Présentation

Jeudi 5 novembre 2009

Une question de R :

" Je suis née handicapée, ma vie n'a pas été facile tous les jours. Pendant de nombreuses années j'avais au fond de moi de la haine pour mes parents, mes frères, les autres tout cela dissimuler dans un semblant d'amour. Je ne voulais pas voir en moi cette réalité qui me blessait. Aujourd'hui je fais face à mes démons et je les remets à Dieu. Je veux être en paix ! Je ne lutte plus je sais que Dieu veille sur moi, j'ai foi !
La question qui en moi ne trouve pas de réponse est simple pourquoi suis je née avec ce handicap ! Mon âme ne peut elle pas reconnaitre l'amour de Dieu !
Pourquoi mon corps est il en souffrance !
C'est difficile à vous expliquer !  Au fond de moi tout on fond de moi je sais que Dieu est présent je sens sa présence son amour mais mon corps lutte toujours.
Merci de pouvoir m'éclairer !  "

 

 

1) Réponse de Christalain


Merci d’abord pour cette question qui me donne l’occasion d’aborder, pour ma part,  un sujet délicat. En effet, celui-ci m’a beaucoup interpellé dans le passé et même mis mal à l’aise (pas de hasard donc !). Je vois pour ma part 3 manières de l’aborder, qui peuvent être en partie seulement, compatibles :

 

1) par l’aspect karmique

2) dans l’Esprit non-duel du Cours

3) par mon propre ressenti, mon témoignage, hors de toute théorie.

 

J’ajoute que mon témoignage personnel représente l’essentiel de ma réponse car les 2  premiers aspects ne me satisfont pas vraiment, ou plutôt je suppose qu’ils ne le feraient pas si j’étais à ta place. Mais comme je ne le suis pas, dans le doute, je les mentionnes quand même brièvement… Mon simple ressenti ne t’apportera peut-être pas plus d’ailleurs, mais j’aurais essayé, avec le plus de sincérité possible de communiquer quelques idées sur le sujet. Tant mieux si cela peut t’aider un peu.

 

Certaines sources « karmistes » supposent, donc que la paralysie cérébrale révèle  l’existence  d’un violent traumatisme pré-natal qui entraîne une fermeture complète, un arrêt de tout mouvement vers l’avant, empêchant la progression normale du développement physiologique. Peut-être préconiserait-ils une recherche sur les vies antérieures pour ramener à la conscience l’expérience de vie déclenchant ce pattern. La régression sous hypnose est un outil visant notamment à transmuter les traumatismes ainsi ramenés à la lumière. L’hypnose Ericksonienne, plus « soft » pourrait être également indiquée. Evidement, selon la non-dualité, il est nullement nécessaire de se référer au passé pour le guérir « maintenant ».

 

Justement, le cours et la non-dualité en général diraient , de manière un peu sèche selon moi, que ton handicap et donc ta souffrance sont « illusion » puisque le corps auquel tu t’identifies n’existe pas réellement.  Il dirait que tu donnes corps à une croyance d’indignité menant à une auto-punition (l’handicap) , en raison d’une culpabilité inconsciente exacerbée. Il dirait aussi que cette expérience est ton choix de vie, et que tu pourrais en changer en reconnaissant ta nature divine et parfaite, digne d’être aimé de Dieu comme tous ses fils. Bien sur, je raccourci, et comme tu est lectrice du Cours, tu sais déjà cela et tu vas sûrement penser que cela te fait une « belle jambe » si j’ose dire.

 

Quand à mon expérience personnelle, elle n’est pas très gratifiante à raconter (tans pis pour mon ego !) , mais peut-être plus significative. En effet, plus jeune, je trouvais le monde des l’handicapés complètement inhumain, moche  et effrayant car je vivais scotché au monde de la forme et des apparences : « Si la surface est acceptable, l’intérieur doit l’être également… et vice versa ! » ou encore :  « A quoi sert-il dans le plan de Dieu de faire souffrir les gens ainsi ? ».   Les handicapés, même légers, me faisait peur, sans douter parce qu’ils me renvoyaient l’image gênante de mes propres handicaps émotionnels…derrière les apparences.

 

En effet, j’ai longtemps été moi-même un handicapé de la vie sociale. Tout « comme il faut » sur le plan physique et intellectuel, sain, sportif, bien éduqué... Mais inadapté aux idées « homologuées » et à la brutalité du monde, comme un handicapé physique peut être inadapté aux escaliers, aux trottoirs trop hauts et autres accès inaccessibles. 

 

Ainsi, j’ai fuis la vue des handicapés aussi longtemps que j’ai fuis mes propres traumatismes et mes blessures. La souffrance morale n’a rien a envier à la souffrance physique, bien qu’elles puissent s’ajouter l’une à l’autre. Pour cette raison, je me suis toujours dit que je n’aurais jamais été capable de naître handicapé et plus encore le devenir suite à un accident. Cela aurait été plus que je n’aurais pu supporter et j’aurais plutôt choisis de « mourir » !

 

J’admire le courage des handicapés, leur volonté de vivre, qui est pour moi une leçon permanente vis à vis de ceux qui passent leur temps à se plaindre pour un rien, comme je le faisais  dans ma jeunesse, d’ou cet insupportable miroir qui m’ était renvoyé. Certes, on peut guérir de l’état de « victime » sur le plan moral et réaliser qu’on est responsable à 100% de sa vie, et je ne remercierais jamais assez le ciel pour ce qu’il m’a envoyé depuis 10 ans. Mais guérir de son handicap physique, voilà qui semble plus difficile à priori puisque, si l’on peut dire, l’expérience traumatique psychologique de victime, de maladie,  s’est « précipité sous une forme solide ».

 

Alors bien sur, selon UCEM , il n’ y a pas de degrés de difficulté dans les miracles, mais une guérison immédiate demande une foi absolue. Cela EST possible, j’en suis convaincu mais quelle est l’intensité de ta foi ? crois-tu cela possible ? cela l’a été pour d’autre n’est-ce pas ?  Mais  pour en revenir à ta question initiale : « pourquoi  l’handicap ? » . Peut-il y avoir une réponse satisfaisante ? peut-être pas car cela reviendrait, en fin de compte, à vouloir répondre à la fameuse question  : « Pourquoi le fils de Dieu a t-il choisi d’expérimenter la croyance en la séparation d’avec sa source, et donc ses effets que sont la souffrance, la maladie, la peur ?…etc ».

 

Seule une réponse venue à travers toi-même peut avoir un sens. Qu’est-tu venue montrer au monde par ton handicap ? quelle expérience as-tu choisie ? Qu’est tu venue apprendre et te rappeler à travers cela…? Seule toi le sait au fond. Mais ce qui est sur, c’est que ce même handicap t’a probablement conduit à t’intéresser à la spiritualité, et au Cours en miracle, comme cela a pu être le cas pour un « handicapé émotionnel » comme moi.  Peut-être fallait-il en arriver à cette extrémité pour choisir de se réveiller du rêve ?  Une souffrance provisoire pour gagner ensuite des siècles de souffrances inutiles ? intéressant non ?

 

Pour conclure, je voudrais rapporter cette anecdote qui montre comment ma perception du handicap a évoluée conjointement à ma démarche d’éveil :

 

Depuis des années je faisais le même trajet pour me rendre à mon travail et chaque matin, arrêté à l’un des feux rouges, je voyais une jeune femme souffrant visiblement d’une paralysie partielle des jambes. Elle marchait avec peine pour rejoindre un arrêt de bus. Les premières années, je ressentais cette gêne de voir « l’imperfection » du monde dans cette démarche saccadée et la souffrance engendrée (j’inversais encore cause et effet à l’époque et croyais en la réalité absolue du monde) . C’était de la compassion à l’ancienne qui se rapproche plus de la pitié et de l’impuissance. Cette dame avait cependant toujours le sourire et ne négligeait jamais sa tenue vestimentaire, plutôt coquette.

 

Au fil des années, mon regard a changé, la gêne et la peur se sont transformées en admiration, en bienveillance, puis en sympathie. Quelle courage de vivre quand même, profiter du soleil qui brille pour tous, comme tout le monde, garder le sourire, une bonne humeur apparemment inaltérable. Chaque matin j’apprenais cette leçon : tout le monde enseigne tout le monde, chacun est à sa juste place. De toutes façons,  Il est impossible de savoir à la place d’un autre s’il est heureux ou pas derrière le masque, quel est le sens de sa vie, de son expérimentation, alors à quoi bon faire des suppositions ?

 

Les dernières fois que je l’ai vu, j’avais presque envie de descendre de ma voiture et aller la serrer dans mes bras pour lui dire «  Merci d’être là tous les matins avec votre courage, votre sourire, et ne changez rien, car vous n’avez pas idée de tout ce que vous apportez au monde.  Dieu lui-même serait incomplet s’il manquait le moindre grain de sable sur terre, et vous êtes bien plus qu’un grain de sable ». Ensuite, elle a disparu. Peut-être est-elle allée « enseigner » dans un autre quartier ?  Peut-être que les automobilistes qui passaient à cet endroit, a ce moment, avait suffisamment compris certaines leçons ?

 

Voilà tout ce que je peux dire R : plus que jamais je crois aux enseignements du Cours en miracles, plus que jamais je pense que les miracles existent, autant dans la matière que dans l’esprit puisque la première ne fait que procéder du second. Je ne peux que t’encourager à continuer à assimiler la métaphysique du Cours, à voir le bon coté de la vie, à t’aimer pour ce que tu est, la fille de Dieu, parfaite au delà du voile illusoire de la forme, même si cela est plus facile à dire pour ceux qui rêvent encore qu’ils courent.  La vraie valeur est intérieure, le pourquoi de l’extérieur n’est finalement que prétexte pour  retourner dans cet intérieur ou sont toutes les réponses.

 
Christalain

  


2) réponse Sandrine


Le Cours en Miracles enseigne surtout comment sortir de notre culpabilité. La première chose pour sortir du monde de l’ego, dans lequel nous nous « croyons » coincés (puisqu’en réalité, nous sommes éternellement libres) est donc d’en finir avec la culpabilité. Si nous nous culpabilisons de ne pas vivre la sainteté divine, de façon manifeste, en nos corps; nous ne pourrons jamais la vivre car nous nous regardons pour ce que nous ne sommes pas :

- un corps

- coupables (d’être séparés de Dieu et de ne pas manifester sa perfection).


Maintenant, revenons à la source du débat. Nous cherchons la perfection de Dieu dans la forme et pensons que si la forme n’est pas le miroir de cette perfection, c’est que nous n’en sommes pas dignes ou pire encore, que nous ne sommes pas parfaits en réalité. C’est justement ici que nous faisons une grossière erreur car nous nous identifions à notre corps, pensant que cette imperfection ou cette souffrance que nous regardons ou ressentons est Ce Que Nous Sommes. Nous rendons alors réel, ce qui ne l’est pas, de toute éternité. Ces effets ne sont pas Ce Que Nous Sommes mais juste la manifestation de pensées erronées ; ils font partie du rêve et n’ont aucune conséquence sur la réalité. Difficile de reconnaître que nous sommes pure Joie dans l’absolu lorsque nous faisons l’expérience de souffrir. Et pourtant.


Oui pourtant, nous pouvons revêtir une magnifique fonction divine puisque nous invitons les autres à regarder au-delà de la forme, leur permettant ainsi d’ouvrir la grande porte du monde de l‘esprit. Nous les aidons enfin, à adopter la vision juste.


Voilà ce que pourrait en dire Jésus :

« Chers anges, la vision d’amour passe par  delà les apparences et rien de ce qui est dans la forme n’a d’importance. Quand je vous vois faire des choix qui permettent à vos frères et sœurs de regarder au-delà des apparences, je dis : quelle grandeur. Puis, lorsque votre mission semble se terminer, vous dites à vos frères et sœurs : mais regarde, je suis handicapé et je suis un corps qui souffre. Voyez comme vous vous êtes laissés prendre par le rôle en vous enfermant dans ce que vous n’êtes pas. Je vous invite à vous connaitre libres, au-delà de vos expériences. Je vous invite à vous connaître tels que vous êtes en réalité.»

Pour lâcher la culpabilité, persévérons à regarder au-delà de l‘expérience. Nous nous voyons handicapés, et nous le sommes manifestement, nous sentons le poids de cette souffrance dont nous accable ce corps que nous ne sommes pas ; coupable pourtant de tous nos maux. Ce corps, responsable de nos malaises, et de notre séparation d’avec la source. Nous lui donnons du poids, de l’importance, nous le jugeons, le rendons réel et responsable lui qui, pourtant, d’après le Cours, n’a aucune existence intrinsèque.

Revenons donc à nos maux dont ce corps ne peut être la source. Sans doute sont-ils encore les conséquences de nos pensées d’indignité. Alors, regardons à quel point nous savons pourtant tout au fond de nous, que nous sommes parfaitement innocents, en parfaite sainteté, inconditionnellement aimés et éternellement impeccables. Ce qui ne veut pas dire que nous avons un corps parfait : quelle importance le corps que nous ayons car lorsque nous regardons au-delà de la forme, Nous Sommes au-delà de la forme, Nous n’habitons plus ce monde. Nous ne sommes pas notre corps et tant que nous pensons l’être, nous ne pourrons pas manifester ce que Nous Sommes réellement.


Maintenant, revenons aux miracles selon le cours : nous ne les faisons pas, ils sont naturels, ils se font tous seuls. Ils ne sont pas des effets dans la forme mais juste une façon de regarder les choses différemment, d’avoir une vision juste. Le résultat, l’effet, ne nous appartient pas. La seule chose qui nous incombe par contre, c’est de regarder à la source, notre perfection, notre impeccabilité. Les résultats dans la forme ne sont pas de notre ressort et plus encore, ils sont sans importance car lorsque nous aurons vraiment retrouvé ce que Nous Sommes (perfection, joie, amour) ; peu nous importera que nous ne le soyons apparemment pas dans la forme car nous serons toujours dans la paix et la conscience de ce que Nous Sommes réellement.


Lorsque nous aurons complètement lâché le monde de la forme, alors seulement, à ce moment-là, un miracle pourrait se produire. Mais cela ne nous appartient pas et ce n’est pas ce qui compte, en fait. Le seul travail est d’apprendre à nous voir comme Ce Que Nous sommes réellement. Si nous regardons la forme pour comprendre Dieu, nous nous leurrons car nous ne sommes pas la forme : nous ne sommes pas nés ainsi « parce que » mais nous sommes nés ainsi « pour » retourner à la source et à notre réelle identité. Si nous lâchons notre culpabilité de ne pas être parfaits, dans la forme, nous retournerons à notre perfection dans l’esprit.


Lorsque le Cours regarde le monde de l’ego c’est pour prouver à quel point il n’est pas ; c’est pour inviter à regarder uniquement la réalité au-delà car seule la réalité est éternelle et inchangeable. Si nous ne nous sentons pas libres de notre corps qui semble avoir de l‘emprise sur nous ; rappelons-nous cela : « Je ne suis pas un corps, Je suis libre. Car Je suis encore tel que Dieu m’a crée. » C’est cela et uniquement cela la réalité. Même si nous n’en faisons pas l’expérience, la réalité ne peut pas « ne pas être». Alors, regardons notre impeccabilité dans le monde réelle, jusqu’à ce qu’elle se manifeste. Quand l’handicap n’aura plus d‘emprise sur nous, il disparaitra car nous nous éveillerons du rêve (et le rêve c’est : je suis handicapée…).


C’est lorsque nous lâchons profondément prise au niveau de la forme que le miracle arrive mais à ce moment-là ; le miracle ne nous importe plus. Il est logique, naturel par rapport à nos nouvelles croyances. Le Cours ne sert pas à changer la forme, le changement au niveau de la forme n’est pas obligatoire. Mais lorsque dans l’esprit, le changement a eu lieu, alors le but du Cours a été touché.

Sandrine PERTIN

Par Christalain - Publié dans : L'ESPRIT DU COURS EN MIRACLE : Nos articles - Communauté : Le cours en miracles
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Mise a jour le :


20 novembre 2009



* The violet choose.

* Estime de soi et impeccabilité.

* Erotisme ésotérique.

* UCEM prend t-il tu temps à faire ?

* "Ce que vous êtes" par Jac O'Keefe.

* La citation de la semaine du Cours + édito + video musicale. 

Prochaine mise à jour vers le 5 décembre 2009

Un cours en miracles

La citation remarquable de la semaine, tirée du Cours en miracles :

" Si tu savais qui marche à tes cotés sur le chemin que tu as choisis, la peur serait impossible".(T18-III-3)

 


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A bientot !

Christalain

 

 

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"La connaisance qui illumine ne te rend pas seulement libre, elle te montre aussi clairement que tu es libre" . UCEM

 

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