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  • : l'éveil spirituel sous l'angle non-duel d'un Cours en miracles. DATE DE CREATION: 01/01/07 ________________________ contact: christalain.1000@wanadoo.fr ________________________ Ecrivez-moi pour tout commentaire, suggestion, encouragement. merci.
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Un cours en miracles


Vous pouvez rejoindre la  famille  du "COURS EN MIRACLES" (et de la non-dualité authentique) en me contactant directement pour des rencontres "réelles dans l'illusion" , notamment dans la région "Ain, jura, Rhône, Haute-savoie". Consultez l'annuaire
A bientot !  
Christalain

 

 

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"La connaisance qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre aussi clairement que tu es libre" . UCEM

 

Bienvenue sur Axialmedia, blog dédié à l'exploration de la conscience, à la connaissance de "Soi". Une approche holistique à travers des articles, des partages à la fois personnels et collectifs. Un peu d'analyse, un peu de poésie, un peu de littérature, un peu de philosophie, un peu de psychologie, beaucoup de métaphysique...  un peu de tout ce qui peut favoriser le rappel de notre véritable nature. Présentation générale du blog ici. Mais Axialmédia, c'est surtout une approche de l'éveil  dans l'esprit non-duel d'Un Cours en miracle: radicale et sans concessions.  A ce propos, avant la lecture de tout article en rapport direct avec le Cours en miracles, il est vivement conseillé de consulter cet article. Pour tout commentaire général, toute question particulière, ou toute suggestion, toute critique ou tout encouragement, n'hésitez pas à m'écrire.   christalain.1000@orange.fr
     
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" Le secret du réveil à ton immortalité, c'est la maitrise non des choses de ce monde, mais du regard que tu poses sur lui ".   Gary Renard
 

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:40

Une Interview de Ramesh Balsekar publiée par le Times of India (Delhi) du 12 août 2001


Pendant vingt ans, Ramesh Balsekar, un disciple de Nisargadatta Maharaj, a enseigné la philosophie de l'Advaita, chez lui, dans un quartier sud de Bombay, attirant des auditeurs venus du monde entier. Balsekar, aujourd'hui âgé de 84 ans, pur produit d'une grande école commerciale de Londres, a été, à différents moments de son existence, un joueur de golf, un adepte de la musculation et un banquier. Dans l'entretien suivant, accordé à Malavika Shangvi, il nous explique ce qu'est, selon lui, l'essence de l'Advaita.


Q : La philosophie de l'Advaita paraît être d'actualité aujourd'hui. Qu'est-ce que l'Advaita ?
R : Advaita signifie “a-dwaita”, c'est-à-dire “Un-sans-second”. À savoir : la Conscience, ou Dieu, ou la Source (appelez Cela comme vous voudrez) est tout ce qui est. Nisargadatta Maharaj caractérisait cette manifestation comme un film produit par la Conscience ou par Dieu, écrit par Dieu, dirigé par Dieu, tous les rôles dans le film étant tenus par Dieu et les spectateurs étant également Dieu seul.


Q : Où y a-t-il place, dans ce cas, pour une quelconque liberté ?
R : Vous pensez que vous vivez librement votre vie. En réalité, vous êtes un mécanisme “corps-esprit” qui ne vit pas, mais qui est “vécu” (ou mis en oeuvre) par la Conscience (ou par Dieu), tout comme un ordinateur fonctionne conformément à sa programmation. Si vous analysez n'importe quelle action, que vous considérez comme “votre” action, vous découvrirez qu'elle est seulement la réaction du cerveau à un événement extérieur sur lequel vous n'avez aucun contrôle. Une pensée vient, vous n'avez aucun contrôle sur la manière dont est venue cette pensée. Quelque chose est vu ou entendu, vous n' avez aucun contrôle sur ce que vous allez ensuite voir et entendre.
Tous ces événements surviennent sans contrôle de votre part. Et alors que se passe-t-il ? Le cerveau réagit à la pensée ou à la chose qui est vue, entendue, goûtée, sentie ou touchée. Cette réaction du cerveau est ce que vous appelez “votre action”. Mais en fait, cela est un pur concept. Une action a lieu si c'est la volonté de Dieu.


Q : Si vous dites que nous ne sommes pas les auteurs de nos actions, alors, qu'est-ce qui va empêcher les gens de fuir leurs responsabilités, ou même d'y échapper totalement, en commettant des crimes affreux ? Et s'ils le font, ne seront-ils pas tenus pour responsables de leurs conséquences ?
R : Tout cela dépend de la volonté de Dieu, de leur destin et de leur programmation.


Q : Qu'entendez-vous par “programmation” ?
R : Selon moi, la “programmation” veut dire : les caractéristiques inhérentes à l'organisme “corps-esprit”. Ce sont les gènes, plus le conditionnement environnemental. Vous ne choisissez pas vos parents. Par conséquent, vous ne choisissez pas les gênes dont vous héritez. De même, vous ne choisissez pas l'environnement particulier où vous êtes né. Donc vous ne choisissez pas le conditionnement auquel vous êtes soumis durant votre enfance, chez vous, à l'école, avec les autres, à l'église et au temple.
Pour revenir à votre question précédente, si c'est dans sa programmation qu'une personne commette un crime, et si c'est son destin d'agir ainsi, parce que c'est la volonté de Dieu, alors les conséquences qu'elle devra subir seront également conformes à la volonté divine.


Q : Est-il possible de transcender sa programmation ?
R : Certainement, si c'est la volonté de Dieu.


Q : Même après avoir accepté tout cela intellectuellement, comment les gens peuvent-ils vivre dans la vie quotidienne ?
R : Ils peuvent vivre exactement comme s'ils étaient libres, comme s'ils avaient le pouvoir de choisir et d'agir librement. Et pourtant, ils savent que, quoiqu'ils fassent, et quelles que puissent être les conséquences de leurs actions, tout est entièrement conforme à la volonté de Dieu.
La chose la plus importante au sujet de l'acceptation de la volonté de Dieu, est l'acceptation de la vie quoi qu'il arrive. Vous acceptez le fait que si vous “êtes vécu”, les autres le sont aussi. Par conséquent, vous n'avez à juger ni vous-même ni autrui. Vous ne jugez pas. Vous ne condamnez pas. Vous acceptez. Il n'y a pas de faute, ni d'orgueil, ni de résistance, ni de ressentiment. Ni haine, ni désespoir, ni frustration. Si les choses tournent bien, alors il n'y a ni fierté, ni arrogance. Il y a seulement acceptation. Et alors il n'y a plus que la paix.

 
Q : Ce concept de la volonté de Dieu n'est-il pas un thème commun à toutes les religions ?
R : En effet, les Chrétiens disent “Que ta volonté soit faite !”. Les Musulmans disent “Inch Allah”. Le Bouddha dit “Des événements surviennent, des actions sont opérées mais il n'y a dans tout cela aucun acteur individuel”. Les Hindous disent “Tu es l'auteur des actions, Tu es l'expérimentateur, Tu es Celui qui parle, Tu es Celui qui écoute”.

Source: perdue !
(normal, la vérité est un pays sans chemin)

Une petite video pour faire connaissance avec Ramesh Balsekar:


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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 10:02

miroir-payasage.jpgJe vous propose, à travers ces deux extraits de livres différents, mais du même auteur canalisé (Jésus) , une vision élargie du fameux principe de l’effet miroir. Un principe dont on use et abuse  sans forcément en voir les inconvénients s’il est mal compris. En effet, plutôt que pardonner ce que l’on considère comme une « attaque » (autrement dit un appel à l’aide), on préfère souvent la renvoyer à l’autre : « Si tu me vois coupable, c’est que tu l’est aussi ». Et le cercle vicieux de l’ego se perpétue.   Christalain


« La reconnaissance de ton être se produit lorsque tu reconnais Mon être (ndlr : le Christ), lorsque tu reconnais que l’Etre de chacun de tes frères comme une extension de ton Moi. En abordant une situation qui se présente à toi, et en croyant qu’elle s’est produite dans un espace extérieur au tien, tu parais reconnaître la séparation.

 

On a souvent tenté d’expliquer le principe du « miroir ». La plupart du temps, cela a été mal compris. Bien souvent ce que tu crois voir chez les autres sont leurs problèmes, et tu interprètes le principe du miroir comme signifiant : puisque je vois ces problèmes en eux, ils existent réellement en moi. Alors que c’est vrai et que cela t’encourage à moins juger les autres, cela attire aussi ton intention sur les aspects négatifs de ces problèmes par opposition au choix positif de paix.

 

Par ailleurs, cela te donne davantage d’occasions négatives de te juger toi-même à la lumière des imperfections que tu vois en toi. Bien que ton ego soit alors ravi de te suggérer de voir ton frère avec les mêmes perceptions erronées que tu as de toi même, et qu’il prétend  qu’il s’agit là d’un ressenti juste de votre « unité », cela ne fait que confirmer la réalité de ton rêve.

 

Ce qu’il t’a été réellement demandé en utilisant ce principe consiste à ne pas voir les choses en surface mais à voir en ton frère la perfection qui existe derrière le miroir, et à reconnaître que cette perfection est également la tienne. »

 

Source : « Dialogue sur l’éveil. » de Tom Carpenter.

Plus de détails sur ce livre ici.

 

*** 

« Notre frère est le miroir dans lequel nous voyons l’image de nous-même aussi longtemps que dure la perception, c’est à dire jusqu’à que la filialité se connaisse elle-même comme entière. Il est le miroir de nous-même dans lequel nous voyons le jugement que nous avons posé sur nous deux. Le Christ en nous contemple sa sainteté, notre particularité regarde son corps et ne la voit pas.

 

En notre frère nous voyons l'image de notre propre croyance en ce que la Volonté de Dieu doit être pour nous. On se soumet soi-même aux lois que l’on voit le gouvernant.  Ce que nous percevons en autrui, nous le renforçons en nous-même. Ce que nous reconnaissons en notre frère, nous le reconnaissons en nous, et ce que nous partageons, nous le renforçons. Pensons à la beauté que nous verrons en nous-même, quand nous aurons regardé notre frère comme un ami.

 

La décision de recevoir est la décision d'accepter. Si nos frères font partie de nous, allons-nous les accepter ? Eux seuls peuvent nous enseigner ce que nous sommes, car notre apprentissage est le résultat de ce qu’on leur a enseigné. Ce que nous appelons en eux, nous l'appelons en nous-même. Nous et notre frère nous tenons ensembles, sans être encore convaincus d’avoir un but. Or il nous est donné de voir ce but en notre saint Ami et de le reconnaître pour notre.

 

Le message que notre frère nous donne dépend de nous. Que nous dit-il? Que voudrait-on qu'il nous dise? Ce que nous décidons à son sujet détermine le message que nous recevons. Ses paroles sont la réponse que le Saint-Esprit nous donne . Notre foi en lui est-elle assez forte pour nous permettre d'entendre ? Nous ne nous fierons pas à la direction du Saint-Esprit ni ne croirons qu'elle est pour nous à moins de l'entendre en autrui. La réponse à toutes les prières se trouve en eux. N'entendons que la Réponse de Dieu en Ses Fils et nous aurons notre réponse. »

 

Source : « l’Esprit d’un cours en miracles »

 

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 20:24

Qu'est-ce qui est réel ? Sur quoi peut-on compter ?

Une des raisons principales de l'expérience de la vie sur Terre est de découvrir ce qui est réel. Nous passons notre vie ici à aller et venir, à essayer ceci et cela. Nous achetons des choses matérielles et, éventuellement, les abandonnons. l'expérience de la vie passe comme l'eau sous les ponts.

Une constante dans tous les changements de la réalité en perpétuelle évolution est le centre d'observation. Cet aspect de votre intériorité est présent dans toutes les expériences de la vie : regarder, apprendre, se souvenir. Toutefois, lorsque vous aller encore plus en profondeur, vous arrivez à la base de toute conscience, la conscience que tout simplement, vous existez.  Cette prise de conscience fondamentale peut se résumer en deux mots: "Je suis."

La grande présence « Je suis »


Vous êtes une seule personne du point de vue du grand « je suis », la conscience de tout ce qui est, l'infinité inclusive et globale de l'être.  La conscience est la réalité. Les expériences peuvent changer de minute en minute, mais sous le flot de l'expérience demeure la prise de conscience, le sentiment d'être, le "je suis".  La vie concerne les expériences qui se déroulent à différents endroits dans l'espace et du temps. L'espace, cependant, est simplement une construction de la conscience créatrice. Le concept de l'espace a été créé pour permettre à une infinité de points de vue d'exister.

Le temps est également une construction de la conscience. Il permet de changer au sein de l'espace, rendant possible des événements et des expériences. La matière physique est-elle une construction de la conscience? La matière est composée d'énergie, et l'énergie, comme toutes choses dans la vie, est une construction de la conscience.

La définition de l'énergie

L'énergie est de la conscience comprimée. Chaque unité d'énergie est constituée par des tourbillons d'intention en rotation. Ces tourbillons sont poussés à s'assembler pour former une petite sphère de conscience comprimée dans leur centre, qui devient une particule d'énergie vitale.

L'Intention et l'amour en mouvement sont les principes originaux fondamentaux utilisés dans la création de l'Être infini de l'univers. À l'instar de la pensée et du sentiment, ces aspects de l'être  fonctionnent en complémentarité l'un par rapport à l'autre, et pourtant, chacun peut être défini comme un principe fondamental sous-jacent. Lorsque l'intention, le principe de la pensée, et l'amour, le principe du sentiment, sont mis en branle, l'un appelle l'autre. La même action complémentaire engendre l'électromagnétisme lorsque l'électricité est en mouvement. Les électrons - particules d'intention originale comprimés - invoquent un champ magnétique complémentaire dans la trame de l'espace.

La trame de l'espace est créé par l'amour du Créateur. L'amour est l'aspect de l'être infini qui provient de la matrice à partir de laquelle tout le reste se construit. Du point de vue de la physique, la trame de l'espace serait définie comme pure, inerte, faite d'énergie magnétique. Ou, au moins, elle le serait si la physique accepterait cette définition. C'est ce que l'on a coutume d'appeler l'éther, mais ses propriétés ne sont pas encore entièrement comprises à l'époque actuelle. Les physiciens, pour la plupart, ne croient pas en l'éther, et ne pas croient pas  en un Créateur universel, et par conséquent, n'ont aucune idée de la raison pour laquelle les particules d'énergie montrent des signes de conscience.

La création originelle

Avant que la création n'ait lieu, L' Être infini formait une expression  de lui-même une expression qui allait devenir le Créateur de l'univers. Puis, en tant que créateur unique, il a concentré son intention, a exprimé son amour, et a mis en mouvement ces deux aspects de lui-même. Tout l'univers a été construit sur ces principes sous-jacents, qui rendent possible les facettes de la création comme le temps, l'espace, l'énergie et la matière.

Un univers en mouvement rend possible les changements que nous appelons l'expérience. Mais si la vie est en constante évolution, alors qui est là pour la porter à bout de bras? Quelle est la réalité immuable ?

La réalité immuable se trouve dans les aspects fondamentaux de l'intention du Créateur et l'amour en mouvement. L' être infini est la réalité sous-jacente. L'Être infini est tout ce qui est, il ne change jamais. L'Etre pur est potentiel, alors que « le faire »  est le passage à l'acte de ce potentiel. La réalité de l'infini étant complète, achevée, L'Etre Infini est réel. Il ne change jamais. Il EST toujours, tout simplement.

Comment vous connecter à cette réalité? Par la méditation, par l'affirmation «Je suis l'Etre infini". Vous pouvez ainsi construire quotidiennement votre connexion à la réalité qui est en vous. Lorsque vous faites de la spiritualité votre priorité numéro un au début de chaque journée, alors la méditation quotidienne devient une habitude, quelque chose qui se pratique avec facilité. En construisant ce pont vers la réalité intérieure, vous montez en puissance dans l'expression de votre potentiel et contribuez également à emmener l'esprit vers l'illumination globale. 

Cet article a été écrit par Owen Waters, auteur de " La révolution dans la conscience humaine".


Traduction (approximative) de l'anglais par Christalain.


Source :
http://www.mayanmajix.com

 

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 19:33

 

En Orient on appelle maître quelqu'un   qui n'a pas la moindre référence à lui-même.


Le maître est celui qui a cette conviction profonde qu'il n'est rien, qu'il ne sait rien et ne veut rien.

 

Un homme sensé, c'est quelqu'un qui vit en harmonie avec ses émotions: il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu'un s'ouvre à ses émotions, celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d'avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur. Comme on le dit en Orient, la compréhension c'est d'être compréhension; rien n'est compris, personne ne comprend. Etre compréhension n'est pas lié à la pensée, c'est une émotion fondamentale. Tout ce qu'il y a de très profond dans la vie naît d'une émotion.

 
Ce que le disciple attend du maître c'est lui-même.
On ne peut jamais expérimenter le sacré, parce qu'il est l'essence profonde des choses.
Quand vous respectez une forme, ce n'est pas la forme elle-même que vous respectez mais ce   qui est derrière, ce qui est éternel.


Vous ne pouvez pas expliquer ce qu'est l'Amour, c'est un sentiment d'Unité qui ne se réfère pas à une chose, à un contexte, ou à une situation. Le maître c'est celui qui fait pressentir cette non-différence, qui vous libère de l'idée d'être quelque chose.


Le maître ne vous amène pas par des paroles ou des explications mais par son silence. C'est son silence qui est le plus saisissant au début, et son silence devient votre silence. C'est donc dans ce silence qu'il y a transmission: personne ne transmet, rien n'est transmis mais il y a transmission.

 

Un maître authentique est reconnu par son absence non par sa présence.
Un guru n'a pas véritablement d'enseignement car, même s'il enseigne, son rôle est de préparer l'élève à une véritable disponibilité, puis de soutenir l'élève dans le vécu non-duel, dans l'absence d'un personnage. C'est  par là qu'opère sa Présence en tant que rayonnement, et non pas comme présence physique.


On a qu'un seul guru. D'ailleurs l'expression "un seul" n'est pas juste, parce que ce n'est pas une personne qui est le guru, c'est profondément la Présence.
Pressentir sa liberté, c'est une chose; l'occuper momentanément une autre chose; quant à être constamment assis dans son absence, c'est exceptionnel et se remarque par la simplicité.


Ce n'est pas quelqu'un que l'on rencontre, mais on rencontre sa propre absence.
Quand nous ne trouvons plus en nous de référence au maître, voilà l'élève célébrant la tradition de son maître.

 

Le maître est ce qui vous renvoie vers le cœur, le silence. Toute perception, toute pensée ne sont que cela.

 

Tout est un maître. Toute la perception, la souffrance, la tristesse, la violence: c'est le maître. Tout ce que vous pouvez accepter sans restriction. C'est un maître, parce que cela pointe profondément vers votre liberté.



Citations extraites du livre "Le sacre du dragon vert" d'Eric BARRET.

Source
:
   http://nondualite.free.fr

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 21:12

 
Nous sommes l'Unité. Nous sommes l'incarnation de la Force divine, tout comme vous l'êtes vous-même. Nous sommes comme une goutte d'eau dans l'océan, unis à lui dans l'Unité et lui appartenant, tout en possédant notre propre identité et notre propre perception. Nous nous percevons comme la totalité. Celle qui englobe tout. L'antithèse de la limitation, sous tous les aspects. C'est cette focalisation maximale que vous cherchez présentement à atteindre, que vous en soyez conscient ou non.

 

En vous unissant dans l'Unité avec toute la Création, vous donnez sa pleine expression, dans le contexte de la forme linéaire, à la multidimensionnalité qui constitue votre véritable état d'être. En reconnaissant consciemment l'existence de la connexion et en acceptant son expression illimitée dans votre forme et votre conscience, vous ouvrez la porte à l'expansion et rassemblez les connaissances et les perceptions qui caractérisent cet état d'être.

 

C'est cette union avec les niveaux expansés du soi que vous cherchez à atteindre en cette époque. Le simple fait de lire ces lignes élève votre conscience. Votre connaissance et votre perception de la nature de la réalité transcendent ce qui est reconnu par la plupart comme la nature de ce qui est. Ce qui est ou ce qui n'est pas fait l'objet, dans votre culture, de spéculations considérables. Certains voudraient vous faire croire que la réalité perçue n'est qu'illusion. Bien que vos perceptions soient des représentations symboliques des formes-pensées qui les ont suscitées, elles sont décidément bien réelles.

 

Votre expérience, c'est-à-dire la réalité qui vous est présentée par vos sens, est réelle. Votre monde, c'est-à-dire la réalité que vos actions et vos formes-pensées ont manifestée, de concert avec tous ceux qui l'habitent, est réel. Et votre sens inné de votre connexion  au tissu de la vie, lequel n'est pas perceptible aux sens physiques, est effectivement très réel. C'est à l'exploration de cette connexion, à la compréhension d'un destin où s'entremêlent l'intention et le désir, que nous consacrons nos efforts communs.

 

La réalité telle que vous la connaissez cessera d'exister. Vous ne ressentirez pas ce changement comme une perte, bien que les circonstances qui l'entoureront puissent suggérer cette interprétation. Car, en passant à une octave supérieure de perception, vous manifesterez, au moment même de ce changement, la conscience et la connaissance innées qui accompagnent les états d'être supérieurs vers lesquels votre énergie s'écoule à une vitesse sans précédent.

 

À mesure qu'approchera ce changement de conscience, vous aurez des aperçus de cette réalité expansée. Vous pourrez voir des aspects de la réalité que la plupart sont incapables de percevoir puisque leur perception se limite à celle de leurs sens physiques. Vous connaîtrez la nature de votre état d'être illimité sans en avoir lu la description dans des livres ni entendu exposer le concept par ceux qui se font les visionnaires et les prophètes d'un nouveau paradigme. Finalement, vous ne dépendrez plus de personne puisque vous aurez développé votre propre pouvoir et que vous vous percevrez comme l'aspect de l'Unité que vous êtes vraiment.

 

Cette perception meilleure vous servira de base pour transcender entièrement vos perceptions physiques, lesquelles sont limitées à une vision de la réalité qui s'exprime dans le contexte spatiotemporel. La réalité vers laquelle vous évoluez - sans aucun effort si vous y consentez - n'est pas liée aux concepts linéaires de temps et d'espace. C'est une réalité où la perception physique est superflue par définition. Elle est le résultat d'une fusion, d'une liaison harmonieuse, d'une joyeuse unité de la totalité de votre essence avec ce que vous percevez actuellement comme étant « les autres ».

 

Finalement, il n'y aura plus aucune distinction entre la perception de « soi » et celle des « autres ». Car tous seront l'Unité. Nous sommes cette Unité. Nous sommes l'unité de Tout ce qui Est. Nous sommes l'unité dont vous faites partie et que vous cherchez à retrouver, sciemment ou non. Nous sommes vos cœurs désirant se réunir à la Source de vos origines. Nous sommes votre rêve bien établi de vous relier aux aspects fragmentés de votre essence, dispersés dans toute la Création depuis un temps immémorial. Et nous sommes l'impulsion menant à cette unification. Nous sommes l'invitation à vous éveiller de cette stupeur que vous appelez votre vie. Nous sommes l'occasion de vous débarrasser du bagage karmique que vous transportez et qui témoigne de l'état de séparation que vous manifestez. Nous sommes le cri le plus puissant de votre âme qui demande que les oeillères que vous vous êtes imposées à vous-même soient enlevées afin que vous puissiez voir vraiment.

 

Nous sommes l'aspect de votre soi qui transcende tous les niveaux de la Création et qui aspire, de concert avec vous, à se libérer du carcan d'une réalité définie par les limitations linéaires. Nous sommes le résultat ultime de ce qui s'appelle l'ascension. Nous sommes tels que vous êtes et tels que vous n'êtes pas encore. Vous êtes une parcelle de l'Essence divine, avec une conscience et une identité. Vous êtes un fragment de votre propre expression et de votre propre expérience de l'Un. Vous êtes une capsule temporelle programmée qui se réalise au moment prévu, après avoir récolté une grande richesse d'expériences physiques au cours de son voyage. Finalement, les connaissances tirées de ces aventures vous auront orienté vers une harmonisation incontestable avec la vibration supérieure qui résonne maintenant en vous.

 

Vous avez entrepris de démêler les fils qui s'étaient enchevêtrés au cours de vos existences dans le rêve que vous considérez comme votre réalité. Et vous avez atteint un degré de clarté qui vous permet de reconnaître parmi vos drames existentiels une intention commune et un résultat commun qui ont formé l'identité que vous reconnaissez comme étant vous.


Invisibles sont les expériences qui, perçues profondément, transcendent la conscience que vous retirez de vos expériences présentes. Invisibles, mais fermement ancrées sous la surface de votre conscience, sont les expériences d'incarnations antérieures dont l'influence contribue à l'orchestration des drames que vous vivez. Sous plusieurs aspects, ce que vous êtes est une résonance de la vibration intégrale de tout ce que vous avez été. Cette vie vous fournit l'occasion de transcender une partie de cette programmation. Il s'agit donc désormais pour vous de réaliser votre histoire et, simultanément, d'atteindre et d'intégrer les aspects intemporels du soi qui vous ont échappé jusqu'ici. Ce faisant, vous ferez l'expérience
de votre Unité. Vous deviendrez cette Unité en conjonction avec l'ensemble de vos aspects, qui, dans leur essence fondamentale, sont ce que vous êtes, mais se reconnaissent comme étant séparés de vous.

 

Ce processus est à votre portée. Vous vous efforcez actuellement de l'atteindre, avec tout ce qui se trouve dans votre réalité et au-delà. C'est le voyage que vous avez entrepris en reprenant une forme en cette vie. Et ce voyage pourrait, en cette vie, vous conduire au-delà des limitations de la forme. Il vous fera franchir, au-delà des paramètres du concept de vie, toute la distance vous séparant d'un état d'être constituant l'expression de l'intemporalité. Un état d'être appelé Unité. Nous sommes cette Unité. Et nous sommes venus afin de vous guider jusqu'au foyer originel. 

 

RASHA

 

Extrait du livre « UN »

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:01

Tout ce qu'il y a est le rien étant tout. Et en part de ce tout, apparaît la croyance et l'expérience au quotidien d'être un soi séparé - un individu apparent disposant d'une volonté, d'un pouvoir de choix et d'une capacité à agir qui lui seraient propres. Ceci est spécifique à l'homme et est appelé conscience de soi. La plupart des gens prennent cela pour la réalité.

Ce sentiment apparent d'être séparé est à la racine de la souffrance, du mal-être et du sentiment de perte qui conduisent à chercher à y échapper ou à résoudre la situation. C'est l'Etre rêvant qu'il est séparé de lui-même, cherchant urbi et orbi un tout qui n'a jamais cessé d'être. C'est le rêve hypnotique de séparation qui, pour le rêveur, est très réel.

Le dilemme pour le rêveur en recherche est que le sentiment de séparation gouverne la quête de solution ce qui alimente plus avant le sentiment de séparation.

Le développement d'un « esprit » intelligent et capable de compréhension s'accompagne apparemment du pouvoir d'opérer des choix et des actions en une tentative de négocier avec le monde. Ces tractations ne sont pas toujours couronnées de succès et l'individu semble faire l'expérience de souffrances et de plaisirs qui lui seraient propres.

Tout ceci engendre également chez le rêveur une grande considération pour les conseils, les orientations et le contrôle qui émanent en apparence de l'esprit-qui-comprend. Toutefois, tant qu'il y a un sens de la séparation, il subsiste un sentiment d'insatisfaction ou de perte et une recherche visant à le dissiper.

L'entité séparée ne peut que tenter d'imaginer ou de projeter ce à quoi ressemble de ne pas être séparé. Ce qui est recherché est la possibilité d'un but ou d'un état futur pouvant être réalisé et qui, par conséquent, et en toute logique, doit être approchable. A partir de là, la fonction de la recherche et l'enseignement tourné vers le devenir, enferment le chercheur dans un état de constante aspiration à se rapprocher de quelque chose qu'il ne peut saisir. Tout cela est expression de l'Etre, se manifestant en tant que ce bon vieil esprit-qui-comprend, fiable et digne de confiance, fonctionnant de la seule manière qu'il connaisse... en perpétuelle agitation et constante anticipation. C'est cette activité tournée vers le devenir qui très efficacement maintient le chercheur dans le rêve hypnotique d'un élan vers quelque chose qu'il ne peut saisir.

Bien sûr, la Libération peut, apparemment, survenir, totalement à son gré en dépit de tous ces efforts. Le seul autre espoir pour le rêveur, pour l'apparent chercheur spirituel, est de croire en une énergie bienveillante (disons Dieu, la Conscience ou un soi-disant maître illuminé) qui puisse être motivée pour le guider et choisir de l'influencer tout au long d'un cheminement finissant par conduire à la plénitude. Mais il n'est aucun choix à quelque niveau que ce soit. Toutes ces idées de devenir, de but, de dessein, de choix et de destinée naissent au sein du rêve.

Le paradoxe tient à ce que l'Etre bien qu'apparaissant en tant que rêveur en recherche, n'est pas un état qui puisse être imaginé, conçu, atteint ou même réalisé à travers une quête dont il ferait l'objet. Etre ne requiert absolument rien... il est le Rien et le Tout - déjà complétude et plénitude immaculées. Rien n'a besoin d'être transformé ou atteint, abandonné ou trouvé, pour qu'Etre simplement Soit. L'apparence de séparation est simplement l'expression de l'Etre. L'idée même de quelque chose qui aurait besoin d'approcher ce qui est déjà, est merveilleusement futile. L'Etre est un comédien au public qui ne rit jamais.

Le chercheur rêvé éprouve un sentiment de perte et d'indignité et de ce fait se trouve très attiré par les enseignements dans le rêve qui impliquent la purification, l'effort soutenu, l'abandon, la dévotion et la culture de la renonciation et le détachement.

Il y a une sorte d'inéluctabilité logique et d'indéniable honorabilité attachée à ces notions qui résonnent avec le sentiment de manque. La voie quasi sans fin de l'effort assure joyeusement la prorogation de l'expérience individuelle. Ces idées semblent émaner directement de l'histoire d'une sagesse traditionnelle parfaitement cohérente et digne de foi et qui assurément doit être respectée, quand bien même elle ne nous parviendrait plus qu'en tant que mots couchés sur des bouts de papier.

Deux voies traditionnelles s'attachent à résoudre ou à échapper au sentiment de séparation : la méditation et le questionnement de soi.

Dans la méditation, il semble possible, par l'intermédiaire d'une guidance et de choix apparents, d'atteindre certains états de tranquillité ou de béatitude qui semblent meilleurs que le sentiment de séparation. La croyance prévalente est que l'effort assidu à la méditation va cristalliser l'état et finira par le rendre permanent. Mais ces états ne sont que des expériences personnelles subtiles survenants à l'intérieur de l'histoire rêvée. Ainsi à l'instar de toute autre activité inscrite dans le temps, ces expériences apparaissent et disparaissent.

Le questionnement de soi est un processus similaire dans le sens où l'individu à pour but de choisir d'agir ou de faire un effort pour atteindre un endroit nommé conscience qui, son maître le lui promet, apportera paix de l'esprit, joie et fin de toute souffrance.

Une grande importance est attribuée à la nécessité de mener une investigation rigoureuse des processus de pensées, etc. et de maintenir une vigilance prévenant « la distraction par des pensées centrées sur soi.» Toute cette activité se fonde sur le principe de l'acquisition et du maintien d'une possession personnelle de l'unicité.

L'effet de l'état conscient est un mouvement apparent vers un plan de détachement qui à première vue semble très libérateur, puissant et sécure... Un peu comme être dans une cage de verre d'où la vie peut être observée sans que l'observateur soit jamais affecté. Cela demeure une expérience personnelle subtile empreinte de dualité, se déroulant au sein de l'histoire rêvée de la séparation. De ce fait elle est transitoire.

La conscience du déroulement de la vie n'est pas Etre la vie.

De façon prévisible, la conscience de soi (la présence à soi des bouddhistes) est facilement oubliée, perdue, ou encore submergée par les pensées du rêve ou par certaines situations fortement émotionnelles. La cage de verre est ébranlée et l'endroit où vous sembliez établi paraît à nouveau perdu. Le chercheur rêvé va se remettre au questionnement de soi, en quête d'un nouveau coup de pouce, à moins que ne soit réalisé que la culture de l'état conscient n'est simplement qu'un autre refuge au sein du rêve de la séparation.

Tout cela est simplement l'expression de l'Etre.

Une autre façon pour le rêveur d'éviter d'être, simplement, est de tenter de comprendre ou d'éclaircir sa propre nature. Il est très facile de se retrouver prisonnier de concepts non duels. La singulière et inexorable réitération de notions telles que « tout ce qui est, est Etre. », « Tout est expression de l'Etre. » ou « il n'est personne » est une forme de communication aride et simpliste. Elle n'aborde ni n'éclaire l'apparent dilemme du chercheur du rêve, et de toute évidence ignore l'essence énergétique primordiale de la vie se vivant elle-même, implicite dans le simple fait d'Etre.

Dire constamment qu'être éveillé ou assoupi n'a aucun sens puisque « Etre est tout ce qui est » est comme dire à un aveugle que son état n'est pas un problème puisque « voir est tout ce qui est. » C'est de l'idéalisme pur. Bien sûr, il n'existe rien de tel qu'être assoupi ou éveillé, mais cela ne peut être vu avant la disparition de celui qui cherche à voir.

Le message du Secret Ouvert n'est pas tributaire de concepts clairs, si efficaces soient-ils pour démasquer la confusion. La parole entendue est une survenue spontanée et les mots ne peuvent que pointer en direction d'un autre possible, situé au-delà de l'expression verbale. C'est le message éternellement neuf et présent dans les Ecritures, ignoré, rejeté ou dissimulé aux seuls yeux de l'esprit.

La notion d'enseignement prescriptif, l'idée de guider ou d'offrir une assistance en est simplement absente. C'est un message dépouillé de tout espoir ou de tout réconfort pour l'individu, mais invariablement le chercheur rêvé n'en continuera pas moins à croire qu'il y a ici quelque chose d'offert... Telle est la fonction de la recherche. Il peut également se trouver que tout ce qui demeure soit rien et que puisse surgir alors un autre possible. Toutefois, il n'y a aucun dessein, aucune intention, car ici il n'y a rien à vendre.

Il est possible que puisse surgir la clarté, mais l'ultime compréhension n'est pas la libération. Cela dit, tout cette communication conceptuelle est secondaire en regard d'un élément primordial très illuminant. Cet élément est du domaine énergétique, il s'agit du déploiement impersonnel de la vie... la vibrante merveille implicite dans le simple fait d'Etre. C'est un déplacement énergétique, conduisant apparemment hors de la contraction vers l'illimité. Ce « sans limite » ne peut être possédé et par conséquent ne peut être concédé. Sa simplicité confond profondément l'esprit, mais il en émerge une reconnaissance impersonnelle qu'il n'est personne et rien à libérer. Toute idée de séparation, de souffrance individuelle, de libre-arbitre, de choix autonome, de sens, de dessein ou de but, de destiné, de hiérarchie et de tradition est simplement vue, par personne, comme le drame rêvé de l'Etre.

Il semble que l'esprit en recherche éprouve une fascination pour la lutte, la difficulté et la complexité. Tout le tissu de la « recherche spirituelle » est truffé d'histoires de constructions impressionnantes, apparemment reposant sur des débuts modestes. Le bouddhisme, la chrétienté et combien d'autres dogmes se disputent le fait d'avoir les meilleurs dieux. Les catéchismes du péché et de l'indignité, tout comme les notions de degrés de conscience et de niveaux d'éveil, sont inventoriés, questionnés, explorés, disséqués et font l'objet de farouches affrontements.

L'esprit adore l'idée d'une illumination qui serait une sorte de lieu distant, virtuellement inatteignable, un espace parfait de félicité permanente, libre de toute souffrance et empli d'omniscience, d'omniprésence, d'omnipotence et de toute une ribambelle d'autres « omnis » très importants, affairés au calcul des tenants et aboutissants et déterminés à sauver le monde. Et bien sûr, comme toute cette gloire et cette distinction doit être conquise de haute lutte, il semble naturel qu'elle soit assortie d'une interminable errance dans les affres de « l'obscure nuit de l'âme », d'innombrables karmas passés, du péché originel, de la pensée juste, de l'action juste et de la préparation aux bardos. « Un conte narré par un sot, plein de bruit et de fureur, mais n'ayant aucun sens. »

Pourtant, Etre, simplement et naturellement Etre, est une constante tellement ordinaire et empreinte de tant de douceur. Quand cela est vu, c'est. Quand cela passe inaperçu, c'est.

Etre ne nécessite aucun effort et ne requiert aucun critère. Intemporel, il n'est pas de voie à épuiser, pas de dettes à payer. C'est déjà totalement su. Quand ceci est entendu et que la confusion se dissipe, quand la tension pour s'emparer de l'ultime se relâche et que la vibrante énergie d'être « la vie même se déployant » devient apparente, quelque chose d'autre émerge, de façon très naturelle, bien sûr, car il s'agit de tout ce qui déjà est.

Tony PARSONS - 1er juillet 2006

Source :  http://www.theopensecret.com/french.htm

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 14:16

Extrait d'un entretien avec Eric BARET.

Ce qui est dit dans nos entretiens provient d'une évidence sans forme et peut sembler contraire à certains systèmes de pensée. Si des éléments ébranlent notre état émotionnel, nous blessent ou laissent une forme de conflit, il faut en discuter, chercher ensemble et voir comment se présente cet inconfort. Considéré humblement, sans a priori, tout conflit devient source de maturation. C'est l'antagonisme qui fait grandir.


Vous dites qu'il n'y a rien à faire avec ce qui est là - émotion, tension... - et que ça va se résorber. Cela signifie-t-il qu'il ne doit finalement pas y avoir de tension ? N'est-ce pas contradictoire ?


Lorsque vous sentez une tension, vous n'avez pas le choix. Quand vous vous mordez la langue, vous ne pouvez pas revenir en arrière, sentir la réaction dans toute la structure du visage, ou plus. Savoir s'il était justifié de se mordre la langue, si c'était une erreur, si vous méritiez de vous mordre, est un questionnement qui a son intérêt, mais il vaut pour les gens qui n'ont pas mal à la langue.


Avec la douleur, vous n'avez pas le temps de réfléchir au pourquoi. Vous restez avec la sensation de la langue... Que se passe-t-il ? La langue mordue n'est pas quelque chose de statique ; c'est une vibration, une masse électrique, des éclairs qui jaillissent dans tous les sens... Votre système physiologique est fait de telle manière que vous n'avez rien à faire pour ressentir cette réaction. Vous n'avez pas à vous concentrer sur la langue pour sentir ce qui s'y passe.


Vous remarquez également que, lorsque vous vous mordez la langue, le goût des aliments dans la bouche, la musique que vous écoutez, le film que vous regardez perdent pendant quelques instants de leur substance. Ils deviennent sensoriellement secondaires par rapport à votre sensation de la langue. Vous n'avez donc pas à choisir d'arrêter ceci ou d'arrêter cela. C'est la langue qui choisit, c'est la langue qui devient votre objet de contemplation, de ressenti.


La langue vibre, elle saigne, elle élance... Tout cela apparaît dans votre organisme. Il y a d'abord eu cet éclatement, cette sensation très forte. Par la nature même de votre organisme, de tout le système immunitaire, de la structure de la cellule, petit à petit le traumatisme va se réduire, le sang va s'arrêter de couler, la douleur va s'étaler dans le très grand espace du visage et, graduellement, se vider. Il n'y avait aucun choix, aucun dilemme, il n'y a eu aucune réflexion.


Quand on vous suggère d'écouter la situation, c'est de cela que l'on parle. Il n'y a de place ni pour un choix ni pour une volonté ; la langue elle-même, par sa propre qualité, va résoudre le problème. La situation qui paraît conflictuelle ne l'est que parce qu'on la voit coupée de son environnement. Vous laissez la situation, comme la langue, devenir sensible, et l'élément conflictuel va également disparaître. Il va rester ce qui est là : un événement qui peut amener un désordre physiologique dans votre organisme, mais qui sera ressenti sans conflit psychologique.


Dans un moment de disponibilité sensorielle, il n'y a pas de place pour un conflit psychologique. Mais généralement, quand on se mord la langue ou quand un conflit apparaît dans la vie, on recouvre la sensation de douleur de la langue, la sensation propre du conflit, par un imaginaire, c'est-à-dire par une réflexion sur le pourquoi et le comment. Ce que nous suggérons ici, c'est de se rendre compte de ce mécanisme qui existe en nous. Par la magie des choses, quand on se rend compte profondément de quelque chose, la chose cesse sans qu'on le veuille. Quand vous constatez que ce que vous preniez pour un serpent est une corde, vous n'avez aucun effort à faire pour ne plus croire que c'est un serpent. La vision de la corde dissout le serpent. Vous ne voyez pas la corde pour supprimer le serpent, mais, du fait que vous avez laissé la vision de ce qui était là s'imposer en vous, l'élément imaginaire a magiquement disparu.


Tout élément problématique disparaît de la même manière. Il n'y a aucune activité là-dedans ; ce n'est pas quelque chose que vous faites, c'est quelque chose que vous enregistrez. Vous enregistrez le fait que vous êtes disponible à un conflit et que ce conflit se résorbe. Vous enregistrez le fait que vous résistez à un conflit et qu'il demeure en tant que conflit.

Vous n'avez aucun choix. Plus vous vous en rendez compte, plus vous constatez que vous laissez les conflits être de plus en plus libres en vous et que vous les percevez de moins en moins comme conflictuels. Il y aura toujours des événements qui vous sembleront plus ou moins harmonieux, mais cette apparente disharmonie ne vous fera pas quitter le ressenti de l'harmonie.


Au travail, je suis entouré de personnes qui, comme beaucoup de gens, pensent que le bonheur se trouve dans un compte en banque important, de belles voitures, ce genre de chose. Ce genre de conversation les intéresse naturellement. Je n'ai aucune compétence particulière ni en matière de voitures ni en matière de Bourse, mais en même temps j'ai envie de continuer de discuter avec eux. Comme je ne crois plus à tout ça, je n'arrive plus à communiquer.


Il faut en profiter pour apprendre ! [Rires.]

Jean Klein était intarissable sur les placements boursiers. Il s'est d'ailleurs ruiné plusieurs fois à cause de cela. Il a aussi ruiné quelques élèves et en a enrichi d'autres. Quand quelqu'un parle de voitures, il faut écouter. C'est fascinant, quelqu'un qui a la connaissance de ces étranges machines. Si on écoute vraiment, on trouve là de très belles choses, comme dans tout le reste. Ce n'est rien en soi, mais c'est extraordinaire aussi.


Si l'on écoute vraiment, sans préjugé, la magie de la Bourse, la magie des placements est une chose extraordinaire. On ne peut pas comprendre les événements économiques, politiques, militaires, si l'on ne comprend pas cela. Donc, si on le regarde avec une vision claire, rencontrer un homme d'affaires de haut niveau, parler avec lui de placements et d'économie est très intéressant. Cela dévoile des tas de choses sur les problèmes politiques et sociaux de notre temps. C'est une forme d'œuvre d'art.


Dans l'écoute, rien n'est inintéressant. Pas un métier, pas une activité, pas une passion n'est absurde ; c'est notre regard qui l'est parfois. Tout est fascinant. Quand nous croyons être avec des gens qui vivent de manière superficielle, c'est nous qui sommes superficiels. Quand on écoute leur fonctionnement, on trouve l'essentiel en cela aussi. À leur manière, ces gens ne font que parler de la tranquillité.
On s'aperçoit que ce que l'on écoute ne parle que de la tranquillité, même si cela s'exprime à travers des propos politiques ou économiques. Un autre dialogue peut alors s'engager.


Faire un, faire corps avec ce qui se présente. Rien n'est étranger. Les gens que je rencontre, c'est mon milieu ; j'écoute. Quand je ne connais pas, j'interroge, non pour savoir quelque chose, mais parce qu'il y a une forme de résonance. Il n'y a rien qui soit étranger. Sinon, je suis dans un projet. Si je pense qu'il vaut mieux méditer, faire du yoga, je suis coupé de la société. C'est normal que je me sente isolé ! Non... Quand je fais du yoga, je fais du yoga. Quand je suis dans une salle de casino, j'écoute, je regarde.


C'est extraordinaire, ce que l'on découvre sur l'être humain, sur la beauté dans n'importe quel endroit, quand on écoute. Que ce soit en prison, dans la salle d'attente d'une clinique, dans un restaurant de gare, il faut écouter, regarder. Regarder la joie, la souffrance, l'agitation, les préoccupations, l'anxiété, les besoins, comment les gens fonctionnent... Déjà, une résonance se fait.
Quand une chose m'est étrangère, quelle qu'elle soit, c'est que je vis dans ma prétention. Je regarde alors en moi-même et je remarque que je suis encore en train de prétendre qu'il y a des choses supérieures à d'autres. Cette prétention est une histoire. La beauté est partout. C'est à moi d'écouter et de la découvrir dans toutes les situations.


Certaines sympathies sont plus évidentes que d'autres, bien sûr ! Il y a des gens pour qui la porcelaine chinoise bleu et blanc est ennuyeuse. Il y a des gens pour qui la musique orientale est ennuyeuse. Mais, à un moment donné, la période qui vous passionne est celle qui est devant vous. Avec un policier, je suis passionné par la police. Avec un banquier, je suis passionné par la banque. Pour rien, pour la joie, parce que c'est passionnant de voir comment quelqu'un voit le monde, comment il fonctionne. Je me vois exactement comme lui : les mêmes peurs, les mêmes attentes, le même fonctionnement. Une forme de sympathie est présente. Quand je trouve quelque chose d'antipathique, je tourne la tête et je vois que c'est moi qui n'écoute pas.


Ce n'est pas au monde de m'écouter, c'est à moi d'écouter le monde. Quand j'écoute le monde, il y a une résonance. Mais si je demande au monde de m'écouter, de voir les choses comme moi, si je demande au banquier de mâcher du riz entier, il y a séparation. Le banquier suit sa route, exactement comme tout le monde, l'homme d'affaires aussi, le prêtre aussi ; il n'y a aucune différence. Il faut profiter du milieu où l'on est ; pas pour apprendre quelque chose, pas pour devenir banquier ou quoi que ce soit d'autre, mais pour la simple joie d'apprendre.


C'est un peu comme quand on joue avec un enfant. On n'apprend pas les règles du jeu dans le but de gagner ou de perdre, mais pour jouer. De la même manière, quand on se trouve mêlé à tel ou tel milieu social, on écoute, on apprend les règles par résonance, par affection pour l'environnement. Il n'y a plus de sentiment de séparation. Bien sûr, je fonctionne d'une certaine manière. Je ne vais peut-être pas dans les mêmes restaurants que certains hommes d'affaires, j'ai peut-être une voiture différente, mais ça, c'est la vie qui le décide pour moi. Ce n'est pas mieux, ce n'est pas moins bien. Les grosses voitures ne sont pas moins que les petites voitures. C'est la même chose.


J'écoute ce qui m'entoure. Si demain je me trouve dans un milieu de produits diététiques, j'apprendrai également là ! Mais ce n'est pas mieux. Il n'y a pas de différence. Écouter, découvrir, aimer. C'est ce qui est là quand je ne prétends pas que cela devrait être autre chose, quand je ne prétends pas savoir ce qui est juste. Ce qui est intéressant, c'est ce qui est sous mes yeux. À moi de m'en rendre compte.


Je dois bien prendre des initiatives dans la vie... !


C'est merveilleux que vous le sentiez comme ça. Mais ces initiatives que vous prenez sont une réponse biologique à la situation. Si quelqu'un vous donne une gifle, vous prenez l'initiative d'avoir la joue rouge. Si quelqu'un vous dit que vous êtes un grand homme, vous prenez l'initiative de la joie. Si quelqu'un vous dit que vous êtes un homme misérable, vous prenez l'initiative de la dépression... C'est spontané.


Il n'y a pas d'initiative volontaire. Ce que vous aimez dépend de ce que vous avez mangé les premiers jours ou les premiers mois de votre vie. Le fait que vous préférez le salé ou le sucré, les choses solides ou liquides, vient de situations très anciennes, très profondément enfouies. Vous ne pouvez pas décider d'aimer la nourriture indonésienne ou de détester la nourriture japonaise. Vous pensez décider, mais c'est biologiquement inscrit en vous.


Vous ne pouvez pas décider d'aimer l'architecture moghole et de ne pas aimer l'architecture rajput, ou le contraire. L'une vous émeut plus que l'autre. Où est le choix ? Vous ne pouvez pas décider de trouver telle femme plus attirante qu'une autre. Vous ne décidez pas si vous préférez telle odeur, tel rythme, tel grain de peau, tel son de voix. Vous ne décidez pas si vous préférez les films violents ou ceux qui montrent la beauté.


Qu'est-ce que vous décidez vraiment ?
Vous ne décidez pas de vos maladies. Vous ne décidez pas comment vous vous sentez quand votre femme fait des compliments sur la beauté du voisin. Quand vous avez une augmentation de salaire, quand vous perdez de l'argent, vous ne décidez pas comment cela vous touche. Quand vos enfants sont malades ou en bonne santé, vous ne décidez pas de vos émotions. Profondément, qu'est-ce que vous décidez ?


Mais il y a quand même des choix par rapport à ce que l'on fait. Vous suggérez bien d'écouter...


Selon tout ce que vous êtes, l'écoute se fait ou non. Quand on fait une suggestion, il ne s'agit pas tellement de suivre la suggestion, mais de vibrer avec elle.
Sur un certain plan, on peut dire qu'avant que l'hiver arrive on le sent venir. Quand on dit « voyez que vous n'écoutez pas » ou « écoutez », ça veut dire que ce mécanisme est déjà en train de s'actualiser. On ne le fait pas s'actualiser, mais le fait même de poser une question signifie que la réponse est en train d'être vécue, ou, plus précisément, la question signifie la réponse en train d'être vécue. Quand on répond, on n'ajoute rien, on ne fait que participer au questionnement en cours. Sans cette compréhension, la question ne serait pas possible. Donc, la réponse ne donne rien. Elle coule exactement comme la question ; elle vient du même endroit : d'un pressentiment. C'est pour cela que ce n'est pas la peine d'écouter les réponses. Les choses se passent comme elles doivent se passer. La réponse verbalise l'inévitable ; ce n'est pas quelque chose à faire, c'est quelque chose qui est en train de se faire.


N'est-ce pas de la passivité ?


Poser une question est ce qu'il y a de plus éminemment actif. Cela veut dire que l'on se situe dans l'humilité. L'humilité est ce qu'il y a de plus actif. La personne qui pose une question admet un « je ne sais pas », donc elle est disponible. Elle n'affirme plus, elle n'a pas la prétention de savoir. Quand on sait, on ne pose pas de question. Quand on pose une question, c'est que l'on écoute ; on écoute la question jaillir ; dans cette écoute, la réponse jaillit. La question et la réponse ont exactement la même origine, ces deux formulations véhiculent la même chose : l'écoute dans laquelle toutes deux jaillissent. Poser une question est ce qu'il y a de plus profond, à condition de ne pas chercher une réponse, sinon on se situe encore dans le projet.


Je pose une question, librement, parce que c'est ma résonance. Je sens un conflit dans ma vie et j'exprime ce conflit sans l'orgueil de vouloir le résoudre. Je constate qu'il y a un conflit, clairement. Cela suffit, tout est là. La solution est dans cette soumission à la réalité, à ce qui est là maintenant.
De ce « je ne sais pas », toute action, toute initiative va jaillir. C'est une initiative, une action qui vient de l'écoute de ce qui est là ; ce n'est pas une action qui veut « changer ».

Je sens une restriction dans ma vie et je l'exprime, j'écoute en moi cette restriction. C'est l'écoute de la solution. La réponse est une vibration au même niveau que la question, vibration qui se réfère à ce qui est au-delà de l'une comme de l'autre. Il n'y a pas de réponse à suivre, pas plus qu'à écouter. Il y une résonance, qui est l'humilité dans laquelle la question est posée. Là est la réponse. La réponse est avant la question. C'est parce que l'on pressent la réponse que l'on peut poser la question. Parce qu'il y a cette humilité, qui constitue la suprême activité... Mais il faut une certaine maturité pour comprendre cela.


Est-ce que vous pouvez, Éric, essayer d'éclaircir un peu ce que vous avez dit cet après-midi, à savoir que l'on ne décide rien et, en même temps, qu'il y a une liberté suprême, que la liberté est totale ?


Il faudrait être un poète pour en parler avec justesse. Ce n'est malheureusement pas une de mes qualifications. Tout ce qui perçu est conditionné. La joie, elle, est non conditionnée. Autrement dit, les moments de joie profonde ne sont pas liés à ce qui est perçu. Mais cela ne fait pas partie d'un cadre de réflexion. La pensée a sa valeur pour des choses plus concrètes, mais il ne faudrait pas polluer la manière d'aborder la vie par la formulation, par la pensée. On ne prétend ici à aucune compréhension de ces choses. Je n'ai aucune compétence lorsque je les exprime. Il y a une résonance en moi ; cette résonance ne connaît rien, ne sait rien ; même ma pensée, ma formulation, n'a pas de qualification pour raffiner cette expression. C'est une résonance, une conviction. C'est informulable.


Est-ce le même « je ne sais pas » que celui de Socrate ?


Quand un petit enfant regarde un sapin de Noël pour la première fois, il est ce « je ne sais pas ». Avant de prétendre savoir, nous avons tous la même disponibilité, Il n'y a rien de personnel là-dedans, cela ne fait pas partie de l'arsenal qu'une personnalité peut avoir ou non.


Il n'y a donc pas de projet possible ?


Le poète véritable est sans projet. Son projet est de célébrer du mieux qu'il peut ce qu'il a pressenti, ce qui le dépasse. Il trouve en lui une facilité à se présenter comme celui qui célèbre, celui qui reçoit la louange, comme la louange elle-même. L'art est cette ouverture aux différentes possibilités. Le poète peut jouer le rôle du serviteur et le rôle de celui qui est servi. Il peut aussi n'être que louange, il peut jouer celui qui est séparé de celui qui cherche, celui qui cherche, celui qui trouve... Cela fait partie de la poésie, cela fait partie de l'art. Cela exprime des émotions profondes. Mais elles ne sont pas progressives.


Le drame, dans les recueils de poésies - je pense un peu à Lalehsvari, mais on trouve cela également chez Rûmî -, c'est que souvent les traducteurs doivent classifier les poèmes. Il existe ainsi une traduction (anglaise) du livre de Laleshvari, La Progression du soi, qui met au début les versets où elle cherche Dieu et à la fin les versets où elle l'a trouvé. C'est la dégénérescence de la pensée moderne ! Ce devrait être le contraire : d'abord les versets où elle a trouvé, ensuite ceux où elle cherche. Plus que ça, d'ailleurs : un passage incessant de l'un à l'autre.


Quelqu'un qui est libre de tout projet peut profondément vibrer de la présence de l'essentiel, mais aussi de l'absence de l'essentiel. Présence et absence sont deux phases de l'essentiel. L'une n'est pas plus que l'autre. Que ce soit dans l'absence ou dans la présence, le poète a la capacité d'exprimer cet essentiel avec une telle beauté, avec un tel rythme, avec une telle liberté (ne se contredit-il pas d'un poème ou d'un verset l'autre ?), qu'il laisse le lecteur dans une grande liberté. C'est pour cela que la poésie, la musique et l'architecture sont toujours plus près du pressentiment de l'essentiel que ne l'est la pensée.


Les textes suprêmes des grands maîtres de l'Inde sont des textes de célébration. Les grands textes de Shankarâ ne sont pas ses analyses métaphysiques sur l'Atman et le Brahman, ce sont ses hymnes de louange ; c'est là qu'il y a une puissance extraordinaire ! Même chose pour Abhinavagupta. Les œuvres de jeunesse des grands maîtres sont souvent des œuvres métaphysiques, de réflexion, et leurs œuvres tardives des textes de célébration. Finalement, ils quittent toute conceptualisation pour être pure adoration.


Quand j'ai rencontré le grand Gopinath Kaviraj, il demeurait à l'ashram de Mâ Ananda Moyî. Avant de partir pour l'Inde, j'avais demandé à Jean Klein si Gopinath était un homme « libre » - pour employer une expression poétique - et il m'avait répondu : « Il l'était il y a vingt ans, donc il doit l'être encore... » Cet homme a fini sa vie en écrivant des textes d'adoration de la déesse sous la forme de Mâ Ananda Moyî.

Dans les derniers moments de sa vie, Jean appelait souvent la déesse et voyait les femmes autour de lui comme telles.


Chez quelqu'un dénué de projet, ces moments de profonde dévotion sont toujours là.
La pure admiration coiffe la métaphysique. Évidemment, il ne faut pas dire cela à des métaphysiciens... Dans un moment de clarté, on est obligé de renoncer à tout savoir. Tout savoir s'avère être une forme d'agitation. Il n'y a rien que l'on puisse savoir. C'est là le seul savoir accessible. La disponibilité découle de cette évidence.

Pour la personnalité, vivre dans un non-savoir est une terreur absolue, mais du point de vue de la créativité c'est la liberté absolue. Quand vous vous rendez compte que vous n'avez rien à devenir, vous pouvez tout devenir ; plus aucune barrière, plus aucun empêchement. Mais tant que l'on veut devenir quelque chose, on vit dans une prison.


Tout est à notre disposition, toute l'extraordinaire fantaisie du monde. On la refuse parce que l'on veut être Napoléon. On veut savoir. On veut posséder. Tant que l'on possède quelque chose, on ne possède rien. Quand on se rend compte que l'on ne possède rien, alors on peut dire - et ce n'est pas un concept - que l'on possède tout. Tout ce que l'on voit est à nous.


Quand vous avez un objet d'art et que vous pensez que vous avez l'objet d'art, vous n'avez rien ! Quand vous savez que, profondément, vous n'avez rien, tous les objets d'art que vous rencontrez sont les vôtres. Vous allez une fois au Metropolitan Museum et vous regardez un merveilleux bronze népalais. Il est à vous à jamais et il ne sera jamais aux gens du musée. Il vit avec vous, il est avec vous. Celui-là est vraiment à vous. Mais ce n'est pas un souvenir, c'est une résonance. Si la vie fait que vous le mettez sur votre cheminée, vous devez lui assurer un confort maximum. Mais vous n'en êtes que le gestionnaire, pas le propriétaire.


Si l'on se prend pour un facteur, on n'est qu'un facteur. Mais si vous vous rendez compte que vous n'avez pas de coloration proprement dite, alors lorsque vous rencontrez un banquier, sur un certain plan vous êtes aussi un banquier, et lorsque vous rencontrez un policier et que vous écoutez, vous êtes également un policier. Tout ce que l'on rencontre, on le partage. À certains moments, on exerce certains métiers plus précis que d'autres, mais tout ce que l'on rencontre, on l'est profondément.


La personnalité, l'ego sont trop mièvres ; ils se contentent de trop peu. Il ne suffit pas d'avoir quelques pièces, il faut tout avoir. Tant que l'on n'a pas tout, on sent que l'on n'a rien. Tant que l'on a un projet, une identité, quoi que ce soit que l'on peut appeler « mien », on se sent pauvre. Quand je n'ai pas la prétention d'être autre chose que ce qui se présente dans l'instant, toute la perception est mienne.

Il n'est pas dit que physiquement, psychologiquement, certaines situations ne sont pas plus faciles que d'autres. Mais, même dans les situations qui nous sont moins familières, on peut trouver une profonde sympathie, une profonde résonance.


C'est l'essence de la démarche tantrique. Tout ce qui se présente est à moi ; pas dans un sens personnel ou psychologique, mais profondément. Tout ce qui se présente est ma résonance. Il n'y a rien qui me soit étranger. C'est cela, le tantrisme.


Ce texte constitue le chapitre 15 du livre Le Seul Désir : dans la nudité des tantra, par Éric Baret, Éditions Trait d'Union, Montréal, février 2002, ISBN2-922572-84-6.

 

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 20:16

Il faut connaître le soulagement de n'être plus un chercheur. Il faut, pour cela, en avoir connu la douleur. Le chercheur spirituel, à l'instar du chercheur «matériel», est toujours en quête, comme un de ces logiciels qui fonctionnent en arrière-plan. La vie a la saveur de la quête et il manque toujours quelque chose à l'instant.

 

Un jour, j'ai noté que les «instants pleins» (ceux où il ne semblait rien manquer) étaient ceux que je vivais en présence de quelqu'un qui aurait atteint un état de grâce, un être éveillé, que je voyais  conscient d'une myriade de choses inconnues et certainement inaccessibles à ma pauvre petite âme égarée. Cette compagnie était un apaisement et, longtemps, je ne me suis pas interrogé. Heureusement, un jour nous sommes confrontés à la nécessité de voir. La compagnie apaisante était rare et le reste de ma vie demeurait incomplet, mal vécu. La proximité du sage était un «cachet d'aspirine» pour mon âme. Je ne dis pas qu'elle était «inutile», mais je ne vois pas qu'elle ait été «utile» non plus. Le déclic se fait ailleurs.

 

Il y a deux projections fondamentales dans la quête : la première est celle de «l'état de grâce» et la seconde celle de «l'âme égarée.» L'état de grâce est l'idée que le mental se fait de l'éveil et l'âme égarée est la vision que l'ego a de lui-même. Les deux sont incompatibles, presque irrémédiablement, dans cette vision. Alors, désespérés, il ne nous reste plus que le «cachet d'aspirine» occasionnel, le «calin cosmique.»

 

Il n'y a pas d'état de grâce. L'éveil désigne autre chose qu'un état rare, quelque chose qui ne nous serait  pas familier. La distance qui crée la nécessité de la quête est la distance que nous créons avec «ce à quoi nous nous éveillons». La réalité à laquelle nous nous éveillons est sans feu d'artifice, elle est humble, plus qu'un homme ne peut l'être. Il n'existe pas de pouvoir particulier autre que celui de l'Amour (qui est une disponibilité absolue à la Vie.)

 

La «compagnie du sage» a lieu en nous. Celui-ci n'est pas responsable de ce que nous vivons à son contact parce qu'il n'a aucun pouvoir. Simplement, en cet instant, nous nous autorisons un Abandon qui semble demander beaucoup de travail hors de cette rencontre. La compagnie du sage est une compagnie avec soi qui, par un détour mental, nous semble possible dans cette situation-là. Par conséquent, nous pouvons dire au revoir au sage et à sa compagnie apaisante, du moins en tant que passage obligé ou ingrédient essentiel de l'éveil.

 

Il n'y a pas d'état de grâce ou bien nous en sommes l'obstacle. L'obstacle dit : «Je suis indigne de cela !» «Ce n'est pas pour moi !» Cela étant, bien sûr, fondé sur la vision de l'éveil par l'ego, forcément un peu tronquée. Dans la compagnie du sage, nous trouvons ainsi l'apaisement de l'ego en négatif (celui qui se «sent nul») qui a le privilège d'être au contact d'un être supérieur. La vie vécue dans cette quête permanente est une frustration. L'herbe est toujours plus verte ailleurs, ou l'instant d'après et surtout «ce que je vis n'est pas complet, il manque quelque chose, il y a quelque chose que je ne vois pas, que je verrai peut-être un jour !»

 

Comment attend-on le bus lorsqu'on est éveillé (Comment vit-on une situation ordinaire en présence de Dieu ?) Pour le chercheur la question est latente. Ce qu'il vit est forcément inférieur à ce que peut vivre un familier du Seigneur. La réponse est donc mystérieuse. Soit il n'attend plus le bus (cela est réservé aux âmes égarées), soit il l'attend en compagnie de Dieu avec qui il entretient un dialogue que nous ne sommes pas digne d'entendre. Dans les deux cas, on reste un chercheur et on attend le bus impatiemment ou dans l'abattement.

 

Je vous pose la question : Comment attend-on le bus lorsqu'on est éveillé ?

La quête est fondée sur la distance. Il y a, en particulier, une distance que l'ego spirituel ne veut pas lâcher et qui se rapporte au «besoin de grandeur.» Je rencontre toujours cette attente chez les chercheurs spirituels invétérés. Quand l'éveil semble trop simple, que l'éveillé semble imparfait, l'ego spirituel a toujours recours à ses autres créations : avatars, incarnations divines et leurs miracles. La quête a toujours un peu les accents de la recherche du Père ou de la Mère parfaits, de celui ou celle devant qui nous saurons enfin nous abandonner parce qu'ils sont dignes de confiance. L'ego spirituel a des exigences. Il n'a pas l'intention de baisser les bras devant n'importe qui ! Et la quête prend alors la forme d'un voyage autour du monde à la recherche de Dieu sur terre. Il faut aller en Inde ou en Europe voir la toute dernière incarnation de la Mère Divine. Il faut toujours aller quelque part... et la tension s'apaise le temps de la rencontre, justifiant une nouvelle fois la pérennité de la quête. Pourtant, la merveille de la Vie est une flamme simple au coeur de cet instant présent, là, tout de suite ...

 

Thierry VISSAC   (ISTENQS)

 

Source : http://www.istenqs.org/Index.htm

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 21:02

Un article très intéressant qui explique bien l'enjeu d'appréhender correctement la notion d'ego, tantôt stigmatisé comme le "diable" à abbatre, tantôt sous-estimé en tant que frein principal à l'éveil. Ainsi, il semble d'abord nécessaire de bien comprendre la nature de l'ego, puis de "l'assainir" pour l'utiliser correctement avant de vouloir le transcender...
 Christalain 


Dialogue avec Lama Denis Teundroup et Arnaud Desjardins :
Faut-il éliminer l'ego?

 


Question: La notion d'ego me semble très difficile à comprendre.

 

LAMA DENIS TEUNDROUP. Dans le langage contemporain de la spiritualité, on parle énormément d'ego, ce qui est certainement important car l'ego est au coeur du problème. Mais on voit fréquemment l'ego devenir le mauvais, le vilain et, avec quelques tendances culturelles, on irait même jusqu'à dire le démon, ce qui sans être tout à fait inexact amène cependant d'énormes difficultés dans la relation que l'on entretient à soi-même. S'identifiant à l'ego, on devient le mauvais, le vilain et, dans cette relation à soi-même, se développe alors une approche qui a facilement tendance à devenir dépréciative et autoagressive. On réprime l'ego sans se rendre compte que celui qui réprime est précisément l'ego. On arrive à cette situation paradoxale que la répression de l'ego entretient l'ego et qu'une certaine forme de lutte anti-égotique nourrit le problème contre lequel on souhaite justement lutter. Ce qui suggère que la lutte et la répression (comme dans beaucoup d'autres cas!) ne sont pas la bonne méthode et que, dans le travail avec soi, il est nécessaire de dépasser cette approche répressive et de développer une attitude de douceur et d'acceptation. Mais cette douceur, cette acceptation ne sont pas du tout une attitude de permissivité, de laxisme complaisant où l'on s'autoriserait tout ce qui se présente sans discernement.


D'une façon générale, ce problème de l'ego existe en Orient comme en Occident. Néanmoins, il s'avère beaucoup plus précis et fort dans le contexte occidental. Cela peut s'expliquer par l'exacerbation de l'ego, l'attitude de compétitivité intense qui règne en Occident mais aussi par notre héritage culturel et traditionnel. En effet, notre passé est imprégné de culture chrétienne avec tout ce que celle-ci a tendance à véhiculer comme dénégation de soi sous une forme dépréciative, auto-agressive et à la limite mortifiante.


Une autre difficulté vient de la transmission du dharma en Occident et de sa traduction qui a été très influencée par la mentalité occidentale ambiante. Sans entrer dans une discussion trop technique, on peut faire remarquer que le concept de da en tibétain, atman en sanscrit, que l'on traduit dans beaucoup de cas par ego, certaines fois par soi, a un domaine de signification très étendu. On rencontre dans celui-ci les notions de " je ", de " moi ", d' "ego ", de " soi ", d' " âme ", d' " être " et même de " Soi ". Notre expérience " moi, je ", ce que je suis dans mon expérience empirique actuelle participe d'une double nature authentique et illusoire. Notre expérience n'est ni totalement authentique ni totalement illusoire: suivant sa qualité, elle est plus ou moins authentique, plus ou moins illusoire dans un enchevêtrement de réalité et d'illusion constante. Notre expérience habituelle est la version duelle, dualiste que la conscience habituelle produit sur la base de l'expérience primordiale non dualiste de la claire lumière.


L'important est ici de voir que, dans cette expérience de " moi, je ", il y a cette double nature authentique et illusoire, non dualiste et duelle. C'est une notion traditionnelle qui passe difficilement dans la terminologie occidentale. Une possibilité pour résoudre cette difficulté est de considérer que " moi, je " est constitué de ces deux éléments authentique et illusoire et d'appeler, d'une part, la présence authentique telle qu'elle est en nous-mêmes le " soi " et, d'autre part, d'appeler " ego " le voilage, la perception illusoire des formes qui masquent l'authentique. Dans cette perspective, " moi, je " est une imbrication de qualités authentiques émergeant de notre nature profonde. C'est le cas de l'amour, de la compassion, de la confiance véritable qui sont l'expression de la présence en nous de la nature de bouddha alors que l'ego est la tendance dualiste, duelle et conflictuelle qui opère dans les passions en termes d'attraction, de répulsion, d'indifférence. D'où les émotions conflictuelles qui filtrent, masquent, voilent et interfèrent avec la nature de bouddha. Dans cette perspective, la pratique n'est pas la lutte, la répression de l'ego, mais la reconnaissance des qualités authentiques présentes en nous. Elle consiste, dans une attitude de douceur et de détente, à s'ouvrir à ces qualités authentiques, à notre soi en laissant tomber les fixations de l'ego.


Un ego d'abord normal

 

UNE FEMME. Vous venez de dire qu'il ne faut pas avoir d'attitude agressive envers l'ego. Mais comme toutes les voies spirituelles insistent sur la nécessité de se débarrasser de l'ego, pendant longtemps, je me suis évertuée à chasser cet ego qu'on me présentait comme l'obstacle sur le chemin. or, actuellement, il me semble au contraire que je dois passer à travers le sentiment, la sensation de ce moi. Est-ce que je me trompe ?

 

ARNAUD DESJARDINS. Il faut savoir, d'une part, à quel niveau on parle, c'est-à-dire si l'on s'adresse à un débutant ou à une personne qui est déjà avancée sur le chemin et, d'autre part, si l'on s'adresse à un débutant qui est bien situé en lui-même ou à un débutant plus ou moins perturbé, y compris des perturbations qui, en Occident, relèveraient de la psychothérapie. Tous les enseignements, sans exception, et tous les maîtres sont d'accord pour dire que le but est l'effacement, la disparition d'un certain mode de conscience que l'on désigne généralement en français par " le sens de l'ego ". Premier point, savons-nous exactement ce que nous appelons l'ego et en quoi pourrait consister l'état-sans-ego, autrement que par des définitions livresques qui nous vaudraient de bonnes notes dans des examens d'indianisme à la Sorbonne mais qui ne peuvent pas nous servir de point d'appui pour transformer notre existence, nous libérer de nos peurs et nous établir dans la sérénité?


Ma ligne de réponse personnelle, c'est que l'ego, pour être transcendé, dépassé, doit d'abord être en bon état ou en bonne santé. Même si, pour employer une image combien célèbre, la chenille doit mourir en tant que telle pour devenir papillon, une chenille malade ne fera pas un papillon. Si l'ego est trop peu structuré, comment est-il possible de vouloir tout de suite dépasser celui-ci? Comment parler d'effacement du sens de l'ego à une personne qui n'a même pas l'impression d'exister vraiment et qui se sent bloquée par différentes formes d'inhibitions et de malaises, issus de marques profondes, de samskaras en sanscrit? Certains êtres humains ne se sentent même pas le droit d'exister. Ils ont l'impression qu'ils ne sont à leur place nulle part parce que psychologiquement ils ne se sont pas sentis suffisamment aimés, soutenus, confirmés dans leur enfance. Pour que le sens de l'ego puisse s'effacer, il faut d'abord que l'ego se soit quelque peu affirmé, que cette conscience ordinaire que nous avons de nous se soit organisée, structurée, que nous soyons vraiment un ego au singulier et non pas une multiplicité de personnages ou de tendances qui nous composent et s'opposent entre elles.


Je me suis beaucoup appuyé pendant les années de ma recherche sur une formule que je considère toujours comme précieuse aujourd'hui: " Pour se donner, il faut s'appartenir. " On ne peut donner que ce qui nous appartient. Comment est-ce que je peux abandonner l'ego (en anglais drop the ego - Dieu sait combien de fois j'ai entendu cette expression) si ce moi est informe, privé de forme? Mon propre gourou m'a dit un jour en anglais, il y a bien longtemps: " Arnaud, you are an amorphous crowd ", (" vous êtes une foule amorphe "), et comme je savais qu'il avait reçu une formation scientifique dans sa jeunesse, j'ai bien compris qu'il donnait au mot amorphe, privé de forme, un sens très précis - amorphe en chimie, c'est l'opposé de cristallisé. Une part de nous qui est touchée par une vérité - non pas seulement dans l'intellect mais dans le coeur - voudrait échapper à un certain mode de conscience que nous sentons bien comme limitatif, mais d'autres parts de nous continuent à réclamer: " Et moi, et moi, je n'ai pas reçu ça, je n'ai pas pu faire ceci, je demande encore cela. " Il y a donc une première étape de structuration ou même d'affirmation de l'ego avant d'envisager l'effacement de la conscience du moi dans tout ce que ce pronom présente de limitatif. Mais ce travail de structuration doit être entrepris dès le départ avec une compréhension et surtout un sentiment qui permettent l'ouverture et le dépassement. Il est important de pressentir d'emblée ce que pourrait être un état non égoïste ou non égocentrique de manière à ce que cet te première affirmation de l'ego, nécessaire au début, ne soit pas le renforcement d'une prison qui ensuite deviendrait un véritable obstacle.


Le sens de l'ego, c'est une identification - j'entends par ce mot se prendre pour ce qu'on n'est pas réellement -, une identification de la conscience au personnage que nous sommes et que nous désignons par notre nom et notre prénom. Ramana Maharshi utilise l'image d'un acteur distribué dans un rôle qui, par un phénomène que nous sommes tous d'accord pour considérer comme pathologique et relevant de la psychiatrie, se prendrait tout d'un coup pour le rôle dans lequel il est distribué. Ici, chacun peut entendre ses nom et prénom. L'ego est une hallucination qui fait que la conscience se prend pour Arnaud Desjardins au lieu de se considérer comme distribuée dans le rôle d'Arnaud Desjardins mais fondamentalement libre de ce rôle. Cette liberté, nous la retrouvons chez les enfants qui font semblant en jouant d'être un avion tout en sachant très bien au fond d'eux-mêmes qu'ils ne sont pas un avion " dans la vraie vie ". Ce que nous appelons la carte d'identité, c'est en fait la carte des identifications majeures au nom et à la forme, pour parler comme les hindous, notre véritable identité étant totalement indépendante de ce qui est marqué sur la carte d'identité en question. Notre véritable identité donnerait à peu près: Date de naissance: jamais né; nom des parents: le brahmane la réalité absolue! Comment pouvons-nous progresser vers le moment où cette identification fondamentale va céder et où se révélera une conscience pure, sans attribut, distribuée dans un certain rôle? C'est là toute la question.

 

LAMA DENIS. Il y a effectivement, nous l'avons vu, de grosses erreurs dans la notion d'ego et dans celle de dépassement de l'ego. Bouddha a été appelé parfois anatma vadin, celui qui enseigne le non-ego et, partant de cette notion de dépassement de l'ego, certains se proposent d'annihiler celui-ci. L'ego est exécrable, haïssable, l'ego est à exterminer et ils s'engagent dans une guerre contre cet ego. Cette approche est une déviation et une erreur majeure. Le non-ego n'a jamais signifié qu'un côté de nous-même devait annihiler l'autre côté de nous-même. Lorsque quelque chose en nous se propose de maîtriser, de détruire quelque chose d'autre en nous, il est pertinent de se demander comme je le suggérais tout à l'heure: qui est-ce qui se propose d'annihiler, de détruire, de dépasser cet autre aspect, qui est-ce qui se propose de dépasser l'ego? Du point de vue bouddhiste, ce sujet qui a cette intention n'est autre précisément que l'ego lui-même. Cette volonté de destruction de l'ego devient une façon subtile de renforcer l'ego, l'ego se construisant avec pour propos son propre dépassement ou sa propre destruction. Il y a là un réel problème. D'autre part, il est important, avant d'envisager un dépassement de l'ego, d'avoir un ego normalement structuré. Arnaud faisait à l'instant allusion aux difficultés que l'on rencontre souvent face à des personnes qui se proposent de dépasser l'ego mais qui n'ont même pas un ego normal. Il y a, avant d'envisager le dépassement de l'ego, la nécessité d'être " normosé ", d'avoir une névrose normale, un ego normalement équilibré. Il y a des gens qui sont névrotiquement névrosés et qui relèvent de disciplines autres que la voie spirituelle. Il y a des gens qui sont " normosés " et l'approche spirituelle s'adresse à ces personnes normales ou normalement névrosées.


Il existe deux niveaux dans le travail sur l'ego: d'abord la compréhension de ce qu'on appelle la transparence de l'ego et ensuite l'expérience de la non-dualité. L'expérience de la transparence de l'ego consiste à comprendre - comprendre non pas intellectuellement mais dans un vécu abordé dans la méditation assise - comment nous ne sommes pas ce à quoi nous nous identifions. En effet, nous ne sommes pas notre carte d'identité. Notre identité en tant que Pierre, Paul, Marie ou Jeanne, n'a qu'une valeur conventionnelle. Nous sommes un ensemble de samskaras, de tendances, un ensemble d'états de conscience et, sur ce flux de conscience qui constitue notre expérience habituelle, nous mettons un nom: " moi ". A un premier niveau, il s'agit de comprendre que cette identité ou ce processus d'identification - car il n'y a pas une identité solide, une entité qui ait un caractère intègre et monolithique - est en fait et uniquement un processus, c'est-à-dire le jeu interdépendant des différents phénomènes qui nous donnent le sentiment d'être ce comme quoi nous nous vivons. Il se produit alors une désidentification ou une perception de la transparence, du manque de solidité de notre identité conventionnelle, habituelle. C'est ce qu'on appelle traditionnellement le premier niveau du non-ego.

 

Le deuxième niveau est l'accession à la non-dualité, c'est-à-dire à l'absence de quelqu'un qui soit le témoin de l'expérience du non-ego. Dans un premier temps, il y a la conscience de ne pas être ce à quoi nous nous identifions habituellement, il y a la conscience de la transparence de notre identité - je ne suis pas ceci, je ne suis pas cela -, mais subsiste néanmoins une appréciation qui est cette conscience d'être globale ou cette conscience de ne pas être cette identité. A ce niveau, on a encore l'expérience d'un témoin, d'un observateur, d'un point de référence. Le deuxième niveau, celui de l'expérience non dualiste, est la disparition même de ce point de référence central auquel l'expérience se rapporte. A ce moment-là, il n'y a plus même conscience du non-ego. Il y a une expérience immédiate, directe, sans la notion du sujet qui perçoit quelque chose d'autre ou qui expérimente le non-ego. Cet état est l'expérience non duelle.

 

Mais partons du début: au niveau psychologique, il y a la nécessité de la structuration de l'ego et la tradition nous propose un certain nombre de pratiques pour d'abord être bien structuré - ce qu'on appelle en tibétain seunamtso, le développement de bienfaits, de l'action juste. Ensuite, sur la base de cette structuration harmonieuse, juste, il est possible de dépasser l'illusion de l'ego, c'est ce qu'on appelle en tibétain yeshetso, le développement d'expérience immédiate, qui comprendra à son tour deux niveaux, le premier étant l'expérience de transparence et le deuxième le dépassement même de toute expérience - fût-ce celle même de la transparence.

 

La transparence de l'ego

Je voudrais demander à Lama Denis s'il peut préciser ce qu'il veut dire par transparence de l'ego et notamment s'il s'agit d'un état où l'ego serait normalisé et où l'on ne serait plus arraché à la réalité relative, par exemple à cause d'émotions ou de désirs forts qui nous empêchent de rester en contact avec la réalité telle qu'elle est? Ou bien s'agit-il d'autre chose ?

 

LAMA DENIS. La transparence de l'ego est l'aspect élémentaire de ce qu'on appelle dans le bouddhisme shunyata, l'expérience de la vacuité: je ne suis pas ce que j'ai l'impression d'être, je ne suis pas Pierre. Mais habituellement, je suis Pierre, je suis solide. C'est l'expérience que dans le " p ", dans le " i ", dans le " e ", dans les deux " r " et dans le " e " final, il n'y a pas quelqu'un. C'est l'expérience que ce à quoi je m'identifie - cette carte d'identité qui comprend un nom, une date de naissance, une certaine situation sociale, certaines adhésions intellectuelles - n'a qu'une réalité conventionnelle. C'est l'expérience intérieure vécue du caractère relatif de cette identité.


L'expérience dans laquelle on ne s'identifie plus à ses pensées ou à ses émotions, fussent-elles grossières ou subtiles, correspond à ce qu'on appelle l'observateur abstrait. A ce stade, il y a encore la notion d'observateur, de témoin - un témoin non impliqué, un observateur abstrait dans le sens où il n'est pas solidement concret et où il ne réagit pas -, mais il reste la conscience abstraite, neutre, alors que dans le deuxième temps, la conscience même d'être abstrait ou neutre, non impliqué, n'existe plus. C'est uniquement à ce moment-là qu'il y a accession à l'expérience non duelle. La conscience, du point de vue bouddhiste, est toujours conscience de quelque chose d'autre, elle correspond toujours à un mode de connaissance duelle, c'est-à-dire que le sujet est conscient ou connaisseur de quelque chose qui lui est autre, cet autre fût-il la transparence de l'ego.

 

Le sujet et l'objet

Qu'est-ce qui entreprend la démarche de libération? Est-ce l'ego ou y a-t-il en nous "quelque chose" qui prenne la recherche en main?


ARNAUD
. Au départ du chemin, dans les conditions ordinaires de l'existence - c'est certainement encore plus vrai pour nous, produits de ce monde occidental moderne, dans l'existence agitée, déstructurante que nous vivons aujourd'hui, que pour des êtres qui avaient un mode de vie beaucoup plus calme, ponctué de prières, de méditations, de rituels - il y a une identification massive, celle de la conscience pure à une forme apparente qui n'est que changement. Identification à nos pensées, à nos émotions, à nos sensations par lesquelles nous sommes complètement happés.

 

Swâmi Prajnanpad appelait cela une fausse non-dualité dans laquelle le sujet est entièrement absorbé par l'objet. Je n'ai plus aucune conscience de moi. Swâmiji insistait sur la nécessité de passer par une étape importante dans laquelle nous expérimentons un moi plus permanent, plus stable, plus réel, même s'il s'agit d'une individualité qui devra elle aussi être dépassée. C'est encore moi, mais avec une distinction claire du moi et du non-moi. Est-ce que moi en colère, c'est moi? Non, pas plus d'ailleurs que moi, fou de joie. Il s'agit donc, dans un premier temps, de découvrir un " je " sans attribut, sans prédicat, plus stable, plus permanent et qui procède pour commencer d'une dissociation. C'est cette distinction du sujet et de l'objet qu'on appelle " discrimination du spectateur et du spectacle " ou "position de témoin", witness position en anglais, sakshin en sanscrit. Mais elle n'est qu'une étape.


Donc, l'état de conscience ordinaire est une fausse non-dualité dans laquelle nous n'existons plus, non pas au sens heureux d'un effacement de l'ego mais dans le sens d'une identification inconsciente à nos fonctionnements, d'autant plus grande que nous sommes plus concernés émotionnellement. Nous ne sommes pas en possession d'une conscience stable que l'Inde compare à un fil qui passe à travers toutes les perles du collier, une conscience permanente qui s'exprimerait avant tout en termes négatifs - je ne suis pas cette pensée, je ne suis pas cette émotion, je ne suis pas cette condition physique pénible, je ne suis pas tout ce dont je peux prendre conscience qui n'existait pas hier, qui n'existera pas demain. Donc, il s'agit bien d'une dissociation. Si je suis complètement pris, le sujet et l'objet sont confondus, je suis emporté par mes pensées, mes émotions, mes sensations. Il y a absorption du sujet par l'objet. Cet objet peut être l'ensemble de nos perceptions intérieures, une émotion douloureuse, une tristesse, une surexcitation parce que nous avons reçu une bonne nouvelle, ou même des pensées un peu obsessionnelles. Une part de la sadhana, de l'ascèse, consiste en cette désidentification, cette dissociation du sujet et de l'objet.


En langage védantique, on dit que tout peut être objectivé, c'est-à-dire considéré comme un objet - y compris, je le redis, ce que d'habitude nous considérons comme tenant au sujet, c'est-à-dire les tristesses, les joies, les colorations affectives, les idées noires, les idées roses. Si le sujet est triste de constater une tristesse, ce n'est plus le sujet. Le sujet, le témoin, doit être pur, sans coloration, sans qualification, juste vision. Ce témoin, lui, est toujours identique à lui-même, tandis que ce qui est vu est tout le temps changeante Cette étape que Swâmi Prajnanpad appelait une vraie dualité est une première démarche.


Tout peut devenir objet pour un sujet qui en prend conscience. Mais du sujet lui-même, l'ultime sujet, rien ne peut prendre conscience. Mais ce je suis, ce sujet, même s'il est très pur, même s'il est sans émotion, même s'il EST parce qu'il échappe au changement, qu'il échappe au temps, a encore une certaine coloration individualisée. Je le ressens toujours quelque peu comme " moi". Il y a encore un dépassement possible dans lequel ce sens d'un je suis même très calme, très stable et autour duquel peut se structurer et s'organiser notre fonctionnement ordinaire, va disparaître. Le sujet perd toute référence individualisée, toute référence de séparation, de dualité et atteint une non-dualité - non-deux - qu'il est impossible d'imaginer à l'avance tant qu'on ne l'a pas expérimentée. La conscience devient alors parfaitement lumineuse, claire, souverainement détachée, mais compatible avec l'apparence d'une action, d'une décision. Toute référence individuelle s'est effacée. Pour illustrer cet état, on donne l'image de la vague qui réalise qu'elle est purement et simplement l'océan; même s'il y a des milliers de vagues, il y a un seul océan et la vague ne peut pas avoir une existence, ou un être, ou une réalité indépendante de l'océan lui-même.

 

Pour en savoir plus lisez "Dialogues à Deux Voies" Ed. La Table Ronde Lama D. Teundroup & Arnaud Desjardins

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 21:17

Bienvenu au secret ouvert : TOUT CE QU'IL Y A EST CECI

 

Et ceci est ce qui arrive... lire ces mots, entendre des sons, ressentir, penser « alors, et après ? ». Et bien « après » est encore ceci ! la Vie étant simplement ce qui est... l'avènement dans l'anéantissement, la fin dans le commencement, le rien dans le tout.

 

Il n'est pas d'autre. Il est donc être ceci même et jusque dans la recherche de ceci... la quête de la paix de l'esprit, de la complétude, du bonheur ou de quoi que ce soit d'autre censé résoudre cette agitation, ce désir lancinant...

 

Et ceci est tout ce qui est, même au sein de la lutte pour tenter d'ordonner les choses, pour amasser des concepts chargés de sens, tournant une fois de plus la page en quête de mots supplémentaires, une fois de plus sans entendre ce qu'ils murmurent.

 

Comment l'espace pourrait-il être pris dans les mailles d'un filet ? Et que pourrait être ce qui aurait besoin de retrouver ce qui n'a jamais été perdu ? Qu'est-ce qu'essayer d'échapper à être ceci ? Retournez aussi vite que vous le pouvez à ce que vous croyez pouvoir savoir et faire... découvrir votre nature véritable, ouvrir votre cœur, demeurer conscient ou tuer l'ego, et ceci demeurera encore tout ce qui est... vous, vous évertuant à trouver une place que vous pourriez nommer votre demeure.

 

Être ne peut être possédé, enseigné, ou même évalué... c'est merveilleusement inutile, ce n'est pas ce que vous croyez vouloir. Être ceci ne vous rendra pas heureux ou spécial, pas plus que ce ne fera marcher votre vie.

 

Et cependant c'est la liberté sans prix au delà de toute mesure. Beaucoup rencontrerons ce message et retournerons à la fascination de l'entreprise personnelle. Mais il peut y avoir une résonance, une reconnaissance... et soudain le mythe de la séparation s'effondre et tout ce qu'il y a est la merveille sans borne d'être simplement ceci.


Tony Parsons - janvier 2008


Source : http://www.theopensecret.com/french.htm

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