mots que reste-t-il à comprendre ? Le besoin de comprendre vient de l’incompréhension. Ce que je dis est vrai, mais pour vous ce ne sont que des théories. Comment parviendrez-vous à voir que c’est vrai ? Écoutez, rappelez-vous, réfléchissez ; suscitez des représentations, expérimentez. Appliquez cette règle à votre vie quotidienne. Soyez patient avec moi, et par-dessus tout, soyez patient avec vous-même car vous êtes l’unique obstacle. Le chemin passe, au travers de vous, au-delà de vous. Tant que vous croirez que seul le particulier est réel, conscient, heureux et que vous rejetterez la réalité non-duelle comme quelque chose d’imaginaire, un concept abstrait, vous penserez que je profère des concepts et des abstractions. Mais quand vous serez au contact du réel, à l’intérieur de vous-même, vous découvrirez dans ce que je dis ce qui vous est le plus proche et plus cher. 

 

Extrait de « Je Suis », Edition des Deux Océans, 1982

Source : http://maharajnisargadatta.blogspot.com

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:55
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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:45
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