ENTREZ DANS LE MOMENT PRÉSENT, PEU IMPORTE LES CIRCONSTANCES
J'ai toujours pensé que la véritable illumination n'était possible qu'à travers l'amour qui existe dans une
relation entre un homme et une femme. N'est-ce pas ce qui nous fait retrouver notre com-plétude ? Comment pouvons-nous nous épanouir dans notre vie avant que cela n'arrive
?
Est-ce vrai dans votre cas ? Est-ce que cela vous est arrivé ?
Pas encore. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Je sais que cela surviendra.
Autrement dit, vous attendez qu'un événement d'ordre temporel vienne vous sauver. N'est-ce pas cela l'erreur fondamentale dont nous venons de parler ? Le salut ne se trouve pas ailleurs, ni dans
un lieu ni dans le temps. Il est ici et maintenant.
Qu'est-ce que cela veut dire exactement ? Je ne comprends pas. Je ne sais même pas ce que « sa-lut » veut dire.
La plupart des gens recherchent les plaisirs du corps ou diverses formes de gratification psy-chologique parce qu'ils croient que ces choses les rendront heureux ou les libéreront de leur
senti-ment de peur ou de manque. Ils perçoivent donc le bonheur comme une sensation accrue de vitalité engendrée par les plaisirs du corps, ou bien comme une sensation plus totale et plus forte
de leur moi procurée par une gratification psychologique quelconque. Leur recherche du salut s'effectue donc à partir d'un état d'insatisfaction ou de manque. Invariablement, la satisfaction que
ces gens obtiennent est de courte durée. Par conséquent, ils projettent habituellement de nouveau la condition de leur satisfaction sur un point imaginaire se trouvant loin de l'ici maintenant. «
Quand j'aurai ceci ou que je serai libéré de cela, alors je serai bien. » Voilà l'état d'esprit inconscient qui crée l'illusion que le salut se situe dans le futur.
Le véritable salut, c'est la satisfaction, la paix et la vie dans leur plus grande plénitude. C'est être qui vous êtes, sentir en vous le bien qui n'a aucun opposé, la joie de l'Être qui ne
dépend de rien d'autre que de lui-même. Il se ressent non pas comme une expérience passagère, mais comme une présence durable. Dans un langage religieux, on dirait que c'est « connaître Dieu »
non pas comme quelque chose d'extérieur à vous, mais comme ce qui est votre essence la plus profonde. Le véritable salut, c'est se connaître soi-même comme faisant indissociablement partie de
l'Un intemporel et sans forme qui confère à chaque chose l'essence qui l'anime.
C'est aussi un état de libération. Libération de la peur, de la souffrance, d'une sensation de manque et d'insuffisance, et par conséquent, libération de tout désir, besoin, attachement et de
toute cupidité. C'est se dégager de la pensée compulsive, de la négativité et surtout du passé et du futur en tant que besoin psychologique. Votre mental vous dit que vous ne pouvez pas y arriver
à partir de là où vous êtes. Que quelque chose doit nécessairement se passer, sinon il vous faudra devenir ceci ou cela avant d'être libre et comblé. Que vous avez besoin de temps et de trouver,
sélectionner, faire, accomplir, acquérir, devenir ou comprendre quelque chose avant de pouvoir être libre ou complet. Pour vous, le temps est l'instrument du salut, alors qu'en vérité il en est
le plus grand obstacle. Selon vous, vous ne pouvez y accéder à partir des circonstances dans lesquelles vous vous trouvez et à partir de ce que vous êtes dans le moment parce que vous n'êtes pas
encore assez accompli ou assez parfait.
La vérité, c'est que l'ici-maintenant est le seul point à partir duquel vous pouvez parvenir au salut. En réalité, vous y accédez par le fait même de prendre conscience que vous y êtes déjà. Vous
trouvez Dieu dès l'instant où vous réalisez que vous n'avez pas besoin de le chercher. Il n'y a donc pas de chemin unique pour découvrir le salut : n'importe quelle situation peut vous y
conduire, mais aucune situation particulière n'est requise. Il n'existe qu'une seule porte pour y accéder : le moment présent. Il ne peut y avoir de salut en dehors de l'ici-maintenant.
Vous n'avez pas de partenaire et vous vous sentez seul ? Entrez dans l'instant à partir de cette situation. Vous êtes en relation ? Entrez aussi dans l'instant à partir de cette
situation.
Rien de ce que vous pouvez faire ou atteindre ne vous rapprochera plus du salut que ce mo-ment-ci. Un esprit habitué à penser que tout ce qui en vaut la peine se situe dans le futur aura
peut-être de la difficulté à saisir cela. Et rien de ce que vous avez jamais fait ou qu'on vous a fait dans le passé ne peut vous empêcher de dire oui à ce qui est et de porter intensément votre
attention sur le moment présent. Ceci ne peut se faire dans le futur. Vous le faites maintenant ou pas du tout.
LES RELATIONS D'AMOUR ET DE HAINE
À moins d'avoir atteint la fréquence vibratoire de la présence consciente ou jusqu'à ce que ce-la soit, toutes les relations, et en particulier les relations intimes, sont profondément faussées
et en définitive dysfonctionnelles. Elles peuvent sembler parfaites pendant un certain temps, par exemple quand vous êtes amoureux, mais cette apparente perfection en vient invariablement à
s'effriter quand les disputes, les conflits, l'insatisfaction et la violence émotionnelle ou même physique se produisent à un rythme de plus en plus fréquent. Il semble que la plupart des
relations amoureuses deviennent tôt ou tard des relations à la fois d'amour et de haine. Sans la moindre difficulté, l'amour se transforme en sauvage agressivité, en sentiment d'hostilité ou
encore en un retrait complet de l'affection l'un envers l'autre.
On considère ceci comme normal. La relation oscille alors pendant quelque temps, quelques mois ou quelques années entre les polarités de l'amour et de la haine, et vous procure autant de
souffrance que de plaisir. Il n'est pas rare que des couples restent accrochés à ce cycle de polarités, car ce climat de mélodrame les fait se sentir vivants. Quand l'équilibre entre les
polarités positive et négative se rompt et que les cycles négatifs et destructifs se produisent à une plus grande fréquence et plus intensément, ce qui semble survenir tôt ou tard, il faut peu de
temps avant que la relation ne vole finalement en éclats.
Si seulement vous pouviez éliminer les cycles négatifs ou destructifs, tout irait bien et la relation pourrait fleurir magnifiquement, pensez-vous. Hélas, ceci est impossible. Les polarités sont
mutuellement interdépendantes. L'une ne va pas sans l'autre. Le positif comporte déjà en soi le négatif non encore manifesté. Ces deux polarités sont en fait les différents aspects d'une même
dysfonction. Je parle ici de ce que l'on appelle en général les relations romantiques et non pas du véritable amour qui, lui, n'a pas d'opposé parce qu'il prend sa source au-delà du mental.
L'amour en tant qu'état vécu continuellement est encore très rare, aussi rare que les êtres humains conscients. Il est cependant possible d'avoir de fugitifs et brefs aperçus de l'amour lorsqu'il
y a une discontinuation dans le flot des pensées.
Il est bien sûr plus facile de reconnaître comme dysfonctionnel le côté négatif d'une relation que son côté positif. Et il est également plus facile de reconnaître l'origine de la négativité chez
votre partenaire que chez vous. Cette négativité peut se manifester sous bien des formes : possessivité, jalousie, contrôle, fermeture et ressentiment non exprimé, besoin d'avoir raison,
insensibilité et préoccupation excessive de soi, exigences et manipulations émotionnelles, besoin de tenir tête, de critiquer, de juger, de blâmer ou d'attaquer, colère, revanche inconsciente
provoquée par une blessure infligée autrefois par un parent, rage et violence physique.
Le côté positif, c'est que vous êtes amoureux de votre partenaire. Au début, cet état est pro-fondément satisfaisant, car vous vous sentez intensément vivant. Votre existence vient soudaine-ment
de prendre toute sa signification parce que quelqu'un a besoin de vous, vous veut et vous donne l'impression d'être quelqu'un de spécial. Et c'est la même chose pour votre partenaire. Quand vous
êtes ensemble, vous vous sentez complets. Ce sentiment peut atteindre une intensité telle que le reste du monde s'estompe et devient insignifiant. Par contre, vous aurez peut-être remarqué que
cette intensité est teintée de besoin et de dépendance. Vous devenez dépendant de l'autre personne, qui a ainsi sur vous l'effet d'une drogue.
Vous êtes au septième ciel quand la drogue est disponible, mais la seule éventualité ou pensée que cette personne ne soit plus là pour vous déclenche jalousie, possessivité, tentatives de
manipulation par le chantage émotionnel, reproches, accusations et peur de perdre. Si, effectivement, votre partenaire vous quitte, ceci peut se traduire par l'hostilité la plus intense qui soit
ou par le chagrin et le désespoir les plus profonds. D'un moment à l'autre, la tendresse amoureuse peut se transformer en une lutte sauvage ou en un terrible chagrin. Qu'est-il ad-venu de l'amour
? L'amour peut-il se transformer en son opposé, la haine, en un instant ? Était-ce vraiment de l'amour ou une simple dépendance vous incitant à vous accrocher désespérément ?
LA DÉPENDANCE ET LA RECHERCHE DE COMPLÉTUDE
Pourquoi devenons-nous dépendants d'une autre personne ?
La raison pour laquelle la relation amoureuse romantique est une expérience si intense et si universellement recherchée est la suivante : elle semble libérer les gens d'un sentiment profondé-ment
installé de peur, de besoin, de manque et d'incomplétude. Cet état émotionnel fait partie de la condition humaine dans sa phase non rachetée et non réalisée. Il comporte aussi bien une dimension
physique que psychologique.
Sur le plan physique, et de toute évidence, vous n'êtes pas complet et ne le serez jamais : soit vous êtes un homme, soit vous êtes une femme. C'est-à-dire la moitié du tout. Sur ce plan-là,
l'aspiration à la totalité, à la complétude, c'est-à-dire le retour à l'Un, se manifeste sous la forme de l'attraction entre sexes masculin et féminin, du besoin de l'homme d'avoir une femme et
de celui de la femme d'avoir un homme. Il existe une pulsion presque irrésistible à s'unir avec l'énergie opposée ou l'autre polarité. Cette pulsion physique est d'origine spirituelle. C'est
l'aspiration à mettre un terme à la dualité, à revenir à l'état de complétude. Sur le plan physique, l'union sexuelle est ce qui se rapproche le plus de cet état-là.
Voilà pourquoi celle-ci est l'expérience la plus profondément satisfaisante que le plan physique puisse offrir. Mais l'union sexuelle n'est rien de plus qu'un fugace aperçu de la totalité, qu'un
moment d'extase. Tant et aussi longtemps que vous recherchez inconsciemment dans l'union sexuelle votre porte de salut, vous visez à mettre fin à la dualité sur le plan de la forme, là où
justement on ne peut la trouver. Il vous est donné là un aperçu fugitif et fort allé-chant du paradis, mais vous n'avez pas le droit d'y rester et vous vous retrouvez de nouveau dans un corps
distinct.
Sur le plan psychologique, ce sentiment de manque et d'incomplétude est certainement encore plus grand que sur le plan physique. Aussi longtemps que vous êtes identifié au mental, le sens que
vous avez de votre moi provient de l'extérieur. En d'autres termes, vous vous appropriez le sens de ce que vous êtes par le biais de choses qui, en fin de compte, n'ont rien à voir avec ce que
vous êtes : votre rôle social, vos possessions, votre apparence physique, vos réussites et vos échecs, vos systèmes de croyances, etc. Ce faux moi, créé par le mental, par l'ego, se sent
vulnérable, peu assuré, et cherche sans arrêt de nouvelles choses auxquelles s'identifier afin de donner au mental l'impression d'exister. Mais jamais rien ne suffit à lui procurer une
satisfaction durable. Sa peur perdure. Et son impression de manque et de besoin reste.
Puis cette relation si spéciale se présente. Elle semble être la réponse à tous les problèmes de l'ego et combler tous ses besoins. Du moins, c'est ainsi que les choses paraissent au début.
Toutes les autres choses qui venaient vous procurer le sens que vous aviez de votre moi auparavant de-viennent dorénavant relativement insignifiantes. Un seul objet d'attention remplace alors
tout le reste, donne un sens à votre vie et vous permet de définir votre identité : la personne dont vous êtes amoureux. Vous n'êtes plus ce fragment isolé dans un univers hostile. C'est du moins
l'impression que vous avez. Votre monde a maintenant un centre : la personne aimée. Le fait que ce centre soit à l'extérieur de vous et que, par conséquent, vous définissiez encore votre identité
en fonction de quelque chose d'extérieur à vous semble tout d'abord ne pas avoir d'importance. Ce qui compte, c'est que les sentiments sous-jacents d'incomplétude, de peur, de manque et
d'insatisfaction si caractéristiques de l'ego soient disparus. Le sont-ils vraiment ? Se sont-ils dissipés ou existent-ils encore sous la surface de ce prétendu bonheur ?
Si, dans vos relations, vous connaissez aussi bien l'amour que son opposé, c'est-à-dire l'hostilité, la violence émotionnelle, etc., il est alors fort probable que vous confondiez amour et
attache-ment de l'ego, amour et dépendance affective. Il est impossible que vous aimiez votre partenaire à un moment et l'agressiez l'instant d'après. L'amour vrai n'a pas d'ennemi. Si votre «
amour » en a un, c'est que ce n'est pas de l'amour mais plutôt un grand besoin de l'ego de se sentir plus complètement et plus profondément soi. Et ce besoin est temporairement comblé par
l'autre. Pour l'ego, il s'agit d'un succédané de salut, et pendant un certain temps, cela donne presque effectivement l'impression qu'il s'agit de cela.
Mais vient un moment où votre partenaire adopte des comportements qui ne réussissent pas à combler vos besoins, ou du moins ceux de votre ego. Les sentiments de peur, de souffrance et de manque
qui font intrinsèquement partie de l'ego, mais qui étaient passés à l'arrière-plan grâce à la relation amoureuse, font de nouveau surface. Comme avec toutes les autres dépendances, vous êtes au
septième ciel quand vous avez de la drogue, mais vient invariablement le moment où celle-ci n'a plus d'effet sur vous. Quand ces émotions souffrantes refont surface, vous les sentez donc avec
encore plus d'acuité qu'avant. Qui plus est, vous percevez maintenant votre partenaire comme étant à leur origine. Cela veut dire que vous les projetez à l'extérieur et que vous agressez l'autre
avec toute la violence sauvage que votre douleur contient. Cette agressivité peut éveiller la souffrance de votre partenaire, qui contre-attaquera. Rendu à ce point-là, l'ego espère encore
inconsciemment que son agressivité ou ses tentatives à vouloir manipuler constitueront une punition suffisante qui amènera l'autre à changer de comportement. Ceci lui permettra de se servir à
nouveau de ces comportements pour occulter votre souffrance.
Toute dépendance naît d'un refus inconscient à faire face à votre propre souffrance et à la vivre. Celle-ci commence et finit dans la souffrance. Quelle que soit la substance à laquelle vous êtes
accroché - l'alcool, la nourriture, les drogues légales ou illégales, ou bien une personne -, vous vous servez de quelque chose ou de quelqu'un pour dissimuler votre douleur. C'est pour cette
raison qu'après l'euphorie initiale il y a tellement de tourments et de souffrance dans les relations intimes. Mais ces dernières n'en sont pourtant pas la cause. Elles font simplement ressortir
la souffrance et le tourment qui se trouvent déjà en vous. Toutes les dépendances agissent ainsi. Toutes les dépendances atteignent un point où elles n'ont plus d'effet sur vous, vous ressentez
alors la souffrance plus intensément que jamais.
D'ailleurs, la plupart des gens essaient toujours d'échapper au présent et cherchent le salut dans le futur, quel qu'il soit. La première chose sur laquelle ils pourraient buter s'ils
concentraient leur attention sur le moment présent, c'est leur propre souffrance. Et c'est justement ce dont ils ont peur. Si seulement ils savaient combien il est facile de trouver dans le
présent le pouvoir qui dissipe le passé et la souffrance, la réalité qui met un terme à l'illusion. Si seulement ils savaient à quel point ils sont près de leur propre réalité, de
Dieu.
La réponse n'est pas non plus d'éviter les relations afin d'éviter la souffrance. Celle-ci est là de toute façon. Trois relations qui n'ont pas fonctionné en autant d'années vous amèneront fort
probablement plus à vous réveiller que trois années sur une île déserte ou reclus dans votre chambre. Par contre, si vous réussissiez à être intensément présent à votre solitude, cette solution
fonctionnerait peut-être pour vous.
DES RELATIONS DE DÉPENDANCE AUX RELATIONS ÉCLAIRÉES
Pouvons-nous transformer une relation de dépendance en une véritable relation ?
Oui, c'est possible. En étant présent et en intensifiant votre présence, et en amenant votre attention davantage dans le « maintenant ». Que vous viviez seul ou avec un partenaire, ceci reste la
clé. Pour que l'amour puisse fleurir, la lumière de votre présence doit être suffisamment forte pour que vous ne vous laissiez plus contrôler par le penseur ou le corps de souffrance et que vous
n'assimiliez plus ceux-ci à ce que vous êtes. Vous connaître comme étant l'Être derrière le penseur, le calme derrière le parasitage du mental, l'amour et la joie derrière la souffrance, c'est
cela la liberté, le salut, l'illumination. Se désidentifier du corps de souffrance, c'est devenir présent à la souffrance et ainsi la transformer. Se dissocier de la compulsion à réfléchir, c'est
être le témoin silencieux des pensées et des comportements, en particulier des scénarios mentaux qui se répètent et des rôles joués par l'ego.
Si vous cessez d'insuffler une existence au mental, celui-ci perd son aspect compulsif, qui est fondamentalement l'obligation de juger et, par conséquent, à résister à ce qui est. Ceci crée
conflits, mélodrames et nouveaux chagrins. En fait, dès l'instant où le jugement cesse par l'acceptation de ce qui est, vous êtes libéré du mental. Vous avez fait de la place pour accueillir
l'amour, la joie, la paix. En premier lieu, vous cessez de vous juger vous-même, et vous arrêtez ensuite de juger votre partenaire. Le plus grand déclencheur de changement dans une relation,
c'est l'acceptation totale de votre partenaire tel qu'il est, sans aucun besoin de le juger ou de le changer de façon quelconque. Cette acceptation vous transporte immédiatement au-delà de l'ego.
Tous les jeux du mental et les dépendances profondes sont alors révolus. Il n'y a plus ni tyran ni victime, ni accusateur ni accusé. Ceci met aussi un terme à toutes les dépendances et au fait
que vous êtes attiré par les scénarios inconscients d'une autre personne et que vous leur permettez ainsi de se perpétuer. Soit vous vous séparez dans l'amour, soit vous plongez encore plus
profondément dans le présent ensemble, dans l'Être. Cela peut-il être aussi simple que ça ? Oui, ça l'est.
L'amour est un état. L'amour n'est pas à l'extérieur, mais au plus profond de vous. Il est en vous et indissociable de vous à tout jamais. Il ne dépend pas de quelqu'un d'autre, d'une forme
extérieure. L' immobilité de la présence intérieure vous permet de sentir votre propre réalité intemporelle et sans forme, c'est-à-dire la vie non manifeste qui anime votre forme matérielle. Elle
vous permet aussi de sentir cette même vie au plus profond de chaque autre être humain et de toute autre créature. Vous voyez dorénavant au-delà du voile de la forme et de la division. Ceci est
la réalisation de l'unicité. Ceci est l'amour.
Qu'est-ce que Dieu ? C'est la vie éternelle et omniprésente qu'abritent toutes les formes de vie. Qu'est-ce que l'amour ? C'est sentir la présence de cette vie au plus profond de vous et de
toutes les autres créatures. C'est être cette présence. Par conséquent, tout amour est amour divin.
L'amour n'est pas sélectif, tout comme la lumière du soleil. Il ne fait pas en sorte qu'une per-sonne soit
spéciale. L'amour n'est pas exclusif. L'exclusivité n'est pas le propre de l'amour divin, mais celui de l'ego. Par contre, l'intensité selon laquelle le véritable amour est ressenti peut varier.
Il se peut qu'une personne vous reflète l'amour qui est en vous plus nettement et plus intensément que les autres. Et si cette personne ressent la même chose face à vous, on peut dire que vous
êtes en relation d'amour avec elle. Le lien entre vous et cette personne est le même que celui qui existe entre vous et la personne assise à côté de vous dans l'autobus, ou que celui qui existe
entre vous et un oiseau, un arbre ou une fleur. Seul diffère le degré d'intensité avec lequel vous sentez ce lien.
Même dans une relation habituellement faite de dépendance, il peut y avoir des moments où quelque chose de plus réel transparaît, quelque chose se situant au-delà de vos besoins mutuels de
dépendance. Ce sont des moments où votre mental et celui de votre partenaire se calment briève-ment et où le corps de souffrance se retrouve temporairement dans un état latent. Ceci peut se
produire parfois quand il y a intimité des corps, quand vous assistez ensemble au miracle de la naissance, quand vous êtes en présence de la mort ou encore lorsque vous êtes gravement malade. En
fait, cela survient quand quelque chose rend le mental impuissant. Quand cela arrive, votre Être, généralement enfoui sous les scories du mental, se révèle et c'est ce qui rend une vraie
communication possible.
La véritable communication, c'est la communion, la réalisation de l'unicité, qui est amour. Habituellement, ces moments s'estompent rapidement, sauf si vous réussissez à rester suffisamment
présent pour empêcher le mental et ses scénarios d'entrer de nouveau en scène. Dès que le mental et l'identification au mental entrent en scène, vous n'êtes plus vous-même mais seulement une
image mentale de vous-même. Vous recommencez à jouer des rôles et des petits jeux afin de combler les besoins de votre ego. Vous redevenez un mental humain, prétendant être un être humain, qui
interagit avec un autre « mental » et joue avec lui le mélodrame de l'amour.
Bien que de brèves incursions de l'amour soient possibles, celui-ci ne peut fleurir à moins que vous ne soyez définitivement libéré de l'identification au mental et que vous soyez intensément et
suffisamment présent pour avoir pu dissiper le corps de souffrance. Ou encore à moins que vous puissiez rester présent en tant qu'observateur. Ainsi le corps de souffrance ne peut plus prendre
possession de vous et détruire l'amour.
LES RELATIONS EN TANT QUE PRATIQUE SPIRITUELLE
De la même manière que l'ego et toutes les structures sociales, politiques et économiques qu'il a créées entrent dans la phase finale de leur chute, les relations entre hommes et femmes reflètent
le profond état de crise dans lequel l'humanité se trouve de nos jours.
Comme les humains sont devenus de plus en plus identifiés à leur mental, la plupart des relations ne sont pas ancrées dans l'Être et se transforment donc en source de souffrance du fait qu'elles
sont régentées par les problèmes et les conflits.
Des millions de personnes vivent actuellement seules ou en familles monoparentales parce qu'elles sont incapables d'établir une relation intime ou qu'elles ne veulent pas répéter la folie des
mélodrames connus dans leurs relations passées. D'autres passent d'une relation à une autre, d'un cycle plaisir-souffrance à un autre, en quête de l'inatteignable objectif de réalisation
personnelle par le biais de l'union avec la polarité énergétique opposée. Plusieurs autres encore font des compromis et persistent à vouloir rester ensemble dans une relation dysfonctionnelle au
sein de laquelle pré-domine la négativité. Elles le font pour les enfants, par besoin de sécurité, par habitude, par peur d'être seules ou pour tout autre avantage mutuel. Ou bien encore parce
qu'elles sont inconsciemment dépendantes de l'excitation que leur procurent les mélodrames et la souffrance.
Chaque crise représente pourtant non seulement un danger mais également une occasion de transformation. Si les relations attisent et amplifient les schèmes mentaux et activent le corps de
souffrance, comme c'est le cas présentement, pourquoi ne pas accepter cet état de fait au lieu d'es-sayer d'y échapper ? Pourquoi ne pas coopérer au lieu d'éviter les relations ou de continuer à
pour-suivre le fantôme du partenaire idéal qui doit prétendument solutionner tous vos problèmes ou vous combler ? L'occasion de transformation que comporte chaque crise ne se manifestera pas, à
moins que vous ne reconnaissiez et n'acceptiez totalement tous les faits propres à une situation donnée. Aussi longtemps que vous niez les faits, que vous vous en détournez ou que vous souhaitez
que les choses soient différentes, vous restez fermé à l'occasion qui se présente et continuez à être pris au piège de cette situation, qui restera telle quelle ou se détériorera.
Reconnaître et accepter les faits amène aussi un certain degré de libération par rapport à eux. Par exemple, quand
vous reconnaissez qu'il y a un manque d'harmonie et que vous vous appropriez cette prise de conscience, un nouveau facteur entre en jeu grâce à celle-ci, et le manque d'harmonie ne peut rester
tel que. Quand vous reconnaissez que vous n'êtes pas en paix avec vous-même, cette reconnaissance crée une atmosphère de calme qui accueille le désaccord dans un mouvement tendre et aimant et le
convertit par la suite en paix. En ce qui concerne la transformation intérieure, vous ne pouvez rien faire. Vous ne pouvez pas vous transformer vous-même à volonté, pas plus que vous ne pouvez
changer votre partenaire ou quelqu'un d'autre. Tout ce que vous pouvez faire, c'est ménager un espace au sein duquel la métamorphose peut se produire, afin que la grâce et l'amour puissent
venir.
Alors, chaque fois que la relation entre vous et votre partenaire ne fonctionne pas, qu'elle suscite en vous deux la « folie », réjouissez-vous, car ce qui était inconscient vient d'être amené à
la lumière. C'est là une occasion d'accéder au salut. À chaque instant, appropriez-vous la reconnaissance de ce moment, en particulier celle de votre état intérieur. S'il y a de la colère,
reconnaissez-là. S'il y a en vous de la jalousie, une attitude défensive, une pulsion à vouloir vous disputer, un besoin d'avoir raison, si votre enfant intérieur exige amour et attention, ou
bien si vous ressentez une quel-conque souffrance émotionnelle, peu importe ce que c'est, reconnaissez la réalité de ce moment et appropriez-vous-la. La relation devient alors votre
sadhana, votre pratique spirituelle. Si vous identifiez chez votre partenaire un comportement inconscient, sachez vous approprier cette prise de conscience dans une attitude d'amour afin
de ne pas réagir. L'inconscience et la reconnaissance de ce qui est ne peuvent pas cohabiter longtemps, même si la reconnaissance se produit chez l'autre et non pas chez la personne qui agit par
inconscience. Pour la forme d'énergie qui sous-tend l'hostilité et l'agressivité, la présence de l'amour est absolument intolérable. Si vous réagissez d'une façon quelconque aux attitudes
inconscientes de votre partenaire, vous devenez vous-même inconscient. Mais si vous vous rappelez de reconnaître votre réaction, alors rien n'est perdu.
L'humanité subit actuellement une grande pression pour évoluer, car c'est sa seule chance de survie en tant
qu'espèce. Ceci concerne tous les aspects de votre vie, en particulier les relations intimes. Jamais auparavant les relations n'ont été aussi problématiques et conflictuelles qu'elles le sont
actuellement. Comme vous avez peut-être pu le remarquer, elles ne sont pas là pour vous rendre heureux ni pour vous combler. Si vous continuez à utiliser les relations pour trouver le salut, vous
serez constamment déçu. Par contre, si vous acceptez qu'elles existent pour vous rendre conscient et non pas heureux, elles vous amèneront effectivement le salut et vous serez alors en harmonie
avec la conscience supérieure désireuse de voir le jour dans ce monde. Pour ceux qui s'accrochent aux vieux scénarios, il y aura une intensification de la souffrance, de la violence, de la
confusion et de la folie.
Je suppose qu'il faut que les partenaires soient déterminés à faire de leur relation une pratique spi-rituelle, ainsi que vous le suggérez. Par exemple, mon partenaire réagit encore en fonction
de ses vieux schèmes comportementaux de jalousie et de contrôle. Je le lui ai fait remarquer à maintes reprises, mais il est incapable de le voir.
Combien de personnes vous faut-il pour faire de votre vie une pratique spirituelle ? Peu im-porte que votre partenaire coopère ou pas. La conscience et la santé mentale ne peuvent advenir dans ce
monde que par vous. Pas besoin d'attendre que le monde soit sensé ou que quelqu'un d'autre devienne conscient pour vous réaliser. Vous pourriez attendre indéfiniment. Ne vous accusez pas
réciproquement d'être inconscients. Dès l'instant où vous commencez à vous disputer, c'est que vous venez de vous identifier à une position du mental et que vous défendez non seulement cette
position mais également le sens de votre identité. C'est l'ego qui prend les choses en main, et vous tombez alors dans l'inconscience. Il est parfois approprié de faire remarquer à votre
partenaire certains aspects de son comportement. Si vous restez très vigilant, très présent, vous pouvez y arriver sans faire entrer en jeu l'ego, sans proférer de reproches, sans accuser l'autre
ou lui donner tort.
Lorsque votre partenaire se comporte avec inconscience, renoncez à tout jugement. Car, d'un côté, le jugement amène à associer le comportement inconscient d'une personne avec ce qu'elle est en
réalité ou, de l'autre, à projeter votre propre inconscience sur l'autre personne et à prendre cette projection pour ce que cette personne est en réalité. Renoncer au jugement ne signifie pas que
vous ne sachiez pas reconnaître une dysfonction ou l'inconscience quand vous les voyez. Cela veut dire que vous êtes « celui ou celle qui reconnaît » au lieu d'être « celui ou celle qui réagit »
et qui juge. Vous serez alors totalement libéré de la réaction ou vous réagirez en reconnaissant que vous le faites, créant ainsi un espace où vous observerez la réaction et lui permettrez
d'être. Au lieu de vous battre contre l'obscurité, vous faites la lumière. Au lieu de réagir face à l'illusion, vous la voyez et, en même temps, vous voyez à travers elle. Quand vous êtes celui
ou celle qui reconnaît, vous ménagez un espace d'ouverture et de présence aimante qui permet à toute chose et à toute personne d'être telles qu'elles sont. Il n'existe aucun catalyseur aussi
puissant que celui-ci pour aller vers la transformation. Si vous vous entraînez à agir ainsi, votre partenaire ne pourra pas rester avec vous tout en restant dans l'inconscience.
Tant mieux si vous tombez tous les deux d'accord pour faire de votre relation une pratique spirituelle. Cela vous
permettra l'un l'autre d'exprimer vos pensées, vos sentiments et vos réactions aussitôt qu'ils se présentent. De la sorte, vous ne créerez pas le décalage temporel qui amène une émotion ou une
doléance non exprimée ou non reconnue à s'envenimer et à grandir. Apprenez à dire ce que vous ressentez sans faire de reproches. Sachez écouter votre partenaire de façon ouverte et non défensive.
Laissez-lui l'occasion de s'exprimer. Soyez présent. Accuser, attaquer, se défendre, tous ces scénarios destinés à protéger et à renforcer l'ego ou à combler ses besoins deviendront alors
désuets. Il est vital de faire de la place aux autres et à soi-même. L'amour ne peut s'épanouir sans cela. Une fois que vous aurez éliminé les deux facteurs de destruction d'une relation,
c'est-à-dire que le corps de souffrance sera métamorphosé et que vous ne serez plus identifié à votre mental et à ses positions, et que votre partenaire aura fait de même, vous connaîtrez tous
deux l'extase que représente l'épanouissement d'une relation. Au lieu de vous refléter l'un l'autre votre souffrance et votre inconscience, au lieu de satisfaire les besoins mutuels de vos ego
dépendants, vous vous refléterez l'un l'autre l'amour que vous sentez au plus profond de vous, celui qui advient avec la réalisation que vous ne faites qu'un avec le Grand Tout. Et ceci est
l'amour qui n'a pas d'opposé.
Si votre partenaire est encore identifié au mental et au corps de souffrance alors que vous en êtes déjà libéré, ceci représentera un défi de taille. Non pas pour vous, mais pour votre
partenaire. Il n'est pas facile de vivre avec une personne illuminée, ou plutôt, c'est si facile que l'ego trouve cela extrêmement menaçant. N'oubliez pas que l'ego a besoin de problèmes, de
conflits et d'ennemis pour renforcer le sentiment de division dont dépend son identité. Le mental du partenaire qui ne s'est pas réalisé sera profondément frustré parce que plus rien ne
s'opposera à ses positions fixes, ce qui voudra dire que celles-ci deviendront « chambranlantes » et affaiblies. Elles courent même le risque de « s'effondrer » complètement, ceci se traduisant
par la perte du sens de soi. Le corps de souffrance exige une réaction et ne l'obtient pas. Son besoin de disputes, de mélodrames et de conflits n'est pas satisfait. Mais faites attention !
Certaines personnes qui ne réagissent pas, qui sont repliées sur elles-mêmes, insensibles ou coupées de leurs émotions peuvent penser et essayer de convaincre les autres qu'elles sont illuminées
ou du moins que tout va bien chez elles mais que tout va mal chez leur partenaire. Les hommes ont plus tendance que les femmes à agir de la sorte et à considérer leur partenaire comme
irrationnelle ou trop émotive. Mais si vous pouvez ressentir vos émotions, c'est que vous n'êtes pas loin du corps subtil radieux qui se trouve juste en dessous. Si vous êtes principalement dans
votre tête, la distance est beaucoup plus grande, car vous devez d'abord ramener la conscience dans le corps émotionnel avant de pouvoir atteindre le corps énergétique.
S'il n'émane aucune joie, aucun amour, aucune présence totale ni aucune ouverture face à tous les êtres, alors il n'y a pas illumination. L'autre signe indicateur montrant si une personne est
illuminée ou non, c'est son comportement. Quand les choses vont mal, dans des situations difficiles ou placée devant un défi, comment réagit-elle ? Si votre prétendu illumination n'est qu'une
illusion de l'ego, alors la vie se chargera très vite de vous lancer un défi qui amènera votre inconscience à se manifester sous une forme ou une autre, soit la peur, la colère, la défensive, le
jugement, la dépression, etc. Si vous êtes en relation, un grand nombre de ces épreuves se présenteront à vous par l'intermédiaire de votre partenaire. Par exemple, une femme sera mise au défi
par son lien avec un partenaire fermé qui vit presque totalement dans sa tête. C'est son incapacité à l'entendre, à lui accor-der de l'attention et à lui faire de la place qui constituera ce
défi. Tout ceci parce qu'il manque de présence.
L'absence d'amour dans la relation, généralement ressentie avec plus d'acuité par la femme que par l'homme, déclenchera des réactions dans le corps de souffrance de celle-ci, qui attaquera alors
son partenaire en lui faisant des reproches, en le critiquant, en lui donnant tort, etc. Cela devient cette fois le défi du partenaire. Pour se défendre des attaques de sa compagne, qu'il
considère d'ailleurs comme indues, il se retranchera davantage derrière ses positions en se justifiant, en se défendant ou en contre-attaquant. Il se peut que tout cela déclenche des réactions
dans son propre corps de souffrance. Quand les deux partenaires sont totalement devenus le jouet de leur corps de souffrance, ils atteignent un profond niveau d'inconscience, de violence
émotionnelle et d'agressivité sauvage. Et ainsi de suite jusqu'à ce que les corps de souffrance aient été rassasiés et retournent à un état latent. Jusqu'à la fois suivante.
Ceci n'est qu'un des scénarios parmi les multiples possibles. De nombreux ouvrages ont été écrits, et bien d'autres pourraient l'être, sur les manières dont l'inconscience ressort dans les
rela-tions entre hommes et femmes. Mais comme je l'ai mentionné plus tôt, une fois que vous avez compris l'origine du dysfonctionnement, vous n'avez pas besoin d'en explorer les innombrables
manifestations.
Penchons-nous de nouveau brièvement sur le scénario que je viens d'exposer. Chacun des défis qu'il contient est en fait une occasion cachée de trouver le salut, et il est possible de se libérer
de l'inconscience à chacune des étapes du processus dysfonctionnel. Par exemple, l'hostilité de la femme pourrait devenir un signal indiquant à l'homme de sortir de son identification au mental,
de se réveiller et de revenir dans l'instant, d'être présent, au lieu d'être encore plus identifié à son mental, encore plus inconscient. Au lieu « d'être » le corps de souffrance, la femme
pourrait reconnaître et regarder la souffrance émotionnelle qui existe en elle, ce qui lui donnerait accès au pouvoir de l'instant présent et amorcerait la métamorphose de la souffrance. Cela
éliminerait la projection compulsive et automatique qu'elle dirige habituellement vers l'extérieur. Elle pourrait donc par la suite exprimer ses sentiments à son partenaire.
Bien sûr, rien ne garantit qu'il écouterait, mais cela lui donnerait une bonne occasion de devenir présent et de rompre à coup sûr le cycle dément de l'incessante ronde des vieux schèmes
mentaux. Si la femme rate cette occasion, l'homme pourrait alors observer ses propres réactions mentales et émotionnelles devant la souffrance de sa compagne, ses propres attitudes défensives, au
lieu d'être totalement en réaction. Il pourrait ensuite observer comment son propre corps de souffrance est déclenché et ainsi conscientiser ses émotions. De cette façon, un espace ouvert et
paisible de conscience pure verrait le jour, soit la reconnaissance de ce qui est, le témoin silencieux, l'observateur. Cette conscience ne nie pas la douleur mais se situe au-delà de celle-ci.
Cette conscience permet à la souffrance d'être ; pourtant, elle la transforme en même temps. Elle accepte tout et transforme tout. Ainsi, une porte s'ouvrirait chez la femme, lui permettant de se
joindre facilement à son compagnon dans cet espace-là.
Si vous êtes constamment ou du moins généralement présent dans votre relation, ceci constituera le plus grand des défis pour votre partenaire. Il ne pourra pas tolérer votre présence très
long-temps tout en restant dans l'inconscience. S'il est prêt, il empruntera la porte que vous venez de lui entrebâiller et se joindra à vous dans cet état de présence. S'il ne l'est pas, vous
vous séparerez comme le font l'eau et l'huile. La lumière est trop douloureuse pour quiconque veut rester dans l'obscurité.
Eckart TOLLE
Extait du livre : "Le pouvoir du moment présent"